A l’occasion de la célébration de la journée «Zéro discrimination» célébrée le 1er mars, le Programme des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida) souhaite cette année, mettre l’accent sur l’urgence d’agir contre les lois discriminatoires. Au Gabon notamment, la discrimination touche à l’accès au travail, à la santé, à l’éducation et aux services sociaux.

Le papillon, symbole de la Journée, est reconnu comme un signe de métamorphose, de transformation. Pour stopper les jugements négatifs, nous devons nous transformer, transformer nos communautés et notre monde pour parvenir à l’objectif zéro discrimination. © D.R.

 

Célébrée le 1er mars par le Programme des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida), la journée «Zéro discrimination» vise à interpeller le monde entier sur les pesanteurs et notamment les lois qui conduisant à un traitement différent pour certains individus, les excluant des services essentiels ou les soumettant à des restrictions injustifiées dans leur mode de vie, simplement à cause de leur état de séropositivité ou de leur identité.

Au Gabon notamment, l’Onusida est sans appel : la stigmatisation ou la discrimination touche l’accès au travail, à la santé, à l’éducation et aux services sociaux. Se référant à une étude sur l’index de stigmatisation et de discrimination réalisée dans le pays en 2013, l’institution indique que «la stigmatisation et la discrimination liées au statut sérologique sont bien réelles».

Selon cette source, «trois Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sur dix ont déclaré avoir été victimes d’au moins une forme ou une autre de discrimination. Une personne vivant avec le VIH sur dix a déclaré avoir été incitée à la stérilisation, ou découragée de faire des enfants par les personnels de santé. Près de deux enquêtés sur dix, ont déclaré avoir perdu leur emploi du fait de leur statut sérologique. Près d’une personne vivant avec le VIH sur 10 s’est vue refuser l’accès aux services de santé, à l’éducation, à des bourses d’études, à l’église ou même à la famille».

L’Onusida soutient par ailleurs que l’auto-stigmatisation est un autre problème qui peut entraîner un manque d’estime de soi, un sentiment de dévalorisation et de dépression chez les personnes vivant avec le VIH. Mais également, une absence de motivation dans la recherche de services sociaux et juridiques pour la défense de leurs droits.

«Près de huit personnes vivant avec le VIH sur dix n’ont recherché aucune aide pour résoudre une question de stigmatisation et de discrimination. Près de 7/10 PVVIH reçoivent leurs médicaments à Libreville venant de loin, souvent, par peur de rencontrer des voisins ou la famille dans leur lieu d’origine. Ils ne veulent pas se rendre au CTA (Centre de traitement ambulatoire) le plus proche. Dans ce contexte, l’observance et le suivi des patients sont très compliqués», affirme l’organisation onusienne. Celle-ci demeure consciente que des services intégrés et de proximité de qualité sont à envisager pour minimiser la stigmatisation dans les CTA.

Dans 45 pays dont le Gabon, les jeunes de moins de 18 ans sont obligés d’obtenir le consentement de leurs parents pour accéder aux services de dépistage du VIH. D’où la question de savoir s’il est normal que les jeunes souhaitant faire un test de dépistage du VIH demandent la permission de leurs parents.

Face à cette réalité et en vertu de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des traités sur les droits humains, mais aussi l’Agenda 2030 pour le développement durable et d’autres obligations internationales, les États ont l’obligation morale et légale d’abroger les lois discriminatoires et d’adopter des lois qui protègent les individus contre la discrimination.

«En finir avec la discrimination et changer les lois relèvent de la responsabilité de chacun d’entre nous», souligne l’Onusida qui précise que «tout le monde a un rôle à jouer dans la fin de la discrimination et peut tenter de faire la différence, aussi bien à petite échelle qu’à un plus haut niveau. La campagne 2019 pour la Journée Zéro discrimination encourage les personnes à agir contre les lois discriminatoires dans leur pays».

 
 

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