L’entrée en matière, pour le moins flamboyante des Panthères contre le Mena du Niger et surtout le succès contre les Lions de l’Atlas et les Aigles de Carthage dans un match de légende en dehors du caractère purement sportif qui les qualifie  brillamment en quarts de finale, méritent bien qu’on y jette un regard en profondeur.

Au-delà des enjeux sportifs, économiques et culturels que constitue cette victoire et partant cette compétition que le Gabon organise conjointement avec la Guinée-Équatoriale, le décryptage et la lecture sociopolitique de ces succès retentissants s’imposent irrésistiblement à l’observateur du landerneau politique du pays.

Les scènes de liesse, l’euphorie collective, l’enthousiasme débordant  d’un peuple ivre de joie ont été extraordinaires. La ferveur et la fierté nationales ont rarement atteint des sommets d’exaltation. Certes, dans un passé récent, les victoires de l’équipe nationale lors des éliminatoires CAN / Coupe du Monde 2010, additionnées au succès retentissant contre les Lions indomptables à la CAN en Angola avaient ravivé la flamme patriotique, mais il reste que celles obtenues, et ce de manière consécutive,  face au Niger et surtout contre le Maroc étaient particulièrement significatives dans la recherche de la mystique de l’unité nationale.

Au stade où les supporters ont vibré à l’unisson derrière leur équipe, en tête desquels le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba et le gouvernement, aux quartiers où dans les villes de l’intérieur, l’hystérie collective, traduisait bien une communion, que dis-je une osmose parfaite et singulière. Le peuple gabonais, mosaïque  de cultures, de tribus et  de diversités d’obédiences religieuses et politiques a parlé le même langage, «Gabon D’abord», et conjugué le verbe «gagner». Les disparités, dissonances et dissemblances ont fondu comme beurre de karité au soleil, pour laisser émerger l’unité nationale, si précieuse, si fédératrice et pourtant souvent mise-en mal par les miasmes politiques inhibiteurs d’intégration nationale et de promotion de l’idéal de la fraternité. Toutes les divergences ont été  donc diluées et rangées au placard par un élan nationaliste et patriotique populaire. Comme un seul homme tous les gabonais ont exhorté les Panthères à venir à bout de l’adversité et de gagner triomphalement.

«Le peuple est resté soudé et uni derrière son équipe», s’est félicité  le chef de l’État. Et là, le sport notamment le football, réussit à rabibocher les gabonais, là où la politique a du mal à fédérer.  Les premières phrases de l’hymne national alors  «La concorde» n’ont jamais aussi bien revêtu tout leur sens «Unis dans la concorde et la fraternité». Et c’est bien le lieu de rappeler les vertus du sport dont le caractère fédérateur est évident. Puissant moyen reconnu pour promouvoir la paix, pour surpasser les classes sociales, il joue un rôle significatif pour l’intégration sociale. Le sport, outil de renforcement des liens et des réseaux sociaux,  assure  donc la promotion de la fraternité, de la solidarité, de non-violence et de tolérance. Puisse le peuple gabonais, en symbiose, éviter de se départir de cet idéal qui lui impose de rester souder derrière son équipe nationale en dépit de la «glorieuse» incertitude du football.

(Article paru dans Esprit d’Équipe”, le quotidien de la CAN au Gabon, avec leur autorisation – Tous droits réservés)

 
 

2 Commentaires

  1. Guy Massard dit :

    Attention à ne pas trop en faire. ce n’st que du football. Il ne s’agit en rien d’un élement fondateur d’une Nation. N’oublions jamais que nombreux sont les sportifs qui portent les couleurs de pays dont ils ne sont pas originaires. N’oublions jamais aussi que naturellement, le football déchaîne les passions. N’en rajoutez pas sinon en cas de défaite… bonjour les dégâts. L’heure de vérité approche

  2. Junior MBOLOKO dit :

    Bel article tout de meme!

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