Pour éviter des incompréhensions entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, une rencontre a été organisée ce 10 mai à Akanda, au nord de Libreville. Faustin Boukoubi a invité ses frères d’armes à mettre de côté leurs «turpitudes» pour créer les conditions d’une gouvernance éclairée et performante. Car les «turpitudes» des membres de la majorité constituent la vraie menace du régime d’Ali Bongo.

Faustin Boukoubi prononçant son discours, le 10 mai. © SGG-Gabon

 

Gouvernement et groupes parlementaires de la majorité à l’Assemblée nationale se sont réunis ce 10 mai,  à Akanda, au nord de Libreville. L’objectif de cette rencontre est de tracer les balises d’une vision cohérente, pour éviter de nouvelles incompréhensions et des divergences d’idées entre le gouvernement conduit par Julien Nkoghe Bekale et les députés de la majorité amenés par Faustin Boukoubi, le président de l’Assemblée nationale. Des divergences, il y en a eu et l’épisode de la réforme des bourses n’en a que plus de pouvoir évocateur. Faustin Boukoubi semble s’en souvenir et son discours à l’ouverture des travaux en dit long.

Si le président de l’Assemblée nationale a indiqué que les députés comptent faire valoir leur position dans la prise des décisions gouvernementales, tout en sachant que la prise de ces décisions revient au gouvernement, il a tout de même dénoncé un état de fait au sein de la majorité qui pourrait bien affaiblir cette dernière. «Ce qui est susceptible de nous ébranler, ce sont nos propres turpitudes», a déclaré Faustin Boukoubi pour qui  ces turpides se caractérisent par «la condescendance, le nombrilisme, le démon de la division, le manque de patriotisme, voire l’absence de loyauté avérée envers le président de la République au point de ne pas vouloir mettre en œuvre sa politique».

Absence de loyauté avérée envers Ali Bongo

Faustin Boukoubi estime que l’opposition qui aurait pu inquiéter cette majorité, est elle-même «engluée dans ses propres contradictions» et ne fait «plus fantasmer les compatriotes de plus en plus lucides et matures». Faisant assurément allusion à Jean de Dieu Moukagni-Iwangou et Michel Menga qui, pour une bonne partie de l’opinion, sont «l’exemple parfait des contradictions de l’opposition gabonaise», ou à la galaxie Ping qui semble se désagréger un peu plus, il estime qu’elle «ne constitue plus une menace réelle pour le régime». Toutefois, l’étiolement de cette menace n’avantage nullement la majorité. En effet, son ostentatoire arrogance, surtout avec «l’effacement factuel» du président de la République, renforce les ficelles d’un nœud gordien, ce d’autant plus que des actes concrets pour le bien-être des populations se font rares.

Pour Faustin Boukoubi, les «turpitudes» des membres de la majorité constituent la vraie menace du régime d’Ali Bongo. Pour remettre les choses à l’endroit, il a invité ses frères d’armes à accorder un intérêt particulier aux priorités d’Ali Bongo. «Notre véritable adversaire devient le social», a-t-il déclaré, en faisant allusion à l’encombrement de la corbeille de la demande sociale (routes, voiries, eau, électricité, chômage, vie chère, logement) et contre lequel le gouvernement peine à trouver des réponses adéquates. «Nous devons déployer toute notre énergie, toutes nos intelligences» pour créer les conditions d’une gouvernance éclairée et performante.

Pour rassurer le gouvernement, Faustin Boukoubi a indiqué que les membres des bureaux de l’Assemblée nationale, des commissions permanentes et même ceux des commissions ad hoc, issus des groupes parlementaires de la majorité «sont parfaitement conscients de privilégier les conditions de leur bord politique, tout en sauvant les formes en vue de préserver l’image et surtout le caractère démocratique du régime au sein d’une opinion nationale et internationale de plus en plus critique». Toutefois, les députés espèrent «un minimum de considération à leur égard et à travers eux, leurs électeurs, donc le peuple gabonais».

 
 

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