En juillet dernier, un ancien conseiller clientèle BGFI a été désigné directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor – un des gros fromages de la haute administration publique. Auparavant il y avait eu des nominations ; notamment à la SGEPP ou à la CDC, toujours piochées dans l’écurie BGFIBank, structure amie de l’Ajev et principale pourvoyeuse aux postes de patron dans les entreprises publiques et parapubliques et aux gros fromages de la haute administration. Très peu partageuse, l’AJEV prend tout, tout, tout…

L’Ajev n’a plus fait de sortie en son nom depuis quelques mois, laissant le terrain et l’exhibitionnisme à ses avatars de partis politiques. 5 octobre 2019, au stade de Nzeng-Ayong à Libreville : plus de casquettes et t-shirts blancs du PDG, rien que le bleu de RV et le violet de SDG. © Facebook

 

«L’AJEV prend le pouvoir», écrivions-nous en mars 2018… Aujourd’hui, elle a non seulement pris le pouvoir politique, puisqu’un grand nombre de ses membres d’honneur et membres actifs ont été parachutés à des postes ministériels de premier plan, sur des sièges de député, des mandats de maires et même été désignés au Comité permanent du Bureau politique du PDG. Se déguisant en se drapant de nouvelles étiquettes – SDG (Sociaux-Démocrates Gabonais) ou RV (abréviation de Rassemblement pour la restauration des valeurs), l’organisation de Brice Laccruche a également pris le pouvoir économique dans la haute administration : Trésor, Impôts, Finances, Pétrole, Mines, Assurance-maladie, Ports et Aéroports, etc.

Tout l’argent dans son escarcelle

En effet, grâce à l’appui de BGFIBank, son principal réservoir en ressources humaines pour les postes de directeur général, directeur général adjoint ou directeur financier, l’Association des Jeunes émergents volontaires (Ajev) a fait tomber dans son escarcelle, à tour de rôle, la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), la direction générale de la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP), notamment. En plus de quoi, l’univers ajévien contrôle la direction générale des Impôts, la direction générale de l’ANPI-Gabon et, d’une certaine manière, la direction générale de la Caisse de stabilisation et de péréquation (Caistab), ainsi que des secteurs aussi fondamentaux que le pétrole et les mines, avec la Gabon Oil Company (GOC), la Société équatoriale des mines (SEM). Outre ces domaines, la pieuvre ajévienne contrôle aussi bien le secteur de l’assurance, avec la Caisse nationale d’Assurance-maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) que le secteur des ports et aéroports avec l’Office des Ports et Rades du Gabon (Oprag) et l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac).

Au-delà de la prise de pouvoir, l’Ajev a renforcé ses positions. On pourrait citer l’exemple de la SGEPP. Jusqu’au 18 juillet dernier, c’est le Pr. Michel Mboussou, dernier Mohican parmi les proches d’Ali Bongo dirigeant des entreprises, qui était aux commandes de cette structure. Aujourd’hui, l’Ajev y a fait nommer une ancienne patronne de la filiale gabonaise de BGFIBank.

Aujourd’hui, le Parti démocratique gabonais (PDG) se réduit comme peau de chagrin, «marabouté» par une association prétendument alliée et ayant refusé de disparaître en même temps que le Mouvement gabonais pour Ali Bongo Ondimba (Mogabo). L’opinion, ahurie, constate tout simplement la razzia de l’Ajev et ses structures avatars ainsi que son étonnante percée dans les hautes instances du parti politique censé être au pouvoir.

Appétit grotesque et infini pour le pouvoir, dérive hégémonique, absence d’amour pour le Gabon

Deux ans après l’arrivée de son chef au cabinet du président de la République, l’Ajev s’est transformée en pieuvre. Elle se retrouve partout et n’entend pas céder un bout de terrain. Des PDGistes d’un certain âge sont remerciés de leur position, et leurs proches sont jetés au rebut. Sans pitié, sans regret. Parce que l’objectif de l’Ajev est de massifier «l’or jeune», elle estime qu’à un certain âge – généralement au-delà de 55 ans – même si on est membre du PDG, on n’a plus le droit de prétendre à une nomination à un éminent poste de responsabilité. Ces derniers temps, une nouvelle petite musique se fait entendre : «vous pouvez servir le pays sans avoir une nomination», répond-on à des responsables politiques encartés PDG. Le tout récent remplacement du jeune Arnaud Engandji par Mathias Otounga Ossibadjouo (59 ans) a visiblement été dicté par l’urgence et le dosage ethnique.

