Lancée ces derniers mois sur les instructions d’Ali Bongo, l’opération anticorruption en cours ayant conduit à l’interpellation et la mise en détention de plusieurs anciens cadres de la haute administration publique et parapublique pourrait bientôt toucher d’autres soutiens du président de la République parmi lesquels Raphaël Nzé Minko, vice-président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), et Gervais Martial Koulayo Houlpaye, co-fondateur de Easytech Gabon.

Raphaël Nzé Minko, proche de Brice Laccruche Alhianga, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. © D.R.

 

Si l’interpellation du député déchu Justin Ndoundangoye, en décembre dernier, avait été perçue par une partie de l’opinion comme le point d’orgue de l’Opération Scorpion, il n’en est visiblement rien. C’est du moins ce qu’a laissé entendre le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, dont le récent point sur le dossier fait état de la délivrance de deux mandats d’arrêt internationaux.

Il s’agit, informe Me André-Patrick Roponat, de Raphaël Nzé Minko, vice-président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), fervent soutien d’Ali Bongo et présenté comme un proche de Brice Laccruche Alihanga, dont il était par ailleurs le beau-frère. La dernière fois que l’intéressé à fait les gros titres des médias locaux, c’est lors de la sortie officielle, en août 2019, au 1er arrondissement de Libreville, de son mouvement qui, selon sa porte-parole Anne-Marie Dworaczeck-Bendome, est «une association apolitique et à but non lucratif, qui se caractérise par son soutien aux actions du Chef de l’État axées sur le rassemblement autour des valeurs de la République et de l’engagement citoyen». En décembre pourtant, sur les réseaux sociaux, certains avaient relayé l’information de la supposée interpellation du frère aîné de la compagne de l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat au quartier dit Derrière l’Ecole normale supérieure (ENS) à Libreville.

Moins connu du public, Gervais Martial Koulayo Houlpaye, co-fondateur de Easytech Gabon, fait l’objet du second mandat d’arrêt international lancé par les autorités judiciaires gabonaises dans le cadre de l’opération anticorruption ayant déjà conduit à la mise sous mandat de dépôt de plusieurs anciens cadres de la haute administration publique et parapublique, parmi lesquels cinq anciens ministres et un maire de commune. Le jeune ingénieur sorti de l’Institut africain d’informatique (IAI), par l’entremise de sa startup, proposait jusque-là des solutions informatiques aux managers d’entreprises en vue d’une meilleure gestion de celles-ci.

Si le procureur de la République ne précise pas les faits reprochés à Raphaël Nzé Minko et à Gervais Martial Koulayo Houlpaye, il indique par ailleurs que «les missions de mandats d’arrêt internationaux ne signifient pas que les intéressés sont déjà déclarés coupables».

À ce jour, l’Opération Scorpion totalise 30 interpellations, dont 6 personnes, mises hors de cause, 4 inculpées ayant bénéficié de liberté provisoire et 20 inculpées placées sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.

 
 

1 Commentaire

  1. cedric laporte dit :

    La famille Bongo, c’est une fortune estimée à env 4 milliards de dollars selon Bourgi. Le Pib du Gabon est de 14,5 milliards de dollars. Les Bongo détiennent 36% de la richesse du Gabon. Donc, l’opération Scorpion devrait normalement commencer chez “jambe droite tendue, canne main gauche, chute au sol à Riyad”

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