Les nominations d’avant-hier sont révélatrices d’arrangements visant à masquer une certaine réalité, le jeu institutionnel n’ayant nullement gagné en clarté.

Les dernières nominations portent une marque différente de celle d’Ali Bongo. Tout semble s’être passé comme s’il n’avait plus aucune prise sur les choses. De nombreux marqueurs de sa gouvernance ont été bousculés. © PresidenceGabon

 

Acte manqué ou aveu implicite. A la lecture du communiqué final du Conseil des ministres du 26 du mois courant, les places fortes de l’administration ou du parapublic ont, pour la plupart, été attaquées. L’équilibre des forces s’en trouve totalement modifié. Mais, le jeu institutionnel n’a nullement gagné en clarté. Quand ils n’ont pas été remerciés, les proches et intimes d’Ali Bongo ont été mutés puis placés à des endroits symboliques (lire «Pluie de nominations»). Au-delà de la lutte des places, les nominations d’avant-hier sont révélatrices d’arrangements visant à masquer une certaine réalité. Comme les apparitions furtives d’Ali Bongo, comme les images diffusées çà et là, comme les décrets rendus publics depuis quelques temps, elles ravivent le débat sur ses capacités à assumer la charge de président de la République.

Marqueurs de sa gouvernance

Manifestement, ce jeu de chaises musicales met en évidence les préoccupations de ses promoteurs : la dissimulation de la réalité sur la santé d’Ali Bongo et la quête d’argent facile. La délocalisation du siège du pouvoir politique à Rabat poursuivait déjà les mêmes objectifs. Elle procédait d’une volonté d’agir à l’abri des regards indiscrets. Certes, Ali Bongo est temporairement installé au Maroc pour des raisons de santé. N’empêche, la maladie comme la convalescence relève d’abord de la vie privée. En conséquence, la présence à ses côtés de certains officiels procède de la manœuvre mystificatrice. Se prévalant d’une proximité géographique d’avec lui, ils assimilent leur volonté à la sienne. Au passage, ils en profitent pour régler des comptes et assouvir leurs rêves de puissance, quitte à usurper le pouvoir.

Même si certains s’en défendront, les dernières nominations portent une marque différente de celle d’Ali Bongo. Tout semble s’être passé comme s’il n’avait plus aucune prise sur les choses. Dans l’ordonnancement institutionnel comme dans la gestion des ressources humaines, de nombreux marqueurs de sa gouvernance ont été bousculés. La suppression concomitante du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent (BCPSGE) et du Fonds national d’aide sociale (FNAS) laisse songeur. Le président de la République aurait-il renoncé à son idée de faire piloter, suivre et évaluer les politiques publiques par un organe rattaché à son cabinet ? Lui, le chantre du développement durable et de l’«égalité des chances», aurait-il abandonné son idée de lutter contre la pauvreté à travers la promotion des activités génératrices de revenus (AGR) ? En tout cas, on est fondé à se demander s’il est toujours aux commandes de l’État. Surtout, au vu du sort réservé à sa garde rapprochée, sérieusement  malmenée. Si la plupart de ses proches ont été recasés, leurs nouvelles positions sont soit moins lucratives, soit moins prestigieuses, soit chargées de symboles.

Demande récurrente des forces sociales

Depuis l’accession d’Ali Bongo à la présidence de la République, certaines personnalités sont apparues comme des maillons essentiels de son dispositif. Au nombre de celles-ci, on compte Park Sang-chul, le «seul à pénétrer dans son bureau sans s’annoncer et à échapper à toute hiérarchie» ; Liban Soleman, un «homme de confiance tout-terrain» ; Aboubakar Minko-mi-Nseme, son «traducteur personnel en langue arabe» ; ou Steed Rey Assélé, son cousin germain. Ali Bongo a-t-il réellement demandé à son «ange gardien» de faire valoir ses droits à la retraite ? Est-ce envisageable au vu du statut particulier de ce dernier ? Pourquoi envoyer un «intime» et son «conseiller pour les affaires islamiques» respectivement en Arabie saoudite et au Maroc ? Au vu du rôle joué par ces deux puissances dans la gestion de ses ennuis de santé, eu égard aux profils de deux ambassadeurs, de nombreuses questions surviennent. Y aurait-il des choses à cacher ? Y aurait-il des secrets à protéger ?

