Hors de la toile, le fait n’a pas été relevé : se laissant aller sur la BBC, fin-août dernier, le ministre des Forêts a livré un aspect jusque-là jamais divulgué sur la santé d’Ali Bongo. N’a-t-il pas trahi le serment prêté en juin dernier devant le chef de l’Etat ?

© Gabonreview/Shutterstock

 

Interviewé le 29 août dernier sur la BBC, Lee White a indiqué que la santé d’Ali Bongo s’améliorait et qu’il travaille normalement. Seulement, le ministre de la Foret, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan Climat, a laissé entendre que le président gabonais avait perdu l’usage de l’anglais. Comme s’il tentait de se reprendre après le signe de quelqu’un en off, il a très vite rectifié, insinuant que l’anglais d’Ali Bongo n’était plus très au top. (Il le dit à la 17ème minute 33 secondes de cet enregistrement).

Le lapsus linguae de Lee White pourrait être un apport d’eau considérable au moulin de l’Appel à agir dont les membres demandent l’évaluation des capacités cognitives d’Ali Bongo. Conséquence sur la toile, nombreux s’interrogent : si Ali Bongo a perdu l’usage de l’anglais, quelles autres facultés a-t-il perdues ?

C’est à titre de ministre de la République que Lee White a pu approcher Ali Bongo durant sa convalescence. Le 13 juin 2019 à Libreville, il avait prêté serment devant le chef de l’Etat, jurant «de garder religieusement, même après la cessation de [ses] fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations classés secret d’Etat et dont [il aurait] eu connaissance dans l’exercice de celles-ci». Avant lui personne, aucun officiel, n’avait indiqué l’aphasie du président. Ce trouble du langage post-AVC a donc été l’objet d’un black-out et pourrait, de ce fait, être considéré comme un secret d’Etat. Si ce n’est pour ce type de cas, sur quels types de sujet Lee White a-t-il juré de tenir sa langue ?

La sortie de Lee White suscite en tout cas des interrogations. Croyait-il que l’interview ne serait pas écoutée au Gabon ? S’il parle ainsi à des journalistes, qu’est-ce qu’il ne raconte pas dans d’autres cercles ? Ne faudrait-il pas craindre quant à la confidentialité de certains dossiers techniques dont il a aujourd’hui la gestion ? Quelles autres informations livre-t-il aussi facilement ? Qu’en sera-t-il lorsqu’il sera sorti du gouvernement, tout le monde faisant long feu au ministère des Forêts, département ayant enregistré 10 ministres depuis l’accession au pouvoir d’Ali Bongo en 2009.

 
 

7 Commentaires

  1. Sousa dit :

    Je suis surpris que ce n’est qu’aujourd’hui que vous prenez connaissance de ce témoignage… mieux vaut tard que jamais.

    Il a été publié sur le site du Gabon Enervant depuis sa sortie.
    https://gabonenervant.blogspot.com/

    Avant d’en dire plus, j’aimerai faire remarquer que les intonations de voix peuvent en dire long sur une personne. Dans le cas de M. White son timbre de voix nous décrit un personnage précieux et imbu de lui-même. Il prend clairement son temps avant de répondre et son intonation est posée, ses réponses sont donc réfléchies, ciblées et calculées.

    Par ailleurs, son vocabulaire ainsi que ses arguments montrent une personne partisane et très liée à Ali Bongo.
    Jugez de vous-même :
    « Dans un système ou l’économie est de plus en plus équilibrée »
    « Je travaille pour un président très remarquable qui est un des hommes les plus intelligent que j’ai jamais rencontré »
    «Il est fier d’être membre de ce gouvernement »

    Quand demandé comment il se sentait être membre d’un gouvernement connu et reconnu pour être corrompu et détourné des centaines de millions de dollars… Il répond ;
    « ce sont de accusations politiques biaisées «

