Réagissant au communiqué du gouvernement sur l’«Appel à agir», le groupe des 10 initiateurs de cette démarche a exprimé son étonnement et sa déception face à la sortie du gouvernement qui serait, à ses yeux, révélatrice d’une panique traduisant l’incapacité d’Ali Bongo à gouverner.

L’avant-garde de l’opposition fustige une atteinte au droit, fondamental, à l’information. © Gabonreview

 

La jeune garde de l’opposition, également appelée groupe des 10, ayant demandé à agir pour l’application de l’article 13 de la Constitution gabonaise en déclarant la vacance du pouvoir, n’est pas restée indifférente à la sortie du gouvernement du 8 mars. Si le gouvernement s’en est pris à des leaders de partis politiques, responsables syndicaux et membres de la société civile, sans jamais citer ceux qu’il indexait, le groupe ayant formalisé l’«Appel à agir» s’est senti visé. Dans un communiqué de presse en réaction au communiqué du gouvernement, il dénonce le «style pamphlétaire» du gouvernement, qui n’honore nullement le pays.

Étonnée et déçue de la sortie du gouvernement, la jeune garde de l’opposition croit y déceler une «peur panique» révélatrice de ce que le Gabon traverse «une crise sans précédent» qui oblige, de fait, chacun «au dépassement et au sursaut patriotique». «Nos concitoyens sont en droit de s’interroger sur la capacité du gouvernement à se hisser au niveau des enjeux du moment», estime l’escouade de l’opposition pour qui Ali Bongo est incapable d’assumer les devoirs de la charge de président de la République. Aussi, le groupe pense-t-il que la déclaration de la vacance du pouvoir «ne sera que la régularisation d’une situation de fait dans laquelle le Gabon est  plongé depuis plusieurs mois (…) Ne pas le reconnaitre, c’est s’enfermer dans le déni».

Alors que le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, a mis en garde «les compatriotes qui continuent à évoquer l’éventualité d’une vacance du pouvoir», l’avant-garde de l’opposition fustige, elle, une atteinte à un droit fondamental : le droit à l’information. Pour ainsi dire, elle ne croit pas aux informations distillées par le gouvernement sur l’état de santé d’Ali Bongo. Pour les 10, les informations officielles à ce sujet sont «lacunaires, évasives et inconstantes». La seule vérité serait la déclaration de son incapacité à gouverner, d’où les «demandes incessantes et logiques pour la constatation de la vacance de la Présidence de la République», explique le groupe.

Le 4 mars 2019, le quarteron de jeunes opposants a adressé au Premier ministre une demande d’audience pour lui présenter «le bien-fondé» de l’«Appel à agir» et lui «rappeler la nécessité de sortir par le haut de cette crise qui compromet gravement la stabilité de notre pays». Le groupe espère que la demande reçoive un écho favorable et que le gouvernement fasse fi des «menaces de poursuites judiciaires» qui, selon lui, sont «révélatrices d’une pratique politique fondée sur l’instrumentation de la justice par l’exécutif».

 
 

8 Commentaires

  1. Dans la situation que travers le pays, la sagesse recommande de se parler. Le dialogue est un moyen efficace pour anticiper et taire toutes les diversions et distractions néfastes au “vivre ensemble”. Le Gabon a trop souffert de l’arrogance et de la surdité de ses enfants; il est temps de discuter pour l’INTERET GENERAL. Un pays d’a peine 1.8 d’habitants et aussi riche ne devrait pas subir cette pauvreté.

    • Fayo dit :

      La discussion avec des bandits qui n’ont aucun bon sens ne nous a jamais permis d’aller de l’avant mais de tourner en rond pour souvent retomber dans le pire? Où sont les acquis de 1990?

      • Paul Bismuth dit :

        La discussion “entre” bandits, vouliez-vous dire. Car pour que les acquis de 90 soient autant ignorés, il aurait fallu que la jusice et l’intégrité soient absentes de l’esprit de toutes les parties. La conférence de 90 fut un moment de grand de partage… de l’argent public entre barons et leaders politiques du pays ; le peuple, lui, fut réduit à la portion congrue. C’est d’ailleurs la raison première pour laquelle les élections politiques mobilisent aussi peu de citoyens ; il n’y a plus de confiance entre les populations et les élites politiques.

        • Fayo dit :

          Je ne crois pas qu’il n’y a eu que des bandits. Je pense qu’il faut beaucoup de respect pour ceux qui ont combattu ce régime jusqu’à subir dans leur chair. Faillir dans un combat, ou perdre une bataille ne veut pas dire qu’on ne s’est pas battu avec sincérité. L’une des faiblesses de ceux qui combattent ce régime c’est cette facilité à juger et à mépriser les efforts d’autrui.Je crois que même ceux qui ont trahi leur convictions ont donné ce qu’ils pouvaient. A chacun de jouer sa partition.

          • Paul Bismuth dit :

            Je ne fais que constater. Et l’histoire me donne difficilement tort. Vous savez, dans la Bible il est dit que viendront de faux prophètes: la vie politique gabonaise en a vu défiler en nombre. Père Paul Mba Abessole et d’autres ont commis une felonie sans nom à l’égard de leurs concitoyens en soutenant le régime Bongo (après l’avoir longtemps décrié). Ceci dit je concède qu’il y eut quelques vrais patriotes. Et dans cette catégorie noble je mettrais par exemple Pierre Mamboundou. Mais je n’y mettrais clairement pas tous ces hommes qui, naguère barons du pdg, se complaisent à jouer au père la vertu dans l’opposition. En clair je ne suis point du genre à rendre même hommage au masque qu’au visage. Et je vous exhorte à en faire autant.

          • Paul Bismuth dit :

            Perdre une bataille est une chose, rejoindre les rangs de l’ennemi après avoir envoyé des citoyens épris de démocratie et de justice sociale se faire tuer en est une autre. Ceux qui ont rejoint ou soutenu le pdg après la conférence de 90 ne l’ont pas fait par entrisme, mais pour profiter indûment et impunément des richesse du pays. Pour beaucoup ils y sont parvenus. Et aujourd’hui ils reviennent vers nous, tel le fils prodigue, mais pour réclamer notre support uniquement. Si regret ils ont exprimé, moi je n’y ai vu que de la componction. Il est vrai que Paul aimait persécuter les disciples de Jésus avant de devenir lui-même un des leurs… Mais c’était un gars très singulier :).

  2. FINE BOUCHE dit :

    D’accord avec cette lecture, mais chers compatriotes faites attention car aux prochaines élections présidentielles ces messieurs et dames seront les prochains canditats tous désunis pour le malheur du peuple. Entre ceux qui ont courus aux législatives ceux qui ont laché l’Unique candidat de l’opposition que va-t-il advenir du peuple gabonais ?

    • Paul Bismuth dit :

      Ils sont incapables de se mettre d’accord sur des actions communes parce que, au fond, leurs intérêts sont divergents et, je puis vous le garantir, n’ont rien à voir avec ceux du bas peuple. Bref, nous avons vraiment l’opposition la plus bête et la plus malhonnête qui soit.

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