L’Ajev, mouvement sectaire par définition, mène son bout de chemin, avec pour objectif d’atteindre les cimes du pouvoir, parce que le PDG d’abord, mais aussi la société tout entière, regardent sans mot dire. Le chemin est balisé. L’Ajev ne veut pas que l’histoire du Gabon s’écrive sans elle, sans «l’or jeune». L’association n’a plus fait de sortie en son nom depuis quelques mois, laissant le terrain et l’exhibitionnisme à ses avatars de Sociaux-Démocrates Gabonais (SDG) et à son Rassemblement pour la restauration des valeurs (RV). On l’a vu 5 octobre 2019, au stade de Nzeng-Ayong à Libreville : plus de casquettes et t-shirts blancs du PDG, supposée première force politique du pays ; rien que du bleu et du mauve, le bleu de RV et le violet de SDG.

Question d’un observateur de la vie publique gabonaise : «Est-ce avec cet appétit vorace, grotesque et infini, cette dérive hégémonique, cette absence d’amour pour le Gabon, qu’elle veut y arriver ?». S’il se susurre que Laccruche travaille, sous la houlette de la Première dame, à faire le lit de Noureddine Bongo, le fils aîné d’Ali Bongo, on peut déjà entrevoir quelle république ils préparent : celle des imberbes et de l’exclusion. De toute façon, « celui qui boude, il bouge ! ». Pensée unique, inacceptation de la contradiction. Le totalitarisme, 75 ans après les nazis.

 
 

7 Commentaires

  1. Patrick EBOSSA dit :

    Beau papier. Belle analyse de la situation. L’AJEV a effectivement tous les pouvoirs, et l’arrogance qui va avec. J’espère que l’on ne vous coupera pas la tête.

  2. Paul MOMBO dit :

    Comme vous le dîtes dans l’article publié en mars 2018, ”Dieu leur a-t-il donné le droit de faire de ces entreprises et administrations ce qu’ils sont en train d’en faire ?” Patrick Ebossa dit que c’est un beau papier, moi je regrette que Dimitri Mimongo se soit contenté de faire seulement une énumération de leurs faits d’armes au lieu de parler de leur gestion si malsaine, gloutonne et sans limite dans la prévarication et la concussion.

  3. SHOX dit :

    C’est une totale abberation que d’entendre de tels slogans en 2019…”celui qui boude bouge!”…Et bizzarement, ça ne fait pas couler plus d’encre que ça.
    Ceux qui sont sensés réagir vis à vis de ce genre de dérive baissent les yeux et s’alignent…WOW!
    La sagesse a quitté les anciens au même titre que le respect a quitté les jeunes…ça sent mauvais

  4. Francine PARET dit :

    Faites attention, mes amis gabonais, vous êtes en train de tout perdre dans votre propre pays. Et ça c’est très grave. Devenir un étranger dans sa propre patrie.

    Je suis une française qui est venue au Gabon 5 fois. J’ai bien aimée votre pays. Mais en même temps, je ne cautionne pas ce que font certains étrangers chez vous, comme par exemple ce compatriote de Marseille appelé Brice Fargeon. Attention à ce qui se passe dans ce qui est votre seule patrie.

    Conseil d’une amoureuse du Gabon, mais qui ne va jamais spolier votre terre.