    Lorsque questionné dans le cas d’un conflit entre lui et Bongo, il répond se plaçant au-dessus du débat et de la question :
    « Qu’il aime penser de lui-même comme étant un homme intègre…….. Je me dois de l’être, mais on ne sait jamais où la vie peu nous emmener mais, si nous avions une différence d’opinion, nous en parlerons et…….. si c’est irréparable, en toute évidence je quitterai le gouvernement mais connaissant l’homme pour lequel je travaille, je ne vois pas cela arriver. ……………….. Je crois que je peux faire beaucoup de bien pour le pays, pour ses parcs et faune sauvage. »

    Cependant, pour moi le scandale de ce témoignage n’est pas vraiment l’extrait auquel vous faites référence, mais juste avant quand il nous parle du bienfait de l’huile de palme qui pourtant est mondialement reconnue comme étant la pire des plantations possible.

    Il nous raconte : « tout dépend de la gestion… où mettre ces plantations ?…. Sur des bonnes terres ou sur des savanes et des terres dégradées…. Nous les avons mises sur des terres dégradées….. »

    QUEL MENTEUR ………….. OLAM A DÉFORESTÉ DES FORETS DE CHOIX ……….. DONT LES ESSENCES COUPÉES ONT POURRIES AMONCELÉES SUR D’IMMENSES TAS DE BOIS.

    Conclusion, ce monsieur White est de la même trempe qu’un officier Nazi. Il ment effrontément prêt à défendre une dictature, des sociétés prêtes à tout déforester pour le profit dévastateur de l’environnement qui est l’huile de palme… tout cela car c’est Olam la société qui appartient à son patron.
    Dés qu’Ali partira, lui aussi disparaitra vite fait avec tous les milliards qu’il aura détourné car c’est le même qui nous a dit il y quelques jours que nous pouvons reprendre l’exploitation du Kevazingo…
    Je suis curieux de savoir ou sont partis les milliards des containers de Keva frauduleux du port d’Owendo….

    Je vous laisse vous faire votre propre opinion………..

    • gabonreviewadmin dit :

      Informer c’est choisir, dit-on dans notre métier. C’est maintenant que nous avons choisi d’en parler… sous l’angle du serment prêté par ce ministre ou de celui d’il « faut tourner 7 fois sa langue » avant de se prononcer sur certains sujets. On était bien au courant depuis le 29 août.

  2. Olive Mba dit :

    Un fan de la première vient poser un témoignage sous forme de réflexion.

    Votre média en ligne a pour moi été le premier et seul objectif et pertinent que celle Gabon ai eu depuis 20 ans. Votre ligne éditorial sourcé, factuelle et sans teinte de colportage en plus de la rigueur décrit en est à l’origine.

    Toute de même, j’observe une évolution qui ne fait pas écho à ce que je disait précédemment.
    Est-ce les coups, l’absence du pilier qui faisait partie de votre équipe ou une impression que votre travail n’avait pas de valeur. Quelque soit la raison, sachez que votre travail a toujours été de qualité et pour cela on peut vous remercier.

    Certain que vous reviendrez à ces valeurs si remarquables, je vous souhaite du courage

    • Yandi Béni x dit :

      Merci beaucoup cher Olive.

      Je pensais exactement la même chose depuis un certain temps.
      Et je veux aussi dire à notre cher journal:

      “Bon courage!
      On sait tous que c’est pas facile.
      La lutte se fait souvent à travers chutes et embûches. Mais tant qu’on se relève et qu’on continue, on finit par y arriver.

      Un petit clin d’œil sur le dernier live facebook de Laurence Ndong serait le bienvenu par exemple. En tout cas,quoiqu’il advienne, nous respecterons toujours vos choix.

      Sincères amitiés.

      Un autre lecteur adminiratif de la 1ere heure.”

  3. Milangmissi dit :

    Est ce que peut la vraie question ? Lee White est il un minable? A t’il les diplômes qu’il affiche ?