Les décisions du dernier conseil des ministres sèment le doute dans les esprits. Sur la paternité des idées, les motivations de certains choix, les modalités de prise de décision ou le rôle d’Ali Bongo de nombreuses questions reviennent, lancinantes. Surtout au regard des profils de la majorité des promus, généralement membres actifs de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev) ou militants et sympathisants déclarés des nébuleuses dénommées Rassemblement pour la restauration des valeurs (RV) et Sociaux-démocrates gabonais (SDG). Or, si ces structures proclament leur soutien à Ali Bongo, elles ne sont pas dirigées par lui. Elles demeurent indépendantes et libres de s’affranchir de son autorité. N’en déplaise aux gogos de tout poil, les dernières nominations ont redonné de la pertinence à une demande récurrente des forces sociales : l’évaluation des réelles capacités physiques, intellectuelles et mentales d’Ali Bongo.

 
 

23 Commentaires

  1. Didier dit :

    Tous ces gens qui jouent cette pièce théâtrale ne le font que pour leur poche. Ils n’en ont que FOUTRE du peuple gabonais.

  2. Julien dit :

    Le désordre qui se passe actuellement au Gabon devrait même interpeller les PDGistes. BOA est MORT. Réveillez vous ! On vole, pillé votre pays chers gabonais. RÉVEILLEZ VOUS !!!

    Le Gabon était déjà entre les mains d’un étranger avec Ali Bongo, et maintenant c’est autour de Fargeon Laccruche. Et ne soyez pas surpris qu’un jour on vous impose de force encore un Bongo fils.

    REVEILLE TOI FILS/FILLE DU GABON, QUE TU SOIS PDGISTES OU D’UN AUTRE PARTI POLITIQUE. ON DILAPIDE TON PAYS. REVEILLE TOI GABON. FAIS-LE AU MOINS POUR TES ENFANTS STP…

  3. Mboung dit :

    “Tout semble s’être passé comme s’il n’avait plus aucune prise sur les choses.” Mais le pauvre diable de l’au delà est bien incapable d’organiser quoi que ce soit, ni son propre entourage ni 1 gouvernement encore moins 1 état. C’est un homoncule aux mains de malfrats patentés, qui craignent avec quelques raisons pour eux mm d’abord la révélation de la vérité, mais ce faisant remontent encore plus le ressort de la bombe à retardement que sera la révélation de la vérité…pitoyable

  4. Paul Mba dit :

    Merci Laurence Ndong pour ton discours à la Nation. Merci de tout coeur ! Un seul reproche à et à toute la résistance gabonaise de la diaspora. Vous n’êtes pas unis. Trop de dispersion donne une certaine force à l’ennemi que nous combattons. Montrez-vous UNI. Où est le fondateur du parti “Bongo doit Partir” ? Pourquoi fait-il cavalier seul. Ça ne marche plus ça. Soyons unis et nous chasse fond cette dictature pour toujours. PEUPLE GABONAIS, IL EST TEMPS DE PRENDRE TON DESTIN EN MAINS. TU PEUX ET TU DOIS LE FAIRE POUR LE BIEN DE TES ENFANTS…

  5. Roger dit :

    “LE SANG DES GABONAIS A TROP COULÉ SOUS LE RÈGNE DES BONGO” (Laurence Ndong). Trop c’est trop !!!

  6. Serge Makaya dit :

    Que nous soyons PDGistes ou d’un autre bord politique, le temps du sursaut patriotique est arrivé pour libérer le Gabon. Reveille-toi peuple gabonais !

  7. Isidore dit :

    On peut détester Jean Ping, mais ce n’est quand même pas lui qui a mis le pays à terre depuis maintenant 10 ans. Ali Bongo et son clan sont responsables du chaos qui règne au Gabon. Et ne pas le constater, c’est vouloir jouer à la politique de l’autruche. Cessons de faire semblant de ne pas voir. Le pays va extrêmement mal et Ali Bongo est bien MORT depuis octobre 2018.

  8. Cathy dit :

    Notre pays à besoin d’être libéré TOTALEMENT.Et pour cela, nous avons besoin de toutes les forces vives du pays, de tous les partis politiques, y compris le P D G. Soyez réalistes chers PDGistes, ouvrez les yeux, le pays va très mal, le pays est sous perfusion. Le pays crie à l’aide.

    Il faut faire cesser cette mascarade au plus vite pour le bien des générations futures. Ne faisons pas subir à nos enfants ce que nous avons eu à subir. SVP, elle est venue l’heure du sursaut PATRIOTIQUE… Que DIEU bénisse le Gabon !

