Attaqué en justice pour trouble à l’ordre public, l’Evêque et opposant Mike Jocktane aurait été l’objet  d’une tentative d’enlèvement, dimanche dernier. En réaction de quoi, une conférence de presse a été donnée le 7 février, à travers laquelle il a brossé le tableau de ses tribulations, remontant à préférence pour Mba Obame, au détriment d’Ali Bongo, lors de la présidentielle anticipée de 2009. 

A bord d’une camionnette à double cabine, des personnes assurant être des agents de la Police judiciaire (PJ), ont intimé l’ordre à l’Evêque et opposant Mike Jocktane de descendre de la voiture dans laquelle il se trouvait en vue d’être emmené au poste. Le pasteur qui sortait de son église, le dimanche 5 février à Libreville, s’était embarqué dans la voiture du sociétaire de la défunte Union nationale (UN),  Paul Marie Gondjout qui était avec son épouse, Chantal née Myboto.

Course-poursuite sur le bord de mer

Jugeant cet ordre suspect du fait que les prétendus policiers ne pouvaient présenter un ordre de mission ou un mandat quelconque, les occupants de la voiture civile ont refusé d’obtempérer. Une chasse-poursuite s’est alors ouverte sur le boulevard de l’Indépendance (Bord de mer). A deux embranchements différents du boulevard du Bord de mer, une autre camionnette, puis un taxi à bord duquel étaient vraisemblablement d’autres policiers, sont venus en renfort aux présumés policiers. Des armes ont été brandies mais n’ont pas été utilisées.

Informé, Zacharie Myboto, président de la formation politique dissoute, s’est empressé de joindre au téléphone le Procureur de la République, ne comprenant pas pourquoi un prévenu qui comparait régulièrement au tribunal pour une affaire en cours de traitement, devrait être interpellé par la police, un dimanche de surcroit. Si le Procureur assure ne rien y comprendre, la hiérarchie de la police soutient également ne rien en savoir.

Aux sources des vicissitudes

A la suite de quoi le pasteur a donné une conférence de presse, le 7 février à Libreville, à l’entame de laquelle il s’est présenté «comme un homme harcelé par le pouvoir en place. Un homme traqué qu’on chercherait même à éliminer physiquement.» Estimant qu’il n’a pas posé d’actes pouvant lui valoir ce traitement, l’Evêque et opposant a dressé la chronologie (visible sur son site mikejocktane.info)  du harcèlement dont il est l’objet depuis la prestation du serment présidentiel par André Mba Obame en janvier 2011.

Mike Jocktane, qui a occupé des fonctions politiques auprès de feu le président Omar Bongo jusqu’à son décès, estime que «mon soutien à André Mba Obame, mon appartenance à l’Union Nationale et mes déclarations dans un livre sur les relations françafricaines me valent depuis un an le courroux du régime en place.»

Mba Obame plutôt qu’Ali Bongo

À l’occasion, il explique en trois point pourquoi, lors de la présidentielle anticipée de 2009, il avait choisi de soutenir la candidature d’André Mba Obame plutôt que celle d’Ali Bongo :

«Le président Omar Bongo Ondimba m’a laissé entendre, à l’instar de plusieurs autres personnes très proches, qu’il ne souhaitait pas voir son fils lui succéder au pouvoir ;

Je savais qu’Ali Bongo Ondimba, que je connais bien, ne pouvait pas gagner les élections de manière régulière. Or, j’ai fait le choix de l’instauration d’une vraie démocratie au Gabon, c’est-à-dire, autodétermination du peuple, élections crédibles, institutions fortes ;

A mes yeux, André Mba Obame, avec qui j’ai développé une amitié sincère au cours des dernières années, était la personne capable de présider aux destinés du Gabon de façon à créer les conditions d’un Gabon où il fasse bon vivre pour tous et ou la bonne gouvernance politique serait de mise. J’ai choisi la personne qui de mon point de vue peut mieux mettre en œuvre la démocratie au Gabon.»

Revenant aux faits qui lui valent le procès en cours au tribunal de Libreville, l’Evêque devenu opposant explique qu’ «après l’acte politique posé par André Mba Obame,  le 25 janvier, j’ai, comme de nombreux Gabonais, dénoncé la batterie de mesures iniques voire illégales à l’encontre de l’Union Nationale et de ses responsables réfugiés au PNUD, du 25 janvier au  27 février de cette même année.»

Mike Jocktane était appelé à comparaître le 2 février dernier au tribunal de Libreville. Son audience a enregistré un nouveau rebondissement. La défense du religieux devenu opposant a requis la récusation du tribunal et obtenu le report  du procès sine die.

 
 

5 Commentaires

  1. Guy Massard dit :

    Ainsi naissent les conflits et haines séculaires…….

  2. Christelle dit :

    tu ne fais plus la volonté du Très Haut? Attention au plan du diable,tu risques de te faire prendre par lui.

  3. M.Yves Nzeng dit :

    Selon la pense quotienne gabonaise,l’heure est au refus des divertissements politique car le sens propres passe par l’auto-critique individuelle, d’autre part focalisez-vous sur le bien- etre general des Gabonais et pas sur des soucis deja ressoulu a l’avance.

    NY.

  4. scha dit :

    il est finalement politicien ou réligieux?

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