  4. maroga guy dit :

    Enfin…. mais enfin!
    Un président qui n’est plus capable de s’adresser (en direct/live) à son peuple est-il en pleine forme ?

    Gabonreview de manière subtile nous révèle, ici, une information CAPITALE qui devrait finir de convaincre les septiques (ceux qui pensait encore que Ali est en excellente forme).

    Le peuple qui a subit plusieurs traumatismes liés aux luttes de pouvoir (dont le plus grand reste le bombardement du QG de Jean Ping) assiste désormais apathique, à la guerre des clans (si Clans il y’a).

    La facilité avec laquelle l’AJEV a positionné les siens dans le gouvernement, l’Administration et même l’appareil sécuritaire laisse songeur. Qui peut faire le contrepoid à l’AJEV et à son chef???

    Le peuple… assiste !!!! Le “Gabonais”, figurant privilégié, comme en 1967,voit le film se dérouler.

    Chacun retient son souffle, l’issue est proche!!!! Mais le peuple risquera encore de trinquer pour longtemps.

  5. Sousa dit :

    @Yandi Béni x

    Oui le dernier enregistrement de madame Ndong est excellent et touche au but avec une précision d’un tireur d’élite. fut-il féminin. Bravo pour cette juste vision.

    @moranga

    Je suis convaincu que le pouvoir est bel est bien vacant et celui ou celle qui s’avancera le prendra avec aise.

    Je suis convaincu que mis à part quelques rares éléments incontrôlés, l’armée gabonaise ne tirera pas sur la foule pour sauver Brice Lacruche. L’armée souffre de ce vide comme nous tous, ils sont dans les quartiers avec nous et les soldats nous font part de leurs sentiments. Ils sont humains comme nous, ce sont nos frères, nos sœurs, nos cousins, neveux. Ils sont notre sang, notre famille.

    Ali en personne avait du faire appel aux mercenaires de son copain Kagamé du Rwanda pour faire son sale boulot d’assassin.

    Lacruche n’est pas Ali et Kagamé n’est pas son ami, ces personnes n’apparaitront
    pas de dernière un bananier pour Lacruche.

    Oui, il y a un petit cercle qui cherche a se maintenir comme le 1er sinistre et sont nullard Aniset Mboumbou Miakou et quelques autres. ils fuiront, ce sont des peureux.

    Il suffit que Ping voir même l’appel des 10, fasse une réunion politique publique, que la foule l’acclame et qu’ils fassent une descente du boulevard triomphal…. Alors des que le top de cette mayonnaise serait donnée…. 90% des personnes aptes à Libreville arriveraient de tout les cotés et une foule immense se joindrait pour destituer cette dictature.

    Nous parlons tous entre nous, trouvez moi les personnes prêtes à défendre ce pouvoir par le temps qui court. Même les PDGistes d’hier n’osent plus rien dire et à voix basse avouent leurs désarrois… Y compris les députés qui en privé vous disent qu’ils ne voient pas clair…

    C’est fini, la maison est vide… mais aura le courage de se lever ?

    Allez, nous sommes prêt à vous suivre… il y aurait-il un capitaine avec sa section (le 1er coup d’état était voué a l’échec car il leur manquait un officier. il faut traditionnellement au moins un capitaine pour que ça colle.)

    Allez trouvez nous un courageux pour mettre l’étincelle, même les petits de cocotiers peuvent le faire… commencez à vous rassembler dans votre quartier, vous verrez, la police sera aimable car ils n’ont pas de pouvoir légitime à défendre et ils le savent comme nous tous…

    Commençons car des réunions dans chaque quartier à midi chaque jour— la liaison des groupe sera vite faite en moins d’une semaine et puis naturellement viendra la marche vers le pouvoir qui se fera avec joie, calme et ferveur…

    Allons……. A nous de jouer, nous avons la balle au pied… Jouons!

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