Si le président de la République est dans une «phase de récupération», son service communication devrait pouvoir le prendre en images. Pourquoi alors externaliser cette tâche ?

Pourquoi la presse présidentielle est-elle tenue à l’écart cette fois-ci ? Pourquoi n’a-t-elle jamais fait le déplacement de la capitale marocaine ? Pourquoi n’a-t-elle pas couvert la cérémonie d’assermentation du nouveau ministre de la Défense ? © Communication présidentielle

 

Comment l’histoire appréciera-t-elle la période actuelle ? La décrira-t-elle comme une séquence historique malheureuse ? Comme une vaste manipulation ou comme un grand moment de démocratie ? À ce jour, une seule certitude : la tentation de dresser un parallèle avec la fin de l’ère de Léon Mba, il y a plus d’un demi-siècle. Se trouve-t-il aujourd’hui quelqu’un pour tirer gloriole du tournage, le 14 novembre 1966, d’un message télévisé depuis Paris ? Se trouve-t-il encore des gens pour défendre la révision de la Constitution, opportunément initiée en février 1967 ? De ces événements historiques, plus personne ne se prévaut. N’empêche, depuis bientôt quatre mois, certains s’efforcent de repasser les plats ! S’aventurant sur le terrain médical, ils parlent de «rééducation (qui) se fait correctement» (lire «Ali Bongo vivant»). Se démenant pour apporter la preuve d’un «fonctionnement régulier des institutions», ils se livrent à des bricolages juridiques (lire «Mborantsuo aux commandes»), multipliant les nominations tout en diffusant des images controversées (lire  «Une couche de plus sur le flou artistique»).

Marginalisation des médiaux nationaux

Personne ne dénie à Ali Bongo le droit de se soigner ou de poursuivre sa convalescence. Nul ne demande à prendre connaissance de son parcours de soins. Plus grand monde ne doute de sa volonté de recouvrer la plénitude de ses moyens physiques et intellectuels. Seulement, en ces temps de scepticisme généralisé, l’opinion redoute la manipulation. Échaudée par des précédents historiques, elle veut plus de garanties de sincérité. Pointant les entorses répétées à la loi, elle suspecte des faux en écritures publiques, doutant même de l’authenticité de nombreux décrets. Motivées et entretenues par l’opacité ambiante, ces réserves découlent de la marginalisation des médias nationaux, y compris la presse présidentielle.

Pourtant, l’attachement de la presse présidentielle au président de la République est consubstantiel à son existence. À son service exclusif, elle a été de toutes ses activités, y compris celles relevant de la vie privée. Dans bien des cas, elle a pris des libertés avec la déontologie professionnelle, s’érigeant en organe de propagande. Pourquoi est-elle tenue à l’écart cette fois-ci ? Pourquoi n’a-t-elle jamais fait le déplacement de la capitale marocaine ? Pourquoi n’a-t-elle pas couvert la cérémonie d’assermentation du nouveau ministre de la Défense (lire «Le serment d’Ossouka à Rabat») ? Pour de nombreux observateurs, la raison s’impose d’elle-même : elle est composée de citoyens ordinaires, vivant au quotidien avec les leurs. Y aurait-il des choses à cacher ? Aux yeux d’une certaine opinion, cela ne fait l’ombre d’aucun doute. Autrement, on n’aurait pas recours à des techniciens marocains, désormais soupçonnés de se livrer à d’importants travaux de post-production.

Recours à la postproduction ?

Succédant au tournage et précédant la diffusion, la post-production englobe l’ensemble des techniques de finalisation d’un produit filmique. Du montage au mixage en passant par les bruitages ou le doublage, tout y passe. Soupçonnerait-on les détenteurs de l’autorité publique d’y recourir ? En tout cas, aucun technicien national n’assiste à la réalisation des vidéos tournées depuis Rabat. Si Ali Bongo est dans une «phase de récupération», son service communication devrait pouvoir le prendre en images. Pourquoi externaliser cette tâche ? La presse présidentielle n’inspire-t-elle plus confiance ?

En ayant recours à des techniciens étrangers, les détenteurs de l’autorité publique légitiment la suspicion. Sans en mesurer les conséquences, ils creusent le fossé entre l’opinion publique et eux. Certains diront s’en moquer. Mais la crédibilité tient d’abord de la confiance. Or, entre une équipe locale et une équipe étrangère, l’opinion nationale fera davantage confiance à la première. Autrement dit, des images tournées par des compatriotes seront toujours plus persuasives. Même si la presse présidentielle a souvent été regardée de travers, son implication aurait été d’un apport certain. Pour l’heure, sa mise à l’écart ne sert nullement les intérêts d’Ali Bongo.

 
 

1 Commentaire

  1. Le Chat dit :

    SOS Gabon !!! Un Sursaut Patriotique. Mborantsuo et sa petite compagnie sont entrain de vendre le pays au Maroc. Merci d’avoir donné plus d’alerte Gabonreview. Ça devient INSUPPORTABLE cette illusion, Ce Très GROS MENSONGE qu’Ali Bongo vit. Or, c’est un Sosie. Pourquoi exclure les médias nationaux, même la presse présidentielle ? Eh ben, c’est pour vouloir cacher l’évidence.

    Trahison au sommet de l’État ! Mborantsuo a perdu la boule. Là, il y a gros problème. Il y a de quoi s’INQUIÉTER de l’avenir du Gabon avec ces gens: Mborantsuo, Laccruche…

    Soyons des hommes responsables !

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