Ayant renoué avec ses activités parlementaires depuis sa sortie du gouvernement, en mai, le député de Tsamba-Magotsi a effectué le week-end dernier une tournée dans chacun des villages de son fief électoral. Au-delà des remerciements, l’ex-ministre d’État est allé expliquer aux populations de ce département les raisons de sa quasi-démission du gouvernement, tout en leur assurant que son limogeage ne sonnait ni la fin de sa carrière politique ou de sa fidélité à Ali Bongo ni même celle de ses efforts en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie. Bien au contraire. Extraits de son entretien avec la presse au terme de la tournée.

Guy-Bertrand Mapangou à Yamba, le 7 juillet 2019. © Gabonreview

 

La presse : Au-delà des remerciements adressés à vos électeurs tout au long de votre tournée dans les villages de Tsamba-Magotsi, quel message avez-vous souhaité délivrer aux populations de ce département ?

Guy-Bertrand Mapangou : C’est un message d’assurance que je leur ai délivré. Je suis venu les rassurer après tout ce qu’il s’est passé. Leur dire que la sortie d’un gouvernement ne doit pas être perçue comme la mort. C’est le cycle de la vie : on est ministre aujourd’hui, demain on ne l’est plus. Si aujourd’hui, je suis député, il était de mon devoir de venir leur dire ce qu’il s’est passé exactement, en langage simple, pour qu’ils comprennent que ce n’est pas un drame. D’autant qu’ils se sont inquiétés et se sont sentis tristes.

Il s’agissait donc pour moi de leur dire que tout passe dans la vie. J’ai été ministre pendant un certain nombre de temps, il y a d’autres qui le deviennent. C’est aussi ça la circulation des élites ; on circule tous. Mais je pense que ce que j’ai fait au gouvernement a été aussi important que ce que je fais aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Surtout que c’est fait en faveur des populations. Il est vrai qu’un député ne fait pas tout, mais un député doit être à l’écoute des populations pour pouvoir transmettre leurs doléances et desiderata auprès du gouvernement.

J’ai donc rassuré mes électeurs et tous les habitants des villages du département de ce que ce n’est pas la fin de la vie, ce n’est pas ma fin politique non plus, et que nous allons continuer à être ensemble pendant les cinq ans de mon mandat à l’Assemblée nationale.

À côté de la préoccupation liée au chômage exprimée par les jeunes de Tsamba-Magotsi, les populations villageoises vous ont interpellé sur la question de la difficile cohabitation Homme-faune et le conflit permanent avec les éléphants qui dévastent leurs cultures. Comment comptez-vous y répondre ?

Etapes de la tournée de Guy-Bertrand Mapangou dans le département de Tsamba-Matsi. © Gabonreview

J’ai moi-même été confronté à ce questionnement, puisqu’il y a quelques mois j’étais encore ministre de la Forêt. C’est effectivement une question récurrente soulevée par les populations, qui revêt une certaine importance et qu’il va falloir résoudre. Le gouvernement a pensé à certaines mesures, dont on ne sait pas véritablement si elles ont prospéré, à l’exemple des barrières électriques. Sommes-nous à mesure de poser des barrières électriques autour de tous les petits champs du Gabon ? C’est une des solutions, mais il faut plutôt réfléchir à une solution générale, parce qu’aujourd’hui, malheureusement, l’alimentation de base de nos populations a changé, vous l’avez entendu des villageois. Dans certains villages, notre aliment de base est devenu le riz. Or, pour trouver le riz, il faut l’acheter, pour l’acheter il faut de l’argent, pour avoir de l’argent il faut travailler.

Il est donc important d’écouter ces populations, tout en évitant de leur suggérer ou de leur proposer des solutions politiciennes. Or, jusqu’à présent nous sommes dans les solutions politiciennes. Pourtant, d’autres pays d’Afrique, tels que le Kenya et la Namibie ont réussi à trouver une solution à cette mauvaise cohabitation entre l’éléphant et l’homme. Comment ont-ils fait ? Nous savons en revanche qu’en laissant saccager les plantations, ce sont les populations qui sont dans le désarroi. Que leur proposons-nous ? Des indemnisations ? Celles-ci sont-elles une solution pérenne pour acheter du riz, de l’huile ? Mais après ? À mon sens, il ne s’agit pas d’une solution pérenne. La solution peut être trouvée en regardant les modèles de résolution des conflits homme-faune, notamment celles des pays où les populations d’éléphants sont très importantes.

La solution d’abattage administratif n’est pas non plus adaptée en plus de ne pas être réelle, puisqu’on n’a ni fusils ni munitions, les chasseurs aussi se font rares. Il convient donc de trouver des solutions pérennes à ce problème.

Propos recueillis par Griffin Ondo Nzuey

 
 

1 Commentaire

  1. Okoss dit :

    C est quoi ces solutions pérennes.
    Mr le ministre,C est encore une réponse politique!!!@

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW