Dans le cadre de la célébration de l’édition 2019 de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars 2019, et de la Semaine de la langue française (16-24 mars), l’Ambassade du Gabon en France a organisé, le mardi 19 mars, une rencontre littéraire autour de deux ouvrages parus récemment : «Molière et Shéhérazade» de Fawzia Zouari et «La Francophonie en procès», collectif coordonné par Flavien Enongoué et Patrick Mouguiama-Daouda.

L’ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoué, posant pour la postérité avec les principaux participants à ces conférences dans le cadre de la célébration de la Francophonie, le 19 mars 2019, à Paris. © Communication de l’Ambassade du Gabon en France

 

Le mercredi 20 mars, à l’occasion la Journée internationale de la Francophonie, L’Ambassade du Gabon en France a organisé un débat autour de deux ouvrages : «Molière et Shéhérazade» de Fawzia Zouari et «La Francophonie en procès», coordonné par Flavien Enongoué et Patrick Mouguiama-Daouda. Un débat animé par le Professeur Steeve Robert Renombo et la journaliste et écrivaine tunisienne Fawzia Zouari, par ailleurs présidente du Parlement des écrivaines francophones.

Ces deux ouvrages mènent une réflexion sur la place et le rôle du français dans deux écosystèmes linguistiques respectifs, la Tunisie et le Gabon, où il cohabite avec l’arabe, d’une part, et plusieurs langues locales, d’autre part. Pour ce qui est du Gabon, il importe de constater que «2/3 des Gabonais sont francophones ; c’est l’un des tout premiers pays en Afrique subsaharienne où est enregistré un taux de pénétration du français aussi élevé et l’un des rares où la transmission familiale de cette langue est plus répandue que dans d’autres contextes de francophonie africains».

S’agissant précisément des modes et des niveaux d’appropriation du français, ainsi que des enjeux culturels y relatifs, on relève d’emblée dans le livre de Fawzia Zouari un exposé sous forme interrogative du cadre problématique : «Il convient de se demander si, pour ceux qui l’utilisent, le français est une contrainte ou une liberté, un accident de parcours ou un sort jeté d’avance. Et puis, cette autre question : souffre-t-on d’avoir trahi la langue originelle, comme on souffre d’avoir trahi une mère, un père, un conjoint ? La langue de l’Autre peut-elle devenir la langue du «je» ? Pouvons-nous y donner à voir notre corps nu et le plus caché de notre âme ? Gardons-nous notre monde intact à travers cette étrangère ? »

© Communication de l’Ambassade du Gabon en France

Pour le reformuler dans les termes des auteurs de «La Francophonie en procès» : la francophonie est comparable à une «greffe miraculeuse» pratiquée sur un corps linguistico-culturel exogène. Cette opération chirurgicale se solde, elle, par une «compatibilité» ou au contraire par un «rejet» ? Pour une large part, les deux ouvrages convergent en direction de la thèse d’une greffe réussie, en mobilisant plusieurs arguments que le lecteur gagnerait à examiner, afin de se forger un jugement et se faire sa propre opinion.

Cette présentation a été précédée de la diffusion du message circonstancielle de la Secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushiwabo, sur le thème de l’édition 2019 : «En français…s’il vous plaît», et d’une vidéo sur la situation du français dans le monde.

Outre la mobilisation du personnel diplomatique et consulaire gabonais, l’événement a enregistré la participation de l’Administrateur de l’OIF, Adama Ouane, de la directrice de La langue française, culture et diversité de l’OIF, Youma Fall, de l’Ambassadeur déléguée permanente du Gabon auprès de l’Unesco, Rachel Annick Ogoula Akiko, de plusieurs autres Ambassadeurs des pays francophones. Des universitaires étaient également de la partie, à l’instar des philosophes Françoise Gaillard, Bonaventure Mve Ondo et Pierre Franklin Tavares ou le linguiste Patrick Mouguiama-Daouda.

 
 

1 Commentaire

  1. EYELE Bayard dit :

    Nous constatons aisément que ce sont les Africains qui continuent à faire la promotion de la langue du “maître” pendant que les français eux-mêmes se mettent à l’Anglais. La preuve: le président Macron n’hésite pas à s’exprimer dans la langue de Shakespeare à la moindre occasion. Comme dans l’armée avec la légion étrangère, dans le sport avec les athlètes issus de la migration, la France est en train d’utiliser les Africains pour faire la promotion de la langue à leur place au moment où les français se tournent vers l’Anglais. La colonisation continue!?

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