Par décret du président de la République lu tard dans la nuit du 11 au 12 janvier 2019, Julien Nkoghe Bekalé a été nommé Premier ministre. Il marque le retour de la Primature à l’Estuaire et remplace Emmanuel Issoze Ngondet, nommé médiateur de la République gabonaise à la surprise générale.

Jean-Yves Teal, secrétaire général de la présidence de la République, donnant lecture des décrets pris par Ali Bongo, le 12 janvier 2019 à Libreville. © Communication présidentielle/François Zima

 

Julien NKoghe Bekale, tout nouveau Premier ministre. © Communication présidentielle/François Zima

Tard dans la nuit du 11 au 12 janvier, alors que l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale s’achevait au palais Léon-Mba, siège de ladite institution, le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Yves Teal, invoquant un décret pris par Ali Bongo, a annoncé la nomination de Julien Nkoghe Bekale au poste de Premier ministre, chef du gouvernement. Dans la foulée, un second décret a nommé Emmanuel Issoze Ngondet au poste de médiateur de la République. Ce scénario «inimaginable» vient mettre un terme à toutes les spéculations concernant la démarche d’Issoze Ngondet pour le dépôt de sa lettre démission autant que sur le nouveau visage du locataire de la Primature. De même, il pourrait ouvrir un autre débat : Issoze Ngondet, député, ne peut être nommé qu’au gouvernement ou à l’Assemblée nationale.

Depuis la proclamation des législatives par la Cour constitutionnelle, le gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet III avait «cessé d’exister». Avec l’élection du président de l’Assemblée nationale et de son bureau, ce 11 janvier, qui en a définitivement sonné le glas, d’aucuns s’interrogeaient sur la démarche que devait suivre Emmanuel Issoze Ngondet pour le dépôt de sa lettre de démission au président de la République, Ali Bongo, toujours en convalescence à Rabat. Pour trancher, Eric Dodo Bouguendza avait de fait, sur les antennes de RFI, assuré qu’Issoze ngondet déposera bel et bien sa démission à Ali Bongo Ondimba, conformément aux us de la République gabonaise. Le secrétaire général du Parti démocratique gabonais n’en savait visiblement rien, puisque le dépôt de la lettre de démission n’a pas été effective.

Bref, après avoir été chef de trois gouvernements successifs depuis le 28 septembre 2016, Emmanuel Issoze Ngondet sort donc «par la petite porte» pour occuper désormais un poste «noble», constitutionnellement reconnu mais politiquement ignoré. Il y remplace Laure Olga Ngondjout qui, en 2018, se plaignait d’ailleurs du fait que la médiature de la République n’est pas valorisée. Diplomate de carrière, Issoze Ngondet devrait, s’il accepte d’y aller, donner du contenu à ce poste considéré par une partie de l’opinion comme «le bâtard du panorama institutionnel». Alors que le front sociopolitique est en ébullition, il devrait faire valoir ses talents de médiateur, conformément à l’article 3 de l’ordonnance n°23/PR/2010 du 10 août 2010 portant institution du médiateur de la République. Il reste que sa nomination à ce poste, fait sans précédent au Gabon où jamais Premier ministre n’y aura été débarqué, suscite quelques interrogations : cette fonction est-elle compatible à un mandat électif ? En effet Issoze Ngondet étant le député du 2e siège de la commune de Makokou, l’on se demande s’il faudra repartir à l’élection sur ce siège.

Après avoir, pour sa part, occupé différents postes ministériels, Julien Nkoghe Bekale est propulsé au rang de Premier ministre, chef du gouvernement. Il devient le 5e Premier ministre d’Ali Bongo depuis son accession à la magistrature suprême et marque, selon certains avis, le «retour de l’Estuaire dans la gestion de l’Etat et le respect de la coutume républicaine» : une géopolitique à la gabonaise instituant, dans l’informel et la subjectivité, l’attribution du poste Premier ministre à un ressortissant de l’Estuaire et particulièrement de la communauté culturelle fang, notamment du Komo Mondah. Un retour dans le passé qui suscite lui aussi quelques interrogations.

 
 

8 Commentaires

  1. Michel Bouka Rabenkogo dit :

    ” La Dynamique BWETE ”
    BWETE recommande au peuple souverain d’IBOGA (Gabon), de ne plus se laisser distraire par des gamins incultes égarés, perdus. Jean PING est le Guide Président d’IBOGA (Gabon). Jean PING assume quotidiennement sa responsabilité concédée par nous le peuple souverain d’IBOGA (Gabonais) depuis 2016, pacifiquement et sans violence aucune. Jean PING exerce sa responsabilité hors des termes et des principes de la logique, de la médiocre et moribonde franc-maçonnerie. Peuple d’IBOGA (Gabonais), un pouvoir saint, octroyé par les MIKOUKOU, N’GONDET et MUANGA (DIEU) ne s’exerce pas avec les outils criminels, sataniques et lucifériens de la médiocre et moribonde franc-maçonnerie qui ont prouvé leurs limites quand au respect de la vie et de la protection de la nature. La franc-maçonnerie est morte. C’est fini. Fin. Terminer. C’EST UN DECRET DE MUANGA (DIEU). TANT PIS POUR CELUI QUI NE L’A PAS ENCORE COMPRIS. Peuple d’IBOGA (Gabonais), les enjeux stratégiques et géostratégiques de ce millénaire que MUANGA (DIEU) a de nouveau dédié à l’Afrique et aux africains, depuis bientôt dix neuf (19) ans est exclusivement axé sur le principe de l’équilibre et du partage équitable. De la Liberté, du Respect et de l’Amour entre les peuples, les états et les nations. LA RESTITUTION EST AMORCÉE. IBOGA (GABON), L’AFRIQUE ET LE RESTE DU MONDE BRILLERONT DÉSORMAIS DE MILLE FEUX. BWETE. /

  2. saint clair auguste dit :

    article precis et concis bonne lecture de la sphere politique suite à cette actualité de l’heure chapeau à toi alix.

  3. vraiment je réalise que le GABON étant une terre bénite ; avec ce types de progrès politiques vraiment médiocre nous devons être fort en tout unies comme les anges afin de faire valoir et de faire avancer ensemble le développement de notre nations ,hors en ce temps nous sommes vraiment déçus de voir ce qui ce passe, ainsi nous devenons un honte pour les autres pays.

  4. Akoma Mba dit :

    On repart à la case départ indigène. Combien de langues étrangères parle ce nouveau truc soit- disant chef d’ un Gouvernement que fabriqueront d’autres, usurpateurs du mandat de tout un peuple?

  5. kololupemba dit :

    Nkogue Bekale , sa femme c est la parente directe d Ali. Donc il épouse une des leurs.Il pourra ainsi bien garder le secret

  6. Nkembo dit :

    Attendez les bons ministres quand Ping sera au pouvoir. Il nommera certainement Eyeghe Ndong et Ntoutoume qui ont été les meilleurs premiers ministres sous l’ère Bongo père.

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