Donnée pour responsable de l’insalubrité chronique à Libreville, Averda a rejeté ses accusations. Dans cette interview accordée à Gabonreview, le directeur général adjoint de la société n’y va pas par quatre chemins. «La solution ne viendra pas d’Averda (…), il appartient aux pouvoirs publics de trouver la solution pour rendre la décharge viable», a affirmé Joseph Minko.

Le directeur général adjoint d’Averda dans les locaux de Gabonreview, le 15 décembre 2017. © Gabonreview

 

Gabonreview : L’insalubrité a de nouveau atteint un seuil critique à Libreville. Que se passe-t-il ?

Joseph Minko Olenga : Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Averda est au Gabon depuis un peu plus de trois ans. L’entreprise s’occupe principalement de la collecte des ordures ménagères et subsidiairement des opérations de nettoyage et de nettoiement, comme on le dit dans notre jargon. Ces opérations regroupent le ramassage des ordures, le dépotage à la décharge municipale, le balayage manuel et mécanique des villes, le nettoyage des plages. Et, le nettoiement des bassins versants, des lits des rivières et le curage des caniveaux. Il se trouve que depuis plus d’une semaine, la décharge municipale de Mindoumbé est non seulement saturée, comme tout le monde le sait depuis plusieurs années. Par ailleurs, les services censés la maintenir en état de viabilité sont actuellement inopérants. La décharge est donc fermée.

La conséquence de cette fermeture est exogène à la responsabilité d’Averda. Car, elle engage la mairie de Libreville et son opérateur principal, Clean Africa, qui ne sont plus en mesure de rendre la décharge opérationnelle. Aujourd’hui, nous collectons, mais nous n’avons pas d’endroit où déposer les ordures. Cela ne relève pas de la responsabilité d’Averda.

© Gaboreview

Que doivent les retenir les populations au final ?

Averda fait son travail, continue et continuera de le faire. C’est un industriel sérieux, présent dans 18 pays dans le monde. Le Gabon n’est pas notre seul projet opérationnel. Il faut comprendre que si nous avons des difficultés dans l’enchaînement de nos opérations, celles-ci ne sont pas dues à une quelconque incapacité de notre part.

Lors de la signature de la convention avec l’Etat en 2014, vous saviez certainement fait l’inventaire de l’existant. Notamment, au niveau de la saturation de la décharge de Mindoubé…

Je tiens à dire qu’Averda est la première victime autant que la population de Libreville et d’Akanda. Nous sommes les premières victimes de la situation actuelle. Nous sommes victimes parce que c’est le label international de l’entreprise qui est mis en cause. Mais aussi parce que nos opérations, censées servir les populations en premier, sont mises à mal. Lorsqu’Averda a signé le contrat avec l’Etat gabonais, naturellement un inventaire de la situation a été fait. Selon le ce contrat, il était question que notre société prenne en charge la gestion la décharge de Libreville, six mois plus tard. Trois ans après, rien n’a été fait. Une fois de plus, ce n’est pas la faute d’Averda.

S’agissant de la situation de la décharge de Mindoumbé, nous la connaissons tous. Nous avons proposé aux pouvoirs publics un plan de gestion de cette décharge pour sortir de cette situation. Nous ne pouvons que faire des propositions en fonction de nos dispositions et de nos disponibilités techniques. En d’autres termes, nous disposons du savoir-faire nécessaire pour sortir de cette situation.

Quelles garanties avez-vous reçues à l’issue de la récente réunion à Libreville, avec le ministre de l’Intérieur, la mairie de Libreville et celle d’Akanda ?

Il faut d’abord préciser que le ministre de l’Intérieur est la tutelle technique de ce dossier puisqu’à la signature des contrats c’est lui qui représente l’Etat, indépendamment du ministère du Budget qui en est la tutelle financière. Le ministre de l’Intérieur nous a convoqué pour comprendre ce qui n’allait pas. Et, éventuellement, trouver des pistes de solutions rapides de sortie de crise. Cela ne relève pas malheureusement de la compétence d’Averda qui ne demande qu’à nettoyer la ville. Mais pour nettoyer la ville, il faut déposer les déchets quelque part.

Quelles solutions proposez-vous à votre niveau ?

La solution ne viendra pas d’Averda. Ce n’est pas de sa compétence. Il appartient aux pouvoirs publics, à la mairie de Libreville et à Clean Africa de trouver la solution pour rendre la décharge viable. Qu’à cela ne tienne, il y a tout de même des solutions à court, moyen et long terme. Les solutions de court terme peuvent encore permettre d’exploiter, pour un an encore au maximum, cette décharge. Mais cela passe par la réhabilitation de la voie d’accès, la réouverture de la plateforme et l’exploitation du bassin versant en déguerpissant les squatters qui s’y trouvent. Cela permettrait d’exploiter la décharge encore quelques mois. Le temps de trouver un site doté d’un centre d’enfouissement technique et, pourquoi pas, d’un espace de traitement de déchets.

 
 

5 Commentaires

  1. L’observateur dit :

    N’importe quoi, Averda n’est plus capable d’assurer le service public (collecte d’ordures ménagères).

