Profitant de la rencontre entre le gouvernement et les groupes parlementaires de la majorité au Sénat, Lucie Milébou Aubusson, présidente de l’institution, a attiré l’attention des membres du gouvernement sur les travers des groupes de la majorité dont ils sont issus, et particulièrement du Parti démocratique gabonais (PDG).

Lucie Milébou Aubusson et Julien Nkoghe Bekale. © Communication gouvernementale

 

Après le Conseil national de la démocratie, l’Assemblée nationale et le Conseil économique, social et environnemental, les sénateurs des groupes parlementaires de la majorité ont entendu les membres du gouvernement sur le dialogue social et les réformes gouvernementales en cours. Si le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, a indiqué dans son discours que personne d’autre mieux que les sénateurs «n’incarne les aspirations profondes de ces Gabonais de nos campagnes ou de nos centres urbains», la présidente du Sénat, Lucie Milébou Aubusson, a attiré l’attention de ses frères d’armes sur certains travers dont ils seraient à l’origine.

Sur un ton plutôt franc et direct, Lucie Milébou Aubusson a déploré le fait qu’au Gabon, les politiques ont «élevé la calomnie au rang des vertus, y compris au sein de notre parti [Ndlr. Parti démocratique gabonais (PDG)]». «Comment dans un climat de sempiternelle suspicion, nous pouvons apprendre à nouveau à nous faire confiance sans détruire ces énormes murs de séparation et de repli identitaire que nous-mêmes avons érigés, pour construire des ponts, pour nous entendre, nous comprendre et cheminer ensemble vers un Gabon émergent ?» a-t-elle questionné.

Inquiète du climat qui prévaut au sein de son parti, la sénatrice de Fougamou a tiré la sonnette d’alarme : «A ce qu’il semble, le plus grand prédateur du PDG, c’est le PDG lui-même. Le plus grand commun diviseur semble également venir de nos rangs, du PDG», a-t-elle dit notant tout aussi qu’«invectives, menaces, intimidations font le lit de la révolte». Révolte d’abord au sein du parti au pouvoir fragilisé par des égos démesurés, tout comme les associations et partis satellites qui gravitent au tour d’Ali Bongo, le Distingué camarade président du PDG.

C’est donc à juste titre que Lucie Milébou Aubusson a soumis un lot de questionnements. «Qu’avons-nous fait du Dialogue ? Qu’avons-nous fait de la Tolérance ? Qu’avons-nous fait de la culture de la Paix ? Toutes ces bonnes vertus léguées par le Grand camarade fondateur de notre parti [Ndlr – Omar Bongo] ?», s’est-elle interrogé avant d’appeler à l’unité. «Si nous désirons réellement aller loin, vers cette destination à laquelle nous invite le Distingué camarade Ali Bongo Ondimba, nous devons aller ensemble, en confiance, et non avec une diversité de clans et de porte-voix», croit-elle savoir.

Des propos qui, après ceux de Faustin Boukoubi, président de l’Assemblée nationale, lors du même exercice, amène plus d’un à s’interroger sur les 2R (revitalisation et régénération) prônés par le PDG.

 

 
 

6 Commentaires

  1. LE Gabon tout entier à besoin d’un esprit Patriotique, au delà des appartenances tribales, claniques ou associatives. Où chaque effort individuel est dirigé vers le désir de voir ce beau pays qui nous porte tous être :propre, paisible et reposant. Ce n’est que là, que chaqu’un pourra dépasser l’égoïsme (qui est une imperfection du coeur ) et faire de ce pays une vraie terre de salut social.

  2. medzomekoure dit :

    Au regard es sourires qu’ils affichent, tout va bien dans le pays. Ces gens travaillent pour eux-mêmes et non pour le gabon. M. JNB semble avoir la plus grosse bedaine de l’univers; le type est “tranquille” tant les soucis de la population ne sont pas sa tasse de lait quoi.

  3. Diogene dit :

    Il suffit de démissionner, de créer un mouvement de redressement national.
    Puis de mettre à la porte Omar et ses complices.
    Serions nous dans les années soixante-dix ?

  4. Mezzah dit :

    Merci Mihindou pour cette vision du vivre ensemble.

  5. messowomekewo dit :

    Un premier ministre ventripotent, tellement le type est repu…jusqu’à l’œsophage.

  6. Honoré Beka dit :

    Cher frère Mihindou, bonjour.
    A qui, ton post s’adresse t-il? Aux gabonais qui, de jour en jour maudissent leur pays? Ou bien à Lucie qui, pose avec le PM pour, se féliciter de la bonne marche du processus qui, les maintiendrait aux commandes ad vitam? Cher Mihindou, es tu sûr que, Lucie est la personne indiquée pour assurer l’intérim si la vacance du pouvoir était déclarée?

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