Dans le cadre de l’opération dite Scorpion, le ministre des Affaires étrangères est formel : «la France n’a entrepris aucune démarche» visant à demander des comptes à Libreville quant au sort des bénéficiaires de la double nationalité parmi les nouveaux arrivés à Sans-Famille, la prison de Libreville. Là où Tony Ondo Mba et Renaud Allogho seraient également français aux côtés des frères Laccruche.

© Gabonreview/Shutterstock

 

Le fait prétendu a largement été relayé y compris par Gabonreview : dans le cadre de l’opération mains propres en cours à Libreville, la diplomatie française aurait demandé des explications au gouvernement gabonais. Celui-ci se serait illustré par l’indifférence. L’affirmation est de la Lettre du Continent. Pour ce média confidentiel, parmi les personnes mises en cause, six détiendraient, en double, la nationalité française, à l’instar de Brice Laccruche. Ce qui a laissé penser à bon nombre de Gabonais que la France tentait de protéger ses ressortissants mis aux arrêts ou de les en extirper.

Billie-By-Nze formel

Dans les faits, il n’en est rien. Contacté, le ministre d’État gabonais en charge des Affaires étrangères est formel : «la France n’a entrepris aucune démarche du genre, ni auprès de l’ambassade du Gabon en France, ni auprès du ministère des affaires étrangères à Libreville».

Sur les réseaux sociaux notamment, l’allégation de la Lettre du Continent a donné lieu à un tollé et une forte controverse, certains estimant que la France s’immisçait dans une affaire gabono-gabonaise. Selon Alain-Claude Billie-By-Nze, l’ambassade de France au Gabon a simplement procédé à une «demande de visites consulaires pour certaines personnes ayant la double nationalité, notamment française. Ce qui est tout à fait conforme à la Convention de Vienne».

Convention de Vienne sur les relations consulaires

En effet, sur le fondement des dispositions de la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963, notamment son article 36, les Etats signataires de ce traité assurent, à travers leur ministère des Affaires étrangères et donc leur dispositif diplomatique, la protection consulaire de leurs ressortissants détenus à l’étranger. «La protection consulaire recouvre le droit pour la personne incarcérée à communiquer avec des agents de l’ambassade de France, le droit à être mise en relation avec des avocats locaux, le droit à être régulièrement visitée en détention par ces derniers et le droit à percevoir une aide financière et matérielle de ses proches», peut-on lire sur le site Internet du Sénat français.

Selon un avocat proche du dossier inculpant Brice Laccruche et les ténors de sa galaxie, il y a en effet de nombreuses personnes bénéficiant de la double nationalité parmi ceux que l’opération Scorpion a conduit à Sans-Famille, le pénitencier de Libreville. Si on peut être sûr pour ce qui est des deux frères Laccruche (Brice et Gregory) et Ike Ngouoni, les filiations laissent penser que Tony Ondo Mba et Renaud Allogho Akoue jouiraient également de la double nationalité. Ainsi, au terme de la Convention de Vienne, la France peut légalement s’enquérir de leur situation. Ainsi qu’il l’a lui-même raconté, les Etats-Unis l’ont régulièrement fait pour Bertrand Zibi, américain en sus d’être gabonais.

 
 

2 Commentaires

  1. mone fame dit :

    Gabonreview, lorsque les rumeurs ont commencé à fuser sur une prétendue démarche de la France en faveur de ses ressortissants mis aux arrêts pour “détournements de fonds publics et blanchiement d’argent…” j’ai proposé un article pour tordre le cou à cette histoire cousue de fils blanc, en réalité inspiré par un article de la “lettre du continent” payé par un avocat français coquin et copain des larbins jetés au gnouf.

  2. Moffe dit :

    La convention de Genève et puis quoi,nous parlons ici de personne ayant occupé des postes a responsabilités dans notre pays,et dont l on peut invoquer de ce faite un traitement spécial qui mettrait hors jeu cette convention,tel que la sécurité nationale.

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