La nomination du fils aîné d’Ali Bongo ne peut être comprise comme le signe d’une volonté de redistribuer les rôles. Elle incite à s’interroger sur les réelles capacités du président de la République à assumer les devoirs de sa charge.

La nomination de Noureddin Bongo Valentin (au premier plan) apparaît comme une manœuvre visant à combler un vide tout en rendant illisible la situation actuelle. N’en déplaise aux zélateurs, le débat sur la vacance du pouvoir est toujours de saison. © D.R.

 

Tout le monde en convient : c’est une décision lourde de sens. A la faveur du dernier Conseil des ministres, le fils aîné d’Ali Bongo a été catapulté coordinateur général des Affaires présidentielles. A cette fonction, Noureddin Bongo Valentin sera chargé d’”(assister) le président de la République dans la conduite de toutes les affaires de l’Etat“. Il aura aussi pour mission de “(veiller) à la stricte application de ses décisions“. Au vu du contexte politico-institutionnel, cette nomination ne peut être comprise comme le signe d’une volonté de redistribuer les rôles. Elle incite à s’interroger sur les réelles capacités d’Ali Bongo à assumer les devoirs de sa charge. Autrement dit, elle remet le débat sur la vacance du pouvoir au goût du jour.

Capharnaüm indescriptible

Depuis février 2018, le collectif citoyen Appel à agir a fait de la vacance du pouvoir son cheval de bataille. Usant d’outils à sa portée, il a tout tenté pour parvenir à une expertise médicale. Malgré elles et en dépit de leur refus de donner suite à cette requête, les institutions ont pris part à ce débat depuis le début : à travers la très controversée décision n° 219/CC du 14 novembre 2018, la Cour constitutionnelle a créé la notion d’”indisponibilité temporaire” afin d’éviter l’application des dispositions relatives à l’empêchement définitif et à la vacance. Pour sa part, le cabinet présidentiel a adopté une communication destinée à montrer un “président de la République au travail“. Dans le même temps, on a assisté au chamboulement de l’appareil d’Etat : au gouvernement, dans la haute administration ou à la tête des entreprises publiques, des proches du directeur de cabinet d’alors ont été imposés. Tout se passait comme si Brice Laccruche-Alihanga détenait la réalité du pouvoir exécutif.

Toujours en cours, l’opération Scorpion a mis fin à cette situation surréaliste. Les uns après les autres, les proches de l’ancien directeur de cabinet sont passés du Capitole à la roche Tarpéienne. Synchroniquement et sans raison officielle aucune, de nombreuses personnalités sont revenues en grâce. Dans ce capharnaüm indescriptible, un énième gouvernement a été annoncé. Si une certaine opinion y a vu une reprise en main, une autre y a décelé un fonctionnement irrégulier des institutions. Chargeant Brice Laccruche-Alihanga de tous les péchés, les premiers décrivent un Ali Bongo définitivement aux manettes. Pointant d’incessants mouvements de personnels, les seconds dénoncent l’absence d’une autorité incontestée au sommet de l’Etat. A mots à peine couverts, ils s’interrogent sur la régularité des décisions prises depuis le 24 octobre 2018, suspectant même une falsification de documents.

Des moments de forte instabilité

De fait, le cas Lambert-Noël Mathas laisse songeur : nommé ministre de l’Intérieur au lendemain de la présidentielle d’août 2016, il fut rétrogradé au fantomatique ministère de la Décentralisation et de la cohésion des territoires le 10 juin 2019, avant d’être débarqué du gouvernement le 03 octobre 2019 puis d’être rappelé au… ministère de l’Intérieur le 02 décembre dernier, soit un mois à peine après son éviction. Le même constat vaut pour Sébastien Ntoutoume Békalé, rappelé à la tête de la principale chaîne de l’audiovisuel public deux mois après son éviction. Un président de la République peut-il s’adonner à un tel jeu de yo-yo avec un ministère régalien comme l’Intérieur ? Peut-il, avec autant de facilité, reconsidérer ses propres décisions en si peu de temps ? Sauf à l’accuser de mettre en péril son autorité, on peut difficilement le soutenir. Du coup, la nomination de Noureddin Bongo Valentin apparaît comme une manœuvre visant à combler un vide tout en rendant illisible la situation actuelle.