  5. Lavue dit :

    Que disent les partisans de PING ? Ce qui ont pensé et continuent de penser que PING est l’homme de la situation on aimerait qu’ils nous expliquent son attitude d’indifférence actuelle. Quelle genre d’opposition mène-t-il? Il ne voit donc pas ce qui se fait au grand jour? Où continue -t-il de rêver seulement du fauteuil? J’ai toujours dit que PING ne pouvait pas être l’homme de la situation. C’est quelqu’un du système. Il s’est bâti sur ce système, si celui-ci s’écroule ça risque de l’emporter lui aussi, il le sait. Il n’est pas idiot, il sait où sont ses vrais intérêts. La rancœur avec ALI s’est estompée avec le temps. Ses partisans malheureusement ne l’ont pas compris. Pour dégager l’AJEV il faut imaginer autre chose, ce ne sera pas facile, car quand des bandits, des délinquants arrivent aux affaires les y déloger n’est pas mince affaire.

  6. Michel BOUKA RABENKOGO dit :

    LA DYNAMIQUE BWETE : ” N’ZEMBI BU BWÈ ”
    « NOUS AVONS NOUS MÊME BWITI DEPUIS 2016 REPRIS LE POUVOIR »
    Dimitri Mimongo, tu restes enfermé comme tous les autres gabonais, dans le médiocre modèle format de l’exercice du pouvoir inventé par la moribonde franc-maçonnerie. Jean PING est le ” Guide Président ” selon la tradition Bantou KAMITE BWETE. Jean PING a reçu la transmission du ” Pouvoir ” selon les us et coutumes de nos rituels Bantou KAMITE (PHARAON) dans tout le Gabon. Jean PING gère au quotidien le Pouvoir, selon les principes imposés par MUANGA (DIEU) pour ce millénaire, qu’Il a de nouveau dédié à l’Afrique et aux africains. Nous allons au fur et à mesure, nous y habituer. Pour les nostalgiques, l’investiture du pouvoir franc-maçon c’est fini. Fin. Terminer. LA FRANC-MAÇONNERIE EST MORTE. BWETE DÉCLARE QU’ELLE A ÉTÉ TOTALEMENT DÉTRUITE AVEC ALI BONGO PAR MUANGA N’KOMBÉ. BWETE. /
    ……………………………………………………………..
    PEUPLE D’IBOGA (GABONAIS), LES PLUS GRANDES BATAILLES VICTORIEUSES SONT CELLES QUE L’ON GAGNE PACIFIQUEMENT ET SANS VIOLENCE AUCUNE. LA MÉDIOCRE FRANC-MAÇONNERIE EST MORTE. C’EST FINI. FIN. TERMINER. BWETE. /
    En réaction à : Dimitri Mimongo
    *IBOGA EST DÉSORMAIS AUX COMMANDES*
    # LA RESTITUTION EST AMORCÉE #
    “GABON D’ABORD”

  7. nguema21 dit :

    le mensonge et la prestidigitation sont les armes utilisées par l’extravagant la-cruche est un mythomane ambulant qui ne va pas tarder à recevoir sa correction car ses ennemis tapis dans l’ombre attendent le bon moment pour le dévorer et les vautours et charognards sont déjà prêt à se régaler de ses restes…Moi à sa place je quitterai déjà le Gabon avant que cela n’arrive car il vous souviendra un Camerounais qui avait été brûlé vivant au à LBV lors des émeutes de 1993.Il brillait en arrogance envers les Gabonais et disait à qui voulait l’entendre que je cite “Je suis plus Gabonais que toi”.Mais ses amis se sont volatilisés au moment où il ne s’y attendait pas.Si je vous rappelle cette sombre histoire d’un genre dramatique c’est pour interpeller ceux-là qui voudraient l’imiter que la fin est toujours dramatique dans ce genre de situation.
    Des expressions du style je cite “Qui boude …Bouge” sont le chapelet de celui qui a une légitimité électorale car c’est le peuple qui élit et c’est aussi le peuple qui sanctionne or notre mythomane national n’a aucun mandat électif…Mais est plutôt un mendiant doublé d’une mythomanie grandement remarquable. “C’est un fou” avec des pétrodollars détournés dans l’administration publique et privée.A bon entendeur salut!

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