Les 10 prisonniers liés ou soupçonnés d’être liés à la tentative de soulèvement du 7 janvier 2019 sont aujourd’hui depuis exactement neuf mois sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. Dans l’attente de leur jugement, les détenus ont vu leurs conditions de détention s’améliorer depuis la fin de leur isolement, mais font encore l’objet d’un traitement particulier.

Les quatre mutins présentés à la presse par le procureur de la République. © L’Union/F.M. Mombo

 

Depuis leur entrée à la prison de Libreville, un mois exactement après l’appel manqué à la révolte populaire du 7 janvier 2019, les dix prisonniers en lien, ou soupçonnés d’être en lien, avec la tentative ratée de “sursaut national” n’ont pas été jugés.

La demande de liberté provisoire, déposée fin mai pour le civil Ballack Obame, soupçonné de “complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat”, n’a pas donné suite.

Selon les informations obtenues par Gabon Review, le chef du commando, Kelly Ondo, affirme avoir agi avec quelques hommes de la Garde républicaine sans commandement externe, mais par simples opinions personnelles. Les quelques gendarmes ainsi que Ballack Obame, aux arrêts, n’auraient pas de lien avec l’organisation de ce coup manqué, selon les commanditaires de l’action de janvier.

Traitement particulier

Après être restés dans trois annexes exiguës de la prison, sans possibilités de visites, où ils ont été privés de lumière, recevaient peu de quoi boire et manger, les 10 détenus sont finalement sortis de leur isolement le 21 juillet.

Leurs conditions de détention se sont nettement améliorées depuis fin juillet et ils peuvent recevoir des visites familiales, explique un proche contacté par Gabon Review.

Cependant, “ils sont privés de l’accès à la cabine téléphonique de la prison pour émettre des appels comme tous les prisonniers. Le commanditaire du soulèvement, Kelly Ondo Obiang, ainsi que le seul civil du groupe, Ballack Obame, n’ont pas encore le droit de prendre part au culte de l’église de la prison”, indique ce même proche.

Des proches se plaignent également de la non délivrance d’un permis hebdomadaire ou permanent pour les visites, leur permis de visite de 500 FCFA ne leur étant accordé qu’à chaque fois qu’ils veulent se rendre à la prison.

Une affaire passée sous silence

D’autres proches regrettent que l’affaire soit tue dans le débat public: “les autorités de ce pays ne veulent même pas parler de cette affaire qui est certainement “gênante” en haut lieu”, estime le frère d’un militaire de la Garde républicaine enfermé.

Ce même proche invite la justice à ce que celle-ci “bouge”, afin de mettre “toute la lumière sur cette affaire; qu’elle nous dise ce que la plupart de Gabonais connaissent déjà, c’est à dire, la vraie version, toute la version”.

Les neuf militaires membres de la Garde républicaine (GR) et de la gendarmerie sont le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, l’Adjudant Dimitri Wilfried Nze Minko, l’Adjudant Estimé Bidima Manongo, le Sergent-chef Alain Abdel Ango, l’Adjudant Paul Sadibi Ibinga, le Maréchale de logis-chef major Armelle Ulrich Afana Ango, le Maréchal de logis-chef Bell Mfoumbi Wora, le Maréchal de logis-chef Guy Roger Mintsa et le Maréchal de logis-chef Gille Yoka. Ils sont accompagnés du civil, Ballack Obame.

 
 

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