De toute évidence, l’appareil d’Etat vit des moments de forte instabilité. Sur la cession des titres fonciers de l’Etat à la Caisse des dépôts et de consignation (CDC) ou le paiement en nature de la Redevance minière proportionnelle (RMP), le gouvernement a rétropédalé, laissant le sentiment d’avoir initialement endossé des décisions prises ailleurs. D’où les incertitudes sur l’identité du véritable donneur d’ordres. Des esprits retors, ont-ils profité de l’état de santé d’Ali Bongo pour imposer leurs vues à l’ensemble des institutions ? Eu égard à l’étendue du champ d’intervention de Noureddin Bongo Valentin, on peut le penser. N’en déplaise aux zélateurs, le débat sur la vacance du pouvoir est toujours de saison.

 
 

17 Commentaires

  1. Ndong Alexis dit :

    Il n’y a qu’une révolution du peuple gabonais pour mettre un terme à cette mascarade qui n’a que trop durée. Encore faut-il que les gabonais acceptent de ne pas se laisser acheter par ses voyous qui ont le soutien du Maroc.

  2. Ossouka dit :

    Si “ce président” peut tenir un conseil de ministres, c’est qu’il est bien portant ? Alors, pourquoi il REFUSE une audience avec quelques personnes de l’opposition. Votre Ali Bongo est bien mort. Le Maroc (son roi surtout) à peur de perdre les avantages qu’il possède au Gabon). Notre pays est entre les mains de voyous. Je vous jure que ce pays ne va se libérer que par une révolution du peuple gabonais. Sans cette vraie révolution, nous resterons des esclaves des Bongo, du Maroc et de la France.

  3. Ernest dit :

    Dans ce cas, nous allons maintenant passer au plan B. Nous n’avons plus d’autres choix pour libérer le pays que ce plan B.

  4. Yvon dit :

    N’est ce pas se moquer d’un peuple que de se dire qu’il ne peut pas se passer dune famille comme celle la ? Que faut-il encore dire pour prouver que le MAL du Gabon s’appelle Bongo ?

  5. Laurent dit :

    On pourrait dire sur ce qui se passe dans votre pays que c’est le scénario de l’horreur. Et si vous, gabonais, ne faites rien pour éviter ce scénario macabre, eh bien vous aurez cette famille Bongo pour toujours. Autant faire de votre pays un royaume. Si ce n’est pas déjà fait par le roi du Maroc.

    NB: une chose manque énormément à l’opposition et à la diaspora (ou résistance) gabonaise: vous manquez énormément d’unité. En étant divisées, vous ne réussirez jamais à combattre les Bongo qui ont le soutien indéfectible du Maroc et de la France. Croyez moi.

  6. Julien N'goua dit :

    La photo de l’horreur et du stress permanent des gabonais. Seigneur, jusqu’à quand cette souffrance de tout un peuple ?

  7. Nkoghe Paul dit :

    Au fond, notre pays est bien une monarchie qui ne se dit pas, mais qui se vit depuis l’arrivé des Bongo, avec bien sur le soutien de la France, Et maintenant du Maroc. Pour ces gens (les Bongo, le roi du Maroc et les français), nous ne vallons pas grand chose, nous ne méritons que d’être leurs esclaves.

  8. Paul Mba dit :

    Pitié “gabonreview”, épargnez-nous de telle photo svp. Elles sont insupportables et dont aussi une insulte au peuple miséreux gabonais que nous sommes depuis l’arrivé de cette “famille” aux commandes du Gabon avec le soutien du Quai d’Orsay.

    Encore que beaucoup d’entre eux n’ont plus rien de gabonais d’origine (Ali Bongo n’est pas gabonais, ni les enfants adoptés de Sylvia Bongo)…

  9. François Tellier dit :

    Ce qui se passe au Gabon s’appelle de la manipulation des masses. La France et le Maroc sont les premiers manipulateurs. Les Bongo suivent tout simplement.

    Un responsable d’un pays souverain (en l’occurrence le roi du Maroc) ne peut pas débarquer dans un autre pays en catimini. Il était récemment au Gabon. Ne vous faites pas avoir pour 50 ans encore. Je n’en dirai pas plus.

  10. Akoma Mba dit :

    Ne vous en faites pas. Si ce Bongo prend le pouvoir, il souffrira pire qu’une crise cardiaque comme son père! Qu’il ose! Parole d’Akoma Mba!

  11. Sophie dit :

    Ecxusez-moi de le faire savoir ici: avec l’esclavagisme qui se poursuit au Gabon avec cette famille sortie tout droit de l’enfer, je renonce définitivement à ma nationalité gabonaise. Je garde uniquement la nationalité du pays où je me trouve actuellement.

  12. Ami du Gabon dit :

    Frère Gabonais qu’attendez vous pour vous lever et sauver votre pays.jadis pays des grands hommes.

