Les grèves, les dysfonctionnements, la corruption, le mercantilisme, l’incompétence et le désordre… autant de manquements plombant les hôpitaux publics et pour lesquels, la tutelle a organisé, le 6 mai à Owendo, une concertation sur la gouvernance sanitaire au Gabon. Une démarche visant à ouvrir une ère nouvelle dans la gestion de ces structures et d’apporter des réponses appropriées à tous les problèmes évoqués.

Denise Mekam’ne s’exprimant devant les responsables des structures sanitaires publiques, le 6 mai 2019, au Centre hospitalier universitaire d’Owendo (Chuo). © Gabonreview

 

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En réunissant, le 6 mai à Owendo, les responsables de toutes les structures hospitalières du pays et celui de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le ministre de la Santé a frappé un grand coup dans la fourmilière. À travers cette concertation sur la gouvernance sanitaire, Denise Mekam’ne veut «réveiller les consciences» et interpeller les uns et les autres sur leurs actions au sein de leur service. Toute chose visant l’amélioration et la performance des hôpitaux publics.

D’entrée de jeu, le membre du gouvernement n’y est pas allé de main morte. Le ministre de la Santé a dénoncé, véhément, la corruption, le rabattage, le racket, le mercantilisme… qui ont cours dans ses structures étatiques, impactant ainsi leur fonctionnement. «Le travail ne se fait plus correctement, le patient est racketté dans les bureaux. Nous sommes devenus plus des commerçants que des professionnels de la Santé», a dénoncé Denise Mekam’ne.

Dans ces structures, a-t-elle relevé, «on ne sait plus qui est qui ou qui fait quoi». «On ne sait plus qui est médecin, gardien, brancardier, médecin ou infirmier. Il n’y a plus de blouses blanches dans nos hôpitaux», a-t-elle encore fait remarquer, ajoutant que «les appareils sont démontés en pièces détachées pour être revendu au privé». Outre les détournements et autres manquements, elle a indexé et décrié le rabattage des patients vers les structures privées où ils sont plutôt obligés de débourser plus que prévu.

Pour mettre fin à cette dérive, Denise Mekam’ne a été catégorique : «il faut cesser de transformer nos centres de santé, nos hôpitaux en centre commercial. Il faut que le personnel de santé se reprenne en mains». Cette dernière de rappeler aussi qu’aujourd’hui, «on ne parle plus que de dysfonctionnement et de corruption. Il faut que cela s’arrête. Cela suffit !» À cet effet, le membre du gouvernement prône donc le changement radical de paradigme, une nouvelle ère dans la gestion de ces hôpitaux et centres de santé.

Elle a annoncé des «Dialogues de gestion» en présence des syndicats. Des rencontres au cours desquelles les responsables de ces structures publiques seront évalués sur leur gestion. En attendant, des sanctions sont annoncées pour ceux qui ne voudraient pas s’exécuter.

Pour preuve, des personnes ayant participé au trafic des antirétroviraux (ARV) ont déjà été interpellées par la direction générale des recherches (DGR). Un nouveau cap de gouvernance doit être pensé pour assécher tous ces maux qui gangrènent les structures de santé publique. Pourvu que les mesures et sanctions annoncées ne soient pas un feu de paille.

 
 

1 Commentaire

  1. diogene dit :

    Et si elle réveillait sa propre conscience et posait sa démission d’un gouvernement illégitime, d’un président illégitime et cérébralement déficient…

    “Le ministre de la Santé a dénoncé, véhément, la corruption, le rabattage, le racket, le mercantilisme… qui ont cours dans ses structures étatiques…”
    Qui a mis ce système en place ? Qui broute au ministère en engueulant ses collègues ? Qui régule les acteurs de la santé ?

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