Les élèves de la capitale économique ont emboîté le pas à leurs camarades de Libreville en organisant une marche pacifique le 24 mars 2015.

Les élèves battant le bitume à la hauteur du collège Raponda Walker. © Gabonreview/Louis Mbourou

Les élèves battant le bitume à la hauteur du collège Raponda Walker. © Gabonreview/Louis Mbourou

 

Le mouvement est parti du lycée technique Jean Fidèle Otando (LTJFO) lorsque les quelques enseignants qui dispensaient encore les cours ont décidé de tout arrêter, dans la matinée du 24 mars, avant de demander aux élèves de regagner leurs domiciles. Exaspérés par cette situation, ces derniers se sont rendus au lycée Joseph Ambourouet Avaro (LJAA), le plus grand lycée public de la ville où les cours sont gravement perturbés depuis plusieurs semaines suite à la grève des enseignants. Informées, les forces de l’ordre les y ont précédés et ont dissuadé le groupe d’élèves d’accéder dans l’enceinte de LJAA. Elles n’ont cependant pu empêcher les élèves de ce lycée de rejoindre le mouvement qui s’est ensuite ébranlé sur le boulevard Léon Mba en direction du siège de la Direction d’académie provinciale.

Le directeur d'académie provinciale s'adressant... aux élèves réclamant le retour des enseignants dans les salles de classe. Et, les forces de l'ordre dans l’encadrement de la manifestation qui s'est déroulée sans bavure. © Gabonreview/Louis Mbourou

Le directeur d’académie provinciale s’adressant… aux élèves réclamant le retour des enseignants dans les salles de classe. Et, les forces de l’ordre dans l’encadrement de la manifestation qui s’est déroulée sans bavure. © Gabonreview/Louis Mbourou

«Les enfants ont raison de marcher. Ce n’est pas normal qu’ils se déplacent tous les jours pour rien, ils ont bien envie d’apprendre. Nous, parents, devons les accompagner dans cette marche fort légitime», a lancé une employée du cabinet médical du groupe au passage de la foule d’élèves.

Une fois à la hauteur de l’école urbaine 1, les lycéens ont été acclamés par leurs cadets de l’école primaire, restés oisifs eux aussi depuis plusieurs semaines. «On veut l’école ! On veut l’école !», scandaient frénétiquement ces derniers. Le dispositif des forces de l’ordre qui avaient déjà pris position devant la Direction d’académie provinciale s’est contenté d’encadrer le mouvement. Informé de la présence des élèves devant ses bureaux, le directeur d’académie, Henri Boundzanga, est allé à leur rencontre. «Nous exigeons que nos profs reviennent dans les salles de classes et demandons au gouvernement de tout faire pour que tout rentre dans l’ordre rapidement. Il n’est pas question que nous perdions cette année», a lancé l’un des élèves.

Encadré par deux officiers supérieurs de la Police Nationale, Henri Boundzanga a échangé avec les élèves visiblement remontés. Il leur a demandé de rester calme et d’attendre les réponses du gouvernement à leurs doléances. «Votre voix de ce matin ne restera pas lettre morte. Je vais remonter vos doléances à la hiérarchie qui se bat déjà pour mettre en place un dispositif qui devra permettre le retour dans les salles de classe de tous les enseignants», a-t-il déclaré.

Les quelques élèves du lycée catholique Raponda Walker venus soutenir leurs camarades se sont plaints du comportement de leur proviseur qui, selon eux, a pris la décision d’exclure tous les élèves qui sont sortis de l’établissement pour prendre part à la manifestation. Henri Boundzanga a promis prendre langue avec le chef d’établissement du lycée Raponda Walker pour en savoir davantage avant de donner une suite à la requête des élèves. «A présent je vous demande de regagner vos établissements respectifs dans le calme et sans violences», a-t-il lancé, pour conclure, aux manifestants. Escortés par les forces de l’ordre jusqu’au carrefour Léon Mba, les élèves ayant pris part à la marche se sont dispersés dans le calme tenant ainsi la parole donnée au représentant du ministre de l’Education nationale. Mais ce dernier et sa hiérarchie tiendront-ils la leur en renvoyant incessamment les enseignants dans les salles de classes ?

 

 
 

1 Commentaire

  1. ya kiakia dit :

    Au moins à Pog, les militaires ont su sécuriser les enfants et pas le enfumer au lacrimo comme ceux de lbv qui oublient que ce sont de jeunes gabonais, l’avenir du pays.

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