Embarqué en 2010 dans l’ambitieux projet d’industrialisation de la filière bois, le Gabon bute sur une difficulté de taille : l’absence de main d’œuvre formée. Une préoccupation largement débattue les 24 et 25 octobre derniers à l’occasion l’atelier sur la refonte des programmes de formation à l’École nationale des eaux et forêts (Enef).

Transformation du bois à Libreville - © Arias Danger Aimée/gabonreview.com

Une réflexion ponctuée par une bonne nouvelle pour le Gabon, qui a été choisi par les experts canadiens du réseau des institutions de formation forestière et environnementale d’Afrique centrale (Riffaec) pour devenir le pôle d’excellence en matière de transformation du bois dans l’espace du bassin du Congo. Une décision qui va certainement permettre de mettre en selle les industries locales.

«La décision prise par le chef de l’État gabonais, Ali Bongo d’interdire l’exportation du bois en grumes est assez courageuse. Nous voulons donc soutenir le Gabon dans sa marche vers la création des industries locales de pointe en matière de transformation du bois», a déclaré Denis Durand, directeur général du Centre d’enseignement et de recherche en foresterie (Cerfo) du Canada.

Afin de faciliter la matérialisation de cette décision, le Riffaec participera sous peu à un projet d’amélioration des infrastructures de l’Enef et dotera cet établissement sous-régional d’équipements techniques adéquats pour les enseignements des sciences du bois. «Nous travaillons également avec les nationaux pour la mise en place de nouveaux programmes techniques et universitaires au sein de cet établissement», a précisé le DG du Cerfo.

«Les jeunes de la sous-région et les personnels d’entreprises localisées dans les pays du bassin du Congo viendront au Gabon pour suivre des formations en industrie du bois. Nous ne pourrons pas dupliquer des centres de formations. Ceux qui voudront se spécialiser en exploitation forestière et faune iront au Cameroun, qui va bénéficier également de l’appui du Riffaec pour bâtir une école de haut niveau dans ces deux domaines», a souligné pour sa part, Joseph Kingue, expert en transformation du bois et chercheur au Cerfo.

Les responsables du Riffeac souhaitent ainsi apporter un appui cognitif et technique aux États de la sous-région dans la mise en place de leurs stratégies de développement dans les secteurs d’industrie du bois et de la formation. «Nous souhaitons combler les attentes du Gabon dans ces domaines. La transformation locale du bois doit être optimisée. Ce qui va permettre la création de milliers d’emplois dans des métiers que nous comptons mettre en place», ont indiqué les experts du Riffeac.

Les formations dispensées actuellement à l’Enef ne cadrent pas avec les attentes des entreprises, donc ne peuvent pas permettre le décollage d’une véritable industrie forestière nationale. «La plupart des techniciens de haut niveau rencontrés dans les usines ne sont pas Gabonais», a regretté un expert canadien. Par ailleurs, l’industrialisation de la filière bois est également confrontée aux capacités inexistantes, insuffisantes ou mal gérées dans les structures industrielles.

 
GR
 

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