La mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) au Gabon reste furtive. La Cour des comptes a appelé, le 28 février, à la mobilisation urgente des ressources nécessaires à cette exigence ainsi qu’à la participation de toutes les parties prenantes à ce processus.

Clôture de l’atelier de consolidation des conclusions provisoires de l’audit de performance coopératif relatif à la mise en œuvre de l’agenda 2030 des Nations unies au Gabon. © Gabonreview

 

Libreville tiendra-t-elle la cordée dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) ? La Cour de compte s’est penchée sur la question à l’occasion d’un atelier achevé le 28 février à Libreville. Les travaux de l’atelier étaient consacrés à l’audit de performance coopératif relatif à la mise en œuvre de l’agenda 2030 des Nations unies au Gabon,

Selon le président de la Cour des comptes, Gilbert Ngoulakia, les magistrats ont procédé à une analyse sans complaisance des problématiques liées à la mise en place des ODD. Il s’agit pour l’essentiel de l’adaptation de l’Agenda 2030 au contexte national, la sécurisation des ressources, ainsi que l’établissement d’un mécanisme de surveillance.

Sur le premier point, l’adaptation de l’Agenda 2030 au contexte national est effectivement mise en œuvre, à travers son alignement au plan de relance économique et aux différents plans sectoriels. Toutefois, certaines parties manquent à l’appel, notamment les collectivités locales ou les peuples autochtones.

Sur la problématique relative à l’identification, à la sécurisation des ressources et aux capacités nécessaires à la mise en œuvre de l’Agenda 2030, les magistrats ont relevé la non-prévision des ressources. Cela se justifie  notamment par l’existence purement théorique du comité chargé de la coordination des ODD. Ils recommandent que cet organe devienne opérationnel et que toutes ses parties prenantes soient représentées dans la sphère décisionnelle.

Sur la problématique liée à l’établissement d’un mécanisme de surveillance, de suivi, d’examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030, les participants ont constaté l’existence des organes d’élaboration illustrés par la direction générale de la Prospective et celle de la Statistique, préconisant le renforcement de ces structures en termes de capacités humaines, techniques et financières.

«En effet, après avoir répertorié les atouts, les forces et faiblesses du système existant, votre diagnostic a conclu à la nécessaire émergence d’une approche nouvelle plus dynamique, plus inclusive et surtout mieux adaptée au contexte actuel sur les plans politique, économique, technologique, social et culturel», a souligné le premier président de la Cour des comptes, Gilbert Ngoulakia, indiquant que les conclusions de ces travaux ne vont pas servir uniquement au Gabon, mais également aux États dont les institutions supérieures de contrôle des finances publiques membres de l’Afrosai et de l’Intosai.

 
 

1 Commentaire

  1. bill ngana dit :

    La Cour des comptes sera-t-elle entendue ? Un agenda pour 2030. Une belle initiative, en somme. Mais la Cour sera-t-elle entendue ? D’abord parce que notre pays nous a toujours donné l’image de celui qui ne sait rien prévoir. Aucune statistique sur quoi que ce soit, aucun tableau de bord… On a l’impression que tout se passe intuitivement.
    Un agenda, pour prévoir : on a prévu, dans un passé pas très proche ni trop lointain, la mise en place d’un important fonds pour les générations futures. Qu’en est-il aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? On parle de « la sécurisation des ressources”, et de “l’établissement d’un mécanisme de surveillance ». Un cas patent : l’or du Gabon. Quelles quantités exploite-ton annuellement ? Cette quantité rapporte quoi au trésor public ? L’exploitation se fait sous la surveillance de qui ?
    Dans cet article, on dit encore quelque part : « …Certaines parties manquent à l’appel, notamment les collectivités locales ou les peuples autochtones… » Il me semble bien ici qu’on veut faire faire au gouvernement gabonais ce qu’il n’a jamais voulu, à savoir s’intéresser au sort des Gabonais. De petits exemples simples et patents : où sont les logements sociaux promis depuis dix ans ? Certes des centaines d’immeubles ont poussé un peu partout à Libreville principalement, comme des champignons. Mais qui est sorti du bas peuple pour y habiter, vu les prix prohibitifs exigés ? Par ailleurs, Ona Ondo et Issoze Ngondet, les avant et avant-derniers Premiers ministres d’Ali Bongo, dès leurs nominations, étaient attendus chacun sur des chantiers qui le concernaient directement, personnellement, à savoir l’état des routes dans leurs départements respectifs. Qu’est-ce qu’ils y ont fait ? Ont-ils changé ne fusse que l’emplacement d’un quelconque nid de poule ?
    On nous parle d’un agenda pour 2030. Les Gabonais ne sont plus dupes : quand un projet n’a pas évolué, ils en concluent que les dirigeants n’y ont rien gagné. « La non prévision des ressources » justifiant par ailleurs « l’existence purement théorique du comité chargé de la coordination des ODD » : donc la Cour des Comptes s’est juste acquittée d’une tâche bien ordinaire pour, en réalité, nous bassiner les oreilles et nous pomper l’air tout en sachant pertinemment que tout cela ne mènera nulle part ? 2030, c’est encore loin. Mais, est-ce « vraiment » très loin ?

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