  13. JAMES DE MAKOKOU dit :

    POUR MOI, CE TYPE EST HORS D’USAGE ET UN VERITABLE FANTOME..MAIS JE NE SAIS PAS COMMENT FAIT-ON POUR SUPPORTER CETTE SITUATION,

    LE FILS GENETIQUE EXTRA CONJUGUAL DU ROI DU MAROC ET ADOPTER PAR VALENTIN BONGO QUI DEVIENT UN PRESIDENT BIS DANS MON PAYS EST UNE HONTE INSURMONTABLE

  14. Nicole dit :

    Coordinateur général des affaires d’Ali Baba. Euh !? Non, des affaires d’Ali Bongo, le plus grand malfaiteur au Gabon.

  15. Irène dit :

    C’est une insulte au pleuple gabonais que de croire qu’il n’y personne d’autre au Gabon (comme vrai gabonais) pour diriger ce pays que cette pourriture de famille Bongo.

    Même un fils de Léon Mba aurait mieux géré le Gabon qu’Omar Bongo ou Ali Bongo. Alors, SVP, ne venez pas nous amuser avec vos bêtises de Nourredine.

  16. Lavue dit :

    L’analyse de Gabonreview est de haute facture. La question est celle de savoir comment les Gabonais qui sont loin d’être dupes peuvent mettre fin à ce feuilleton à plusieurs épisodes d’ALI BONGO à ? Il apparaît clair aujourd’hui que l’homme politique Gabonais a vendu son âme à cause de l’argent facile. Le problème ce n’est pas que la famille BONGO. Ce sont les soit-disant responsables politiques. Ils ne sont attirés et intéressés que par une chose: les avantages du pouvoir, le profit de l’argent facile et l’enrichissement à travers le raccourci qu’est la politique. Le bien-être du peuple ils n’en ont que foutre. Tout le monde savait en 2009 qu’ALI n’avait pas le niveau pour la haute fonction, que c’était un cancre gâté, mais certains grands dignitaires du PDG comme JACKY MILLE ENCYCLOPÉDIES n’avaient pas hésité à le soutenir de toute leur personne. Avec en arrière-pensée le projet de pérenniser le système et continuer à en profiter. ALI et son camp l’ont si bien compris qu’ils peuvent tout se permettre, ils savent bien qu’il n’ y a plus d’hommes politiques de valeur en face; on peut tous les “acheter”. Regardez les honneurs que certains hommes politiques ont rendu à BLA durant sa campagne républicaine. Aujourd’hui je ne sais pas s’ils peuvent se regarder dans un miroir. Le mal du Gabon c’est probablement la famille BONGO, mais la classe politique, sans hommes d’envergure (comme MAMBOUNDOU en son temps) favorise sans aucun doute tous les comportements et agissements déviants que nous voyons aujourd’hui. Hier une très grande partie des hommes politiques Gabonais, notamment les PDGistes s’agenouillait devant Accrombessi ( sauf M. NDONG SIMA, un vrai patriote), on a vécu la même chose avec BLA et je n’ai aucun doute demain que NOURREDIN le Marocain adoptif ne fasse ramper nus plusieurs d’entre eux. Donc le Gabonais doivent comprendre qu’en politique on adapte sa stratégie en fonction du ressenti qu’ion a de l’entourage. Le Camp ALI a des “rigolos”, des affamés autour ou en face, alors elle agi en conséquence. Si on pense que seuls les BONGO doivent changer c’est une erreur. L’homme politique Gabonais doit essayer de s’affranchir des petits avantages éphémères et penser à l’avenir du pays, à leurs enfants et petits-enfants qui vivront encore plus mal malgré l’important parc automobile ou les nombreuses villas qu’on leur aura laissé. C’est pas ça la richesse qu’on lègue à une génération. Ce n’est que comme que les choses pourront bouger.

    Pour une solution durable, il est important de considérer tous les paramètres du problème.

  17. nguema21 dit :

    Bonjour à tous,
    lorsque le quartier vient prendre la parole dans le débat public pour y proposer des solutions novatrices,cela veut dire une chose qui est claire…l’Etat a foutu le camp!
    En effet,il ne suffit pas de porter un nom dans un pays organisé,il faut avoir une étoffe construite sur l’engagement politique ou associatif…et çà,nos amis ne l’on pas du tout!
    Je mettrais ma main au feu pour que on me présente une seule émission télévisée où l’on a vu ces pantins.
    C’est une propagande à 2 balles ,de la prestidigitation pour mettre en valeur un foin!
    Les émotions du mère qui prend la République et la Démocratie pour les nouveaux jouets de son fils en remplacement de la Play station ou de la Gamme boy.

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