Instituée en 2009 par Ali Bongo, la journée nationale du drapeau a été célébrée, le 9 août 2019. Cette 10e édition s’est faite sans Ali Bongo et sans allégeance au drapeau sur fond de dénonciation de la gabegie avec en prime, une performance folklorique.

Franck Nguéma lors de son discours le 9 août 2019. © Gabonreview

 

Ali Bongo n’était pas parmi les officiels le 9 août pour la JND. © D.R.

Comme tous les 9 août depuis le premier mandat d’Ali Bongo, la journée nationale du drapeau (JND) a été célébrée au Gabon. La cérémonie qui s’est toujours tenue au palais de la présidence de la République, s’est déroulée cette année à la place de l’indépendance, en présence du Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, les membres de son gouvernement, les actuels et anciens présidents des institutions constitutionnelles, les hauts gradés des forces de défense et de sécurité, les confessions religieuses.

Ali Bongo qui y était attendu pour désavouer ceux qui doutent de sa capacité à gouverner le Gabon, depuis ses ennuis de santé, a plutôt brillé par son absence, imposant de fait un nouveau format à cette célébration marquée par certains rituels comme l’allégeance au drapeau de certains responsables de l’administration.

Toujours faite sous surveillance d’Ali Bongo, cette obligation de fidélité à la Nation gabonaise matérialisée par le baiser du drapeau, premier symbole de l’identité nationale gabonaise, mais perçue par plus d’un comme «un signe de soumission fidèle à Ali Bongo» pas eu lieu.

Délivrant le discours officiel de cette célébration, le ministre de la Culture, Franck Nguéma a axé son propos sur l’engagement citoyen des Gabonais et sur la portée morale de cette journée. Ceci, conformément au thème retenu : «Éthique, conscience patriotique et construction nationale».

Quelques drapeaux hissés à la place de l’indépendance le 9 août 2019. © Gabonreview

Appel à l’éthique

«L’objectif de cette journée est de renforcer l’esprit patriotique des populations en luttant contre la généralisation des comportements déviants et la montée de l’incivisme», a déclaré Franck Nguéma qui est revenu sur l’historique du drapeau gabonais et sa symbolique. Ayant subi des modifications qui marqueraient l’établissement du Gabon en territoire autonome, tel qu’il est présenté aujourd’hui, ce drapeau date de 1963. Ses 3 bandes égales de couleurs vert jaune et bleu, rappellent, selon lui, les 9 provinces et leurs peuples. Le Vert, symbole des peuples de la forêt (Moyen-Ogooué, Ogooué-Ivindo, Woleu-Ntem). Le jaune, celui des peuples de la savane (Haut-Ogooué, Ngounié et Ogooué-Lolo). Le bleu quant à lui est le symbole des peuples de la mer de (Estuaire, Nyanga et Ogooué-maritime).

Estimant que la construction d’une Nation est un chantier sans fin, Franck Nguéma a appelé les Gabonais à «l’éthique républicaine». «J’ai la conviction que la situation de notre pays commande engagement et responsabilité envers soi et envers les autres», a-t-il déclaré. Pour lui, les Gabonais souffrent d’une «maladie compulsive d’accumulation de biens». «Nous amassons pour nous-mêmes sans penser aux autres, et cela crée des crises sur tous les plans dans notre pays», a-t-il déclaré, réclamant des gouvernants plus d’éthique et de probité. L’idée est d’aboutir à «un partage équitable de la prospérité́ du Gabon, exigeant ainsi la rupture avec le passé».

Si depuis son instauration, la Journée nationale du drapeau a toujours été sobre, très protocolaire et militaire, cette année elle s’est drapé des oripeaux du folklore. Les fanfares des forces de défense et de sécurité ont accompagné les danseurs des groupes socioculturels qui ont honoré à leur façon cette journée bariolée de vert jaune et bleu.

 
 

2 Commentaires

  1. C’est du banditisme à haute Echelle ! En ligne de mire, Mborantsuo la fasciste et le pantin de faux 1er ministre.

  2. Lavue dit :

    Comme y a plus de vice-président de la République, pourquoi Pascaline le Haute Représentante du Chef de l’Etat ne peut le suppléer en pareille circonstance? Elle le représente où, quand et comment maintenant? Ou c’est simplement pour percevoir un salaire gratuit auquel ils sont habitués. Autant déclarer clairement Julien NKOGHE, Premier ministre représentant personnel du chef de l’Etat. Ça colle plus à la réalité. Les Émergents doivent être conséquents avec eux-mêmes. Quelqu’un qui a instauré une célébration, qui est en forme comme on nous le rabâche à la radio et à la télé et qui ne peut pas être présent aux festivités auxquelles il a toujours été l’élément pivot. Ça sème le trouble dans l’esprit des Gabonais. Faut comprendre un tout petit peu le peuple messieurs les Émergents. Robien des bois, qui a réagi en premier, a-t-il tort quand il parle de banditisme à grande échelle? Combien parmi vous pensent comme lui?
    En tous cas on vous laisse avancer, mais vers quoi?

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