La fermeture des marchés et autres commerces, la mise à contribution des personnels de nombreuses entreprises locales, le transport de figurants  et de nombreux journalistes depuis Libreville, la mobilisation des militants du PDG ont permis de créer une atmosphère monstre autour de la descente à Port-Gentil du Directeur de cabinet du président de la République (DCPR).

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Jamais ; de mémoire des Portgentillais aucune personnalité n’avait réuni autant de personnes. «Même pas feu le président de la République Omar Bongo Ondimba», ont lancé certains compatriotes impressionnés par la foule immense à l’aéroport de Port-Gentil le mardi 16 septembre dernier à l’occasion de l’arrivée dans la capitale économique du directeur de cabinet du président de la république Ali Bongo Ondimba.

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Images en plongée des drones

En effet, si les acteurs politiques du Parti démocratique gabonais, chacun dans son fief, ont «mouillé le maillot» pour convaincre les militants et sympathisants du PDG de se rendre massivement à l’aéroport international de Port-Gentil en vue de réserver un accueil chaleureux au DCPR (Directeur de cabinet du président de la République), le message est plutôt bien passé. Car, outre les autorités politico-administratives, provinciales, locales et départementales, les responsables de l’administration déconcentrée, les autorités ecclésiastiques, les hiérarques et cadres du PDG, les militants du parti au pouvoir ont pris d’assaut l’aviation. Il reste que, si en immersion dans la foule ou à quelques mètres, celle-ci pouvait paraître gargantuesque, les images en plongée des drones démontrent une mobilisation pas si monstrueuse que ça. «Ce n’est pas de la dimension de la mobilisation de la marche pour la Paix, en avril 2015, qui avait réuni à Rio près de 30 000 personnes, selon Vivien Amos Péa, qui était alors patron de l’UJPDG», a noté un journaliste venu de Libreville.

Les communautés étrangères n’ont visiblement pas été découragées par les menaces proférées à leur endroit par le président du MPR, Féfé Onanga qui leur demandait la veille de «laisser la politique aux gabonais». Sous la supervision de leur président Dia Demba, les communautés amies étaient massivement représentées. Chacune arborant sa tenue traditionnelle et exhibant des pas de danses à l’arrivée du DCPR sur la place de l’indépendance ou le scénario était quasiment le même qu’à l’aéroport. De nombreux témoins ont noté que, depuis le samedi 14 septembre, les bateaux en provenance de Libreville ramenaient, à chaque fois, des délégations destinées à cette tournée, «comme s’il fallait absolument faire le plein à Port-Gentil. Comme si on craignait qu’il n’y ait un désert», a laissé entendre, en off, le reporter d’une télévision locale.

Au grand dam des acteurs politiques de l’opposition

Cependant, l’arrivée de Brice Laccruche-Alhianga à Port-Gentil n’a pas fait que des heureux. L’on a effectivement noté la fermeture des principaux espaces commerciaux de la place, notamment le marché du Grand-Village et de La-Balise. Même son de cloche dans les entreprises ou des notes de services invitant les personnels à se rendre à l’aéroport à cet effet ont été affichées. Une situation décriée par nombreux, estimant que «ce n’est pas normal que les gens soient privés des services et commerces parce que le DCPR fait sa tournée», selon la phrase d’un badaud visiblement énervé. Quoiqu’il en soit, c’est dans la liesse et la ferveur militante que l’émissaire d’Ali Bongo Ondimba a été reçu dans la ville de sable, au grand dam des acteurs politiques de l’opposition qui s’attendaient plutôt au contraire.

 
 

3 Commentaires

  1. Gayo dit :

    On pensait que les européans avaient fini avec la megalomanie autocratique. Brice Fargeon nous prouve le contraire. Chez lui en France, la visite de Macron dans une capitale régionale française ne conduit pas à la fermeture des commerces et à la suspension de l’activité économique. Les pertes seront chiffrées en millions d’euros pour l’économie française sans compter l’impact à long terme et à l’échelle gobale. Beh, comme les français ne veulent pas que l’économie gabonaise évolue, Fargeon peut ne pas la donner la même consideration dont bénéficie celle de son pays: ils ont juré que pour continuer à piller, toutes les attitudes qui permettent à une économie de stagner doivent être menez au Gabon géré une épicerie. On suspend le fonctionnement régulier et la vie du pays pour les délires mégalomaniaques de Alihanga. La précampagne sous la couverture de tournée républicaine peut bénéfier de tous les abus sur l’administration et les moyens de l’état. Ceux qui pensent que les Africains vendaient eux-même leurs terres aux colons et leurs frères aux négriers pour du whisky n’ont pas tort. Les bentous du Gabon et précédemment d’Afrique du Sud viennent de le prouver. Les gabonais vendent la dignité de tout un pays voir d’un continent pour un t-shirt à l’éffigie d’un barbouze infiltré dans la haute administration gabonaise.

  2. Pascal NGOUA dit :

    Laissez Jean Ping aussi s’exprimer, sortir, faire des meetings, et vous verrez qu’il ne dépensera pas un centime pour drainer du MONDE. Lui n’a pas besoin de donner de l’argent pour que l’on vienne à ses meetings. Libérez-le de “sa prison” (son domicile où il est surveillé jour et nuit, interdiction de bouger…). Pitié ! Et ce qui est grave dans cette histoire, c’est que le Quai d’Orsay, TOTAL, BOLLORE, et bien d’autres multinationales françaises sont complices de ce cinéma.

  3. Ossouka dit :

    J’ai un problème avec cette nationalité gabonaise. C’est que je ne me reconnais plus comme gabonais avec tout le désordre qui se passe actuellement au Gabon. J’aurai du mal avec un français comme président du Gabon, même s’il est gabonais d’adoption.

    Je viens de déchirer mon passeport gabonais. Je garde ma nationalité malienne (étant malienne de par ma mère). Vive le Mali! Et j’espère qu’il ne t’arrivera jamais quelque chose de similaire au Gabon.

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