À l’occasion de son premier anniversaire, le cabinet Signs Language Consulting, offre des formations gratuites, du 7 au 28 août, au personnel du centre santé de Nzeng-Ayong dans le langage de signes. Dans cette interview, Anicet Paul Mounziegou, responsable de la structure, décline les objectifs de la formation.

Anicet Paul Mounziegou, responsable de Signs Language Consulting. © Gabonreview

 

Gabonreview : Le cabinet Signs Language Consulting que vous dirigez offre une formation gratuite en langage des signes au personnel de santé de Nzeng-Ayong. Pouvez-vous décliner les objectifs de cette formation ?

Anicet Paul Mounziegou : Je suis responsable du cabinet Signs Language Consulting, spécialisé dans la formation, l’interprétariat et le consulting en langues des signes.

Nous offrons du 7 au 28 août des formations gratuites aux structures qui le veulent bien à l’occasion du premier anniversaire de notre cabinet. Nous avons commencé pour cela, avec le Centre de santé de Nzeng-Ayong. Parce que le constat que nous faisons, est qu’il y a des sourds qui habitent le marché de Nzeng-Ayong.

Ces personnes fréquentent le centre de santé situé dans ce quartier pour se faire consulter ou pour des raisons d’accouchement. Cependant il existe une barrière communicationnelle entre le personnel sanitaire et ces patients.

Ce qui fait que très souvent, nous sommes sollicités pour intervenir en tant qu’interprète. Et nous nous sommes dit pour quoi pas organiser une formation à l’endroit de ses personnes, afin qu’elles aient le nécessaire en matière de communication pour mieux prendre en charge cette catégorie de patients. Tel est l’objectif principal de cette formation.

Combien de personnes sont concernées par cette formation ?

Nous avons écrit au médecin chef du Centre de santé de Nzeng-Ayong. Celui-ci nous a proposé des noms des agents dont le nombre s’élève à 20 personnes. Dans cette liste, nous avons des sages femmes, infirmières, le personnel de l’accueil et d’autres personnes volontaires qui ont souhaité participer à la formation. Aujourd’hui, toutes les personnes qui prennent part au programme sont heureuses de prendre part à la formation qui va s’achever le 28 août.

Toutefois, à la fin, nous avons la possibilité de nous entendre avec les stagiaires afin de voir dans quelles conditions on peut poursuivre la formation.

Quelles sont les modalités de participations à la formation ?

Simplement la volonté. Le personnel sanitaire qui a la volonté d’apprendre la langue des signes est le bienvenu. Mais pour une bonne formation, nous avons exigé au maximum 20 personnes parce que quand on est nombreux ça peut aller dans tous les sens. C’est une formation sérieuse et c’est une langue très méticuleuse. Donc nous avons souhaité qu’il y ait 20 personnes pour une bonne classe.

Avez-vous un mot de fin ?

Pour la fin, nous dirons que les sourds gabonais sont marginalisés. Selon le recensement de 2013 il y a 7002 sourds a Gabon. Ces personnes sont pratiquement oubliées sur tous les plans: éducation, formation, communication, etc. À travers cette formation, nous apportons notre modeste contribution aider cette catégorie de personnes à s’insérer dans la société et d’être considérées comme tout le monde.

Comme le disait un écrivain, «qu’importe la surdité de l’oreille, quand l’esprit entend, la vraie surdité, la surdité incurable c’est celle de l’intelligence». Donc ce sont des intelligences qui sont là qui ne sont pas valorisées notre souhait est de leur dire qu’ils sont sourds certes, mais ils ont des potentialités, la valeur, la compétence et de l’intelligence.

 
 

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