Dans son édition du 1er avril, le journal L’Aube avait annoncé une interview exclusive de Maixent Accrombessi Nkani, peu après son éviction du cercle d’Ali Bongo. Parsemée de propos jugés peu amènes et discourtois, notamment sur son enrichissement «gargantuesque» assumé sans complexe, les morceaux choisis de cette interview prévue à la publication intégrale le 8 avril mettaient en relief la captation des richesses du pays par des communautés venues d’ailleurs. Ne se reconnaissant pas dans cette interview, Accrombessi a déposé une plainte, via son avocat, pour diffamation et exige des sanctions contre L’Aube. L’article en réalité est un poisson d’avril.

Maixent Accrombessi Nkani, tout nouveau roi coutumier au Bénin. © D.R.

 

Dans sa parution du 1er avril, le journal L’Aube annonce pour sa parution du 8 avril, une interview exclusive accordée à Maixent Accrombessi Nkani, ancien très proche collaborateur d’Ali Bongo. L’ancien tout-puissant directeur du cabinet d’Ali Bongo, faut-il le rappeler, été honni par une partie de l’opinion du fait, entre autres, de sa grande influence sur le chef de l’Etat, le contrôle des finances de la présidence de la République,  ses origines béninoises. Donnant le ton de l’interview à découvrir dans sa prochaine parution, L’Aube assure que Maixent Accrombessi Nkani s’est confié à lui en ces termes : «tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute. Je suis un mystificateur professionnel. À force d’imagination, j’ai pu dompter l’âme d’Ali Bongo». À tort ou à raison, Maixent Accrombessi Nkani a souvent été taxé d’avoir une emprise sur le chef de l’Etat gabonais et les propos rapportés par L’Aube, pour ceux qui l’ont lu, n’ont fait que confirmer cette domination ubuesque au sommet de l’Etat.

L’article de L’Aube a cependant suscité bien d’interrogations. Canular du journal qui a voulu respecter la tradition du poisson d’avril le 1er avril dernier ou vérité ? La parution du 8 avril devrait y répondre mais, déjà, dans le camp d’Accrombessi on n’a pas apprécié cette publication. Alors que dans le public tout le monde avait flairé bon le poisson d’avril du fait du caractère résolument invraisemblable de l’interview et surtout des réponses incroyables du concerné, le camp Accrombessi parle de «diffamation».

En effet, le 1er avril après avoir pris connaissance de la publication du journal, l’avocat d’Accrombessi, Grâce Kieley Houndy, a déposé une plainte contre L’Aube auprès de la Haute autorité de la communication (HAC). «Mon client n’a jamais accordé une interview à ce journal la veille de la parution de cet article de presse écrite comme il le prétend», indique la plainte de l’avocat pour qui, l’article jette le discrédit et porte atteinte à son honneur et à son intégrité. «Aux termes des dispositions de l’article 283 du Code pénal, toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou la considération de la personne à laquelle elle est imputée, est une diffamation», rappelle l’avocat qui veut que justice soit faite.

Pour Grâce Kieley Houndy, L’Aube énonce plusieurs affirmations provenant de son client qui ne sont qu’«un tissu de mensonges et ne reposent sur aucun fondement». «De la première à la dernière ligne, les soi-disant propos tenus discréditent son pays le Gabon et portent atteinte à sa considération», signale l’avocat pour qui, ces contre-vérités «ont été dites dans le but de lui nuire et d’attiser la haine de «ses frères et sœurs gabonais». Notamment, indique Grâce Kieley Houndy, «lorsque le journal prétend que : “Il était difficile de continuer à me mentir à moi-même longtemps. Mon pays, ma terre, mon cœur reste et restera le Bénin”». Mais aussi, lorsqu’Accrombessi aurait assuré, «le Gabon pour moi et pour les autres Béninois n’est qu’un paradis d’opportunités où nous venons nous enrichir». Pour tenter d’éteindre les braises allumées par ces citations qui ont fait le buzz sur les réseaux sociaux, Grâce Kieley Houndy demande à la HAC d’appliquer les sanctions prévues en la matière.

Quelle suite sera donc donnée à cette plainte lorsque, ce lundi, L’Aube indiquera qu’il ne s’agissait que d’un poisson d’avril, surtout que l’article incriminé s’inscrit dans le genre «politique fiction» et se rapproche des fameuses «interviews presqu’imaginaires» régulièrement publiées par un autre journal local.

 
 

3 Commentaires

  1. bassomba dit :

    L’Aube aurait du dès le lendemain faire comprendre aux lecteurs que cet article était un poisson d’avril, les auteurs doivent être poursuivis.

    • Maganga Octave dit :

      @Bassomba. On t’a dit que L’Aube est un quotidien ? C’est un hebdo… Il l’ont dit à leur suivante parution, comme de coutume…. A force d’idolâtrer Laccruche et Ali Bongo, vous finissez par leur ressembler et par dire n’importe quoi comme eux

  2. Plutonium 241 dit :

    Oui mais le parquet financier français depuis le temps qu’il est derrière lui c’est le poisson d Avril de quelle année au finish ??

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