  9. Julien dit :

    Jean Ping, je te fais encore confiance pour avoir tenu bon jusqu’à présent, pour n’avoir pas déçu le peuple en dialoguant avec l’ennemi, le bourreau, l’assassin, l’usurpateur. Mon seul reproche est que tu ne bouges pas assez, tu ne prend pas d’initiatives. Je sais que tu as peur pas pour toi, mais pour le peuple. Peur que ce régime tire à balles réelles sur tes partisans comme il a déjà fait au QG. D’accord, reste prudent.

    Une seule chose : si tu es porté à la tête du Gabon (ce que tu mérites, puisque tu as gagné les dernières élections présidentielles), termi tout simplement ton mandat (il te restera 4 ans et demi). Et mets nous en place des institutions FORTES avec ton équipe gouvernementale.

    NE T’ACCROCHE JAMAIS AU POUVOIR, MÊME SI LA FRANCE TE LE DEMANDERAIT. BREF, TON MANDAT CONSISTERAIT SURTOUT À LIBÉRER LE PAYS DU JOUG BONGOISTE DÉFINITIVEMENT. Si tu fais ça, tu sortiras par la GRANDE PORTE.

    • Julien dit :

      IL FAUT PLUTÔT LIRE CECI : “Jean Ping, je te fais encore confiance pour avoir tenu bon jusqu’à présent, pour n’avoir pas déçu le peuple en NE dialoguant PAS avec l’ennemi, le bourreau, l’assassin, l’usurpateur”. “NE” et “PAS”… Merci pour votre compréhension !

  10. Serge Makaya dit :

    “Asez Meyong”, il faut te SOIGNER. Je viens de visioner ta vidéo. Tu es gravement MALADE. Tu souffres de la maladie “ALI” = Augmentation de la Laideur Imperceptible. A Ntare Nzame !!!

  11. CHRISTINE Madeleine dit :

    “Asez Méyong”, tu as reçu combien pour faire cette VIDÉO ? Pitié !

    https://www.facebook.com/asez.meyong/videos/2114710631916798/

  12. Ndong Alexis dit :

    Quand je faisais mon catéchisme chez les missionnaires, on nous disait que dans la bible il est écrit que SATAN dès fois se transforme en ANGE de lumière pour nous tromper. C’est exactement ce qui se passe avec les Bongo et leur bande. Akié !!! Pauvre GABON…

  13. Cathy dit :

    Le nouveau SATAN du Gabon s’appelle Laccruche Fargeon. Vade retro Satanas !

  14. Paul Mba dit :

    Et si Laccruche Fargeon est soutenu par France ? Ce qui serait inacceptable pour le peuple gabonais. Mais j’ai un pressentiment que c’est le cas. Quelle humiliation nous subissons !!!

  15. recoula dit :

    Et si LACRUCHE était le sauveur? c’est-à-dire qui met fait au système BONGO?

    • Isidore dit :

      S’il était le sauveur, il se rangerait du côté du peuple et annoncerait depuis longtemps la MORT d’Ali Bongo et la vacance du pouvoir.NON, IL N’EST PAS UN SAUVEUR. Je suis désolé de vous décevoir.

      • Fille dit :

        Nous n’avons pas besoin de sauveur. Nous avons besoin de la liberté de mettre notre pays sur les rails de la démocratie et du développement. Que ceux nourris au lait du paternalisme et d’autres au lait de l’éternel esclave qui assimilent tout le monde à jésus sauf à lui-même passent leur chemin. Il y a un temps pour tout.

    • Fille dit :

      Le piège à peine pensé qu’il y en a qui tombe déjà dedans mains et pieds liés ! Pauvre Gabon ! Mais là, ne rêvez pas. Quelque soient les difficultés, le Gabon ne retournera pas à la phase colonisation, ni esclavage. Oui, oui, ce type est un gabonais comme les autres, mais il va servir ce pays autrement, point barre. Et contrairement à ce que l’on peut croire, même les pédégistes aiment leur pays. Ils ont juste les mains liées, mais pas pour très longtemps.

  16. Prisonniers politiques dit :

    Bonsoir !

    Je profite de l’inatention d’un gardien de prison pour faire passer ce message au peuple gabonais. Nous sommes plusieurs prisonniers politiques ici. Il paraît qu’Ali Bongo est mort. Alors, qu’est ce quon attend pour nous libérer de prison. Aidez-nous SVP. Je lance un SOS depuis le portable de ce gardien de prison. Merci à gabonreview de bien vouloir faire passer notre cri de détresse au peuple gabonais.

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