Utilisée par 155 millions de personnes, la monnaie de la Communauté financière d’Afrique (CFA) est liée à l’euro par une parité fixe. Pour garantir cette parité, les Etats africains doivent déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor français.  

© Gabonreview/Shutterstock

© Gabonreview/Shutterstock

 

Créé officiellement le 26 décembre 1945, le franc CFA est aujourd’hui la dernière monnaie coloniale encore valable. Quinze pays africains l’utilisent toujours et sont tenus de verser 50 % de leurs recettes d’exportation à la Banque de France. Or, les avoirs en «comptes d’opération» sont rémunérés au taux de la facilité marginale de la Banque centrale européenne (BCE) qui est de -0,25%, tandis que les États africains empruntent au taux exorbitant de 6,5%. Ce lien fort avec l’euro est considéré par beaucoup comme un gage de stabilité.

Le Franc CFA, la France à fric. © reseauinternational.net

Franc CFA, France à fric. © reseauinternational.net

En 2015, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) ont été contraintes de confier au Trésor français 50% de leurs réserves, soit 6 700 milliards de francs, et n’ont reçu que 45 milliards en intérêts, soit 0,70% de rendement.

Cette manne offerte à l’Etat français, en contrepartie de sa garantie, se répartit comme suit : au niveau des économies des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), 3 405 milliards de francs à fin 2015, contre 3 097 milliards en 2014, soit l’équivalent de près de la moitié du PIB du Sénégal. Pour ce financement du Trésor français, la banque centrale ouest-africaine n’a reçu qu’un maigre pécule de 23,56 milliards d’intérêts en 2015, un rendement calculé de 0,72% pour un crédit moyen de 3 251 milliards accordé la BCEAO.

Du côté des États d’Afrique centrale, les états de synthèse affichent 3 281 milliards à fin 2015 au titre des dépôts de la BEAC dans le compte d’opération en France, contre 3 702 milliards de francs à fin 2014, soit une moyenne de 3491,5. En compensation, quelques 21,2 milliards de francs d’intérêts ont été payés par le Trésor public français. Là également le taux de rendement moyen n’est que 0,60%.

Selon certains économistes, ce système monétaire permet d’affirmer que la France reçoit un financement gratuit de la part des pays africains qui, eux, l’acceptent sans rechigner. Il en va ainsi depuis 1945.

 

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW