Critiques virulentes, polémiques, expression d’un ras-le-bol, tensions dans les Fédérations du fait de son action souterraine – ainsi se caractérisent les quatre mois de l’action du Secrétaire national chargé de l’animation politique dans l’Estuaire. Il soutient les dissidents, les frondeurs et tout militant remettant en cause la discipline. En tout cas, il n’est pas l’apôtre de paix que l’Estuaire attendait. Il se retrouve (déjà) au cœur de la tourmente !

Augustin Ndong Mba, le Secrétaire national chargé des Relations avec le Parlement et le Gouvernement, et de l’Animation politique dans la province de l’Estuaire. © gabonemergent

 

«Augustin Ndong Mba s’est-il donné pour mission de dynamiter le Parti démocratique gabonais dans la province-capitale ?», se demande-t-on. Depuis le Congrès ordinaire de décembre 2017, l’ancien directeur de cabinet de Daniel Ona Ondo est le Secrétaire national chargé de l’animation politique dans la province de l’Estuaire. Mais, après seulement quatre mois d’exercice, Augustin Ndong Mba est rejeté par un certain nombre de responsables et de militants du parti au pouvoir dans l’Estuaire, du fait de sa tendance à exacerber les conflits et les divisions au sein des organes de base du parti.

Connu pour ses sympathies anciennes (souterraines) pour le RNB-RPG de Paul Mba Abessole dans les années 90, puis pour le candidat de l’Interposition André Mba Obame en 2009, Augustin Ndong Mba, qui juche pour la première fois à un tel niveau de responsabilité au sein du Secrétariat exécutif du PDG, semble travailler à la déconstruction du PDG par un apport indéniable aux divisions internes. Partout où il est passé, ou lors de ses rencontres avec les responsables du cru, il donne le sentiment de soutenir les «frondeurs», «ces camarades égarés» qui participent à la déstructuration des fédérations. Et parmi ces «frondeurs», il retrouve des personnalités ayant soutenu, ouvertement ou discrètement, la candidature de Mba Obame en 2009, et qui entravent aujourd’hui encore l’action du président du parti, ainsi que les notes d’orientation du Secrétariat exécutif du PDG.

Seul objectif : exacerber les tensions au lieu de les aplanir

De plus, sans réelles idées neuves, son discours, ses manœuvres toujours souterraines, portent atteinte à la cohésion et à l’unité du parti. Ainsi, dans le 1er arrondissement de Libreville, on le dit en train de dénigrer l’étoile montante du PDG dans cette circonscription politique pour susciter la division et les rancœurs. Dans le Komo-Océan, il soutiendrait clairement une «camarade égarée», ancienne maire de Ndzomoe, connue pour ses sympathies pour Mba Obame, dont elle a été très proche. En 2009, oubliant son appartenance au PDG, elle avait mené une campagne de proximité souterraine pour faire battre, dans sa circonscription, le candidat investi par le Parti démocratique gabonais pour l’élection présidentielle de cette année-là. Augustin Ndong Mba souhaiterait l’imposer comme candidate aux législatives, tout en promettant à deux autres larrons qu’il ferait tout pour que ce soit l’un d’entre eux. Et, il n’y aurait pas que les arrondissements de Libreville et le Komo-Océan : dans le Komo-Kango, il mènerait une «guerre sourde» à Rémi Ossélé Ndong, ce fidèle militant, aujourd’hui député. Il militerait pour une candidature aux législatives de l’actuel maire de Kango dans le 1er siège de ce département. Mais, après son échec à l’élection du Bureau Politique face à ce même député, on doute fort que la stratégie d’affaiblissement de Rémi Ossélé Ndong orchestrée par le Secrétaire national du PDG pour l’Estuaire puisse prospérer.

Frondeurs contre les cadres disciplinés

Résultat des courses : quatre mois seulement après sa désignation au poste de Secrétaire national chargé de l’animation politique dans la province de l’Estuaire, Augustin Ndong Mba essuie déjà des critiques virulentes de certains responsables et militants du PDG dans des fédérations de la province-capitale. Là où certains auraient cru à une posture consensuelle, Augustin Ndong Mba, lui, se veut le chantre de la division tout en finesse, encourage les frondeurs, même s’il sait que cela va, à terme, lui faire perdre de son crédit. Dans sa stratégie – de pourrissement (?) – il joue les frondeurs contre les cadres disciplinés. Le secrétariat exécutif devrait lui imposer les recadrages nécessaires, pour éviter que ses objectifs à lui soient opposés à ceux du secrétariat exécutif, comme cela semble en prendre le chemin.

On aurait pu croire qu’il prônerait la concertation et le dialogue entre militants pour une plus grande cohésion, mais le secrétaire national pour l’Estuaire effectue plutôt un travail de sape pour… dynamiter le PDG ! Il devait être le Prince de paix, celui qui apaise les tensions éventuelles, celui qui dissipe les malentendus, celui qui panse les plaies béantes, mais il a choisi de participer à l’exacerbation des tensions. Certains lui trouvent toutefois des circonstances atténuantes. Ceux-ci estiment que c’est peut-être le fait de l’inexpérience et d’une certaine incompétence dans la conduite des affaires politiques. Selon eux, «il lui manquerait, de toute évidence, de la «bouteille» pour pousser à l’union des cœurs».

Feu de tout bois dans l’Estuaire et à Medouneu

Ceux-là ignorent sans doute que, à Medouneu aussi, qu’ils considèrent comme le fief politique de son mentor, les proches d’Augustin Ndong Mba s’attèlent à savonner la planche au député PDG en place, Jean-Sylvain Bekalé Nzé, qu’ils jugeraient illégitime après avoir pourtant proposé son nom pour un poste ministériel en septembre 2015 ! Ils pensent que l’heure de leur mentor est venue de solliciter l’investiture du parti pour les prochaines élections législatives. Et tout cela se fait dans une ambiance particulièrement «inconviviale». Pendant ce temps, l’ancien ministre et actuel député, confirmé, par l’élection, membre du Bureau politique du parti pour le Haut-Komo en décembre dernier, reste zen et demeure campé sur sa position : il va solliciter un second mandat avec ou sans l’accord d’Augustin Ndong Mba. Là aussi, Augustin Ndong Mba apparaît comme un adepte de la division, pas comme un as du dialogue.

Lors du Congrès du PDG en décembre 2017, les congressistes avaient adopté la décision du président de leur parti, Ali Bongo Ondimba, de désigner dorénavant des militants non originaires d’une province comme animateurs politiques dans une province autre que la leur. C’est ainsi qu’Augustin Ndong Mba, originaire du Woleu-Ntem, a été désigné comme Secrétaire national chargé de l’Animation politique dans l’Estuaire. Mais ses premiers pas sont jugés négatifs. «Durant toute sa carrière dans le secteur public, Augustin Ndong Mba aura été un haut fonctionnaire rigoureux, sérieux, assis sur des valeurs et des principes, même s’il était parfois extrêmement intransigeant, oubliant que tout ce qui est excessif est dérisoire, mais en tant que responsable politique, il donne une piètre image de lui», souligne un militant de la Fédération A du département du Komo-Kango.

 
 

6 Commentaires

  1. Aimée Vertueux-Blisson dit :

    Erreur de casting ! Ndong Mba n’est pas fait pour la politique, ou tout au moins pour diriger politiquement une province comme l’Estuaire. Si on le maintient à ce poste, il va causer des dégâts irréparables.

  2. Elop dit :

    Gabonreview, cet article à charge est bien de vous ou est-ce une erreur de casting?

    Où est la rigueur journalistique? Est-ce bien le média que les observateurs de l’Union Européenne, lors de la dernière élection présidentielle (2016), ont qualifié de “média le moins impartial”?

    Ressaisis vous, Mesdames et Messieurs, s’il vous plaît.

    Je suis actuellement à des milliers de kilomètres du Gabon. Tous les soirs, je me mets devant mon PC pour lire le résumé de l’actualité nationale grâce à vous. Soyez en remercier.

    Mais, permettez moi de vous dire qu’un article d’injures et de dénigrement n’a vraiment pas sa place ici. Pire, à l’endroit d’un parfait inconnu, mais tristement rendu célèbre par l’auteur de l’article parce que simplement il ne servirait pas le PDG (parti état!) comme il l’entend.

    Gabonreview, refusez de servir de plume aux hommes politiques en mal de règlement de compte. Continuez à nous donner l’information JUSTE.

    Merci de publier ce commentaire.

  3. Aimée Vertueux-Blisson dit :

    Elop, c’est ton point de vue. L’article est juste. Mais pour toi, il faut dire que tout le monde il est beau, tout le monde il est parfait. Bah, rassure-toi, à ce que j’ai entendu à Kango sur cet homme, il n’est pas celui que tu crois. Parfois, il faut dépeindre les acteurs politiques tels qu’ils sont.

  4. Rémy OSSELE NDONG dit :

    Libreville, le 21 avril 2018

    Monsieur le Directeur de la Rédaction de GABON REVIEW

    Je ne suis pas abonné aux réseaux sociaux, et confesse volontiers ce pêché véniel. Toutefois, alerté par un ami, j’ai été conduit à lire votre article sur le Camarade Secrétaire National du PDG, Augustin NDONG MBA. Aussi, ayant été particulièrement mis en perspective dans vos écrits pour illustrer les faits allégués, ai-je cru devoir vous répondre en ce qui me concerne. Cela d’autant plus que le fait d’avoir été tout justement cité, parmi d’autres, laisse maintenant libre cours à des accusations mal inspirés. Mais vous faites votre travail, et je ne saurais vous en blâmer. Vous savez vous-même que je ne suis ni de près ni de loin impliqué dans cet article. Il ne me revient non plus d’y porter un quelconque jugement. Toutefois, en homme averti et doté d’une bonne faculté de discernement, cet article pourrait soit avoir mis au grand jour quelque chose qui se tramerait contre moi, soit voulu purement et simplement me nuire. La volonté de me nuire semble l’emporter dans la mesure où l’on m’oppose à un éminent membre de la hiérarchie de mon parti. Au surplus, on veut me mettre en conflit avec un parent avec lequel j’ai toujours entretenu de bons rapports.
    En effet, Augustin NDONG MBA et moi avons, dans la haute administration, partagé les mêmes valeurs de rigueur et de professionnalisme, et cela nous vaut toujours une forte estime mutuelle. Lorsqu’il est nommé Directeur de cabinet du Premier Ministre Daniel ONA ONDO, j’ai pris ma plume pour en féliciter et remercier ce dernier. C’est avec plaisir que j’ai accueilli la nomination du Camarade Augustin NDONG MBA au Parti, et seul le Distingué Camarade Président sait pourquoi il a fait le choix de sa personne. Il m’apparaît simplement que ce n’est pas le fait du hasard, au regard des défis imposés par le renouveau du PDG. Et, à cet égard, j’ai constaté que ce Camarade a joué un rôle actif avant et pendant le dernier Congrès.
    Par éducation et par philosophie personnelle, je n’use jamais de méthodes souterraines et n’agis jamais dans le dos des gens. Quand j’ai quelque chose à dire à quelqu’un, je le lui dis en face, les yeux dans les yeux, tout en préservant les formes élémentaires de courtoise. Au cours des réunions entre les Membres du Bureau politique de l’Estuaire et le Secrétaire National n°1 Augustin NDONG MBA, je me suis toujours exprimé avec franchise, sans langue de bois et dans un esprit de respect mutuel. Je le remercie d’ailleurs pour ce qu’il a déjà fait, et il le sait bien. Mais je voudrais ici demander à nos militants de ne pas faire du Secrétaire National la boite de Pandore de nos propres maux. Dans l’Estuaire, nous portons nous- mêmes nos propres tares. Car comment comprendre par exemple que l’on ait tenté de promouvoir au Secrétariat provincial un militant de mon siège, faisant fi des propositions collégiales des Membres du Bureau politique du KOMO, sur mon dos et comme pour me narguer ? Cela n’a pas pour objectif de créer la confiance. On parle aujourd’hui de mauvais génies qui encourageraient la fronde chez les autres pour tenter d’éliminer les candidats qui sont estampillés par eux proches de BIYOGHE MBA, même si ce sont avant tout des hommes du Président. Tout le monde ne manage pas de ce pain, et ces personnes devraient comprendre que leurs petits calculs personnels s’arrêtent là où commence l’intérêt supérieur du Président du Parti. Et le Président du Parti voit et sait tout de leurs mesquineries.
    Du reste, ils doivent apprendre cette loi d’airin qui enseigne qu’on vient en politique pour soi-même.
    A cette lumière, je voudrais donc qu’il soit clair pour tous vos nombreux lecteurs, et à d’autres personnes intéressées, que Rémy OSSELE NDONG n’a ni commandité, ni inspiré encore moins contribué à votre article sur le Camarade Augustin NDONG MBA. Je souhaiterais que l’on en prenne acte, sauf à vouloir chercher sur ma tête les poux que je n’ai heureusement pas.
    Au camarade Augustin NDONG MBA, je rappelle pour paraphraser un adage du village, que sa mort ne viendra jamais de moi. Il nous fait à KANGO de beaux et magnifiques neveux qui nous sont chers.
    Aux mauvais génies, je dis pour prévenir :
    • ‘’A force de vouloir tout dynamiter, on finira bien par se dynamiter soi-même’’,
    • ‘’A force pour l’enfant de jouer avec le feu, il finira bien par se bruler ‘’
    Puisqu’il est question en définitive des législatives, je dis comme Jean Vincent PLACE : ‘’ Je sais mes convictions, je sais ma volonté et j’avance’’. Mais que l’on sache que le Docteur Paulin OBAME NGUEMA, ce grand sage qui m’a donné sa bénédiction, m’a appris le sens du détachement et à ne pas s’accrocher aux choses. Je ne fais pas de la députation une fixation et une fin en soi. Mais tant pis pour les dégâts au cas où …
    Cela m’amène à évoquer Charles PASQUA : Quand on remue la merde, il faut éviter de le faire devant un ventilateur’’.

    Avec tous mes remerciements et ma considération à GABON REVIEW

  5. Randy Noel Ekwaghe Obame dit :

    Bonsoir cher gabonreview.

    Je viens de lire l’article, j’allais dire le brûlot, que vous consacrez au Camarade Augustin Ndong Mba, Secrétaire National chargé de l’animation politique dans la province de l’Estuaire.
    Sans être un de ses affidés, ni parents, encore moins son obligé, mais dans le seul but de participer au débat, en donnant mon opinion, je me dois de verser au dossier que ceux qui sont derrière ce ”papier” sont connus. Ce sont les mêmes qui ont prit la province de l’Estuaire en otage, par leurs attitudes de petits monarques qui régentaient tout. Mal inspiré et peu habile, le sors de l’Estuaire est la conséquence de leurs errements managériaux. Le bilan se passe de commentaire : dernier au peloton sur l’échiquier politique national. Et c’est de leur responsabilité.
    Mais cher gabonreview, Augustin Ndong Mba ne fait rien d’autre que la traduction des instructions qu’il reçoit de sa hiérarchie. le nouveau mode de fonctionnement, un brin révolutionnaire, basé sur le concept des ”2R” (Régénération et Revitalisation), ne s’accommodant plus avec une certaine façon de faire qui ne trouve pas l’assentiment des roitelets : voilà le crime d’Augustin Ndong Mba.
    Mais dommage, la roue tourne, le processus est irréversible : avec ou sans eux, le PDG avance. Que ceux qui ont été incapables de tenir leur promesse de faire gagner le DCP dans la province, en 2009 et surtout en 2016, aient l’humilité de se mettre a carreaux. En se conformant aux nouvelles règles régissant le parti et en se mettant a la disposition des nouveaux dirigeants. C’est cela la discipline qui est l’apanage du bon militant. Évitons d’être des esclaves du passé.
    Maintenant, maintenant si d’aucuns veulent ouvrir la boite de pandore en s’attaquant a la vie privée des autres, et bien… je doute fort que les donneurs de leçons tapis dans l’ombre soient bien placés. L’Estuaire est trop petit, tout se sait, et tout le monde se connait. Préservons le PDG de la honte. Merci.

    Je suis Randy Noel Ekwaghe Obame,
    Fils de Mekonanam,
    Secrétaire communal PDG de Ntoum.

  6. Aimée Vertueux-Blisson dit :

    Ça pue dans l’Estuaire. Un journaliste de gabonreview écrit un article sur un responsable politique du PDG, et hop ! d’autres révélations sortent. De qui parle Ekwaghe Noël ? Pourquoi Ossele menace en cas de non-investiture à la députation ? Et pourquoi et pourquoi et pourquoi tout ne sent pas bon dans cette province ? Et pourquoi Ndong Mba n’arrange pas ?

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