    Tant que le ventre de cette société dévoratrice avec des actionnaires dévorateurs ne sera pas ce que sait être au service de l’interet Général et l’amélioration des conditions de vie des populations qui subissent et côtoient quotidiennement les ordures ménagères laissés par celle-ci sous prétexte que la décharge du Mindoubé est saturée.

    J’interpelle le Ministère de la Santé afin qu’il puisse lui infliger une amende pour chaque dépôt sauvage laissé sur les soit disant points d’apport volontaire mis à disposition et causant ainsi des maladies au plus vulnérables vivant dans des zones reculées. C’est facile de jeter l’anathème sur les autres et tirer la couverture de son côté.

    Voilà un DGA, d’averda qui se dit responsable et parle de déguerpir les squatters, a-t-il pensé aux familles qui vivent là-bas et qui de surcroît on enterrés leur mort sur ce site depuis des années.

    Lorsqu’on est RESPONSABLE, on ne tient pas un discours de ce genre, c’est ça être une entreprise pseudo citoyenne et de dire faire du social.

    Lorsqu’on a plusieurs multinationales qui évoluent hors du territoire national, et partout dans le monde, on pense autrement, en ramenant les capitaux engloutis au Gabon et on réinjecte dans cette mauvaise idée qui est Averda.

    Il suffit de sillonner la ville de Libreville après une bonne pluie, presque tous les caniveaux de Libreville sont obstrués parfois par les propres détritus non collectés par la même société en charge de les ramasser.

    Le nettoyage de la ville, on ne trompe pas l’oeil, populations, soyez regardante et dite la vérité de vérité, vous trouvez qu’averda mérite autant de faveur ?? Il faut lui retirer le curage et le nettoyage et donner aux PME gabonaises capables de faire le travail mieux que ces incapables et pour 10 fois moins que l’enveloppe engloutie par AVERDA.

    Trop c’est trop, nos gouvernant doivent frapper fort en retirant une bonne partie à cette structure. Pensé également à recaser les populations et non les déguerpis.

    Une dernière chose très importante, lorsque j’entends ce maboule dire qu’il faut prendre sur la rivière ATTENTION, c’est la LOWÉ – un crime contre l’environnement se prépare en l’écoutant.

    VOUS SEREZ TENUS RESPONSABLE.

    Je ne fais que passer.

    • Okenkali Jules dit :

      @L’observateur alias Alain-Claude Bilié By Nzé. Allez dire ça en conseil des ministres.Qui ne sait pas que Traoré Mantion est votre ami ? Qui ne sait pas vous avez des deals avec lui depuis la mairie ? Qui ne vous voit pas cirer les pompes des vrais propriétaires d’Averda ? Mouf…

  2. Mombo Thierry dit :

    Bref, nous sommes dans la merde !

  3. LURON DE MAYE dit :

    Bravo AVERDA, il faut que chacun prenne ses responsabilités.M. le Ministre quand on est incapable on démissionne. Le pays dispose de cadres intègres capables de mener a bien des dossiers.

  4. moulongchiMbaminko dit :

    Au gouvernement gabonais.

    le problème ici semble être un manque de charges publique.

    1/- La mine à ciel ouvert de Nzeng-yong ferait une bonne décharge publique avec des aménagements appropriés pour la protection des riverains. sauf que mener une réflexion poussée sur un tel projet c’est exiger aux politiques de se torturer.

    2/- sur la nationale entre ndjolé et Libreville nous avons des ravins en quantité industrielle. pour quoi ne pas valoriser ces espaces naturelles en les transformants en décharges publiques? vous allez poser le problème du transport. c est ici que l’intelligence des politiques devaient se manifester. l’emploi se fait rare au Gabon alors créons des emplois: une nouvelle société spécialisée dans le transport des ordures de Libreville jusqu’à la décharge aux encablures de Ndjolé; une nouvelle société de transformation et de traitement des ordures aux encablures Ndjolé; ces ordures seront payées aux transporteurs et après traitement revendus sous formes de fumiers, produit de récupération et autres. mais pourquoi nous gabonais n’arrivons pas à réfléchir pour des solutions au delas de Libreville.

    3/- ici nous sortons du sujet;
    Nous avons un problème de prisons à Libreville
    Mais créons des village en barbelé à Makoukou, a Tchibanga ou à Bakoumba ou les prisonniers les plus dangereux seront incarcérés; ou ces prisonniers devront payer leurs fautes en travaillant pour l’Etat dans des grands projets agricoles développés tout au tours de ces villages en barbelé servant de prisons et tout ce ceci dans une discipline de militaire pour recadrer tout un chacun.

    4/- Le tribunal de Libreville est saturé de dossiers non traités.
    pourquoi ne pas organiser les tribunaux comme sont gérées les mairies??? un tribunal par arrondissement et un procureurs de la république par arrondissement au moins nous n’auront plus de supers procureurs intouchables et corrompues. non mais sans blague faisons montre d’ouverture d’esprit et arrêtons de nous comporter comme des constipés intellectuelle.

    Retrouvez notre groupe Facebook ” Lutte contre Escroquerie institutionnalisée au Gabon” pour plus de propositions d’ouverture du pays.

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