Pour la reconstitution des stocks du thon obèse, victime de surpêche dans l’Atlantique, le Gabon et trois autres pays du continent africain soutiennent le quota de 57 500 à 60 000 tonnes par rapport aux 62 500 tonnes jusqu’en 2022 proposé par l’Union européenne. Ce qui inclurait 17 pays capturant actuellement plus de 1 250 tonnes par an.

Le thon obèse, apprécié en sashimi et en conserve est victime de surpêche. © D.R.

 

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (CICTA, ICCAT en anglais) est réunie jusqu’au 25 novembre 2019, à Palma de Majorque, en Espagne, dans le cadre de sa 26e réunion ordinaire. Elle doit définir des mesures et du quota à instaurer pour limiter la surpêche du thon obèse et permettre la reconstitution de cette espèce.

Auparavant, l’ICCAT avait un quota global de 65 000 tonnes, mais dans la pratique, la capture de ce prédateur était plus proche de 80 000 tonnes, bien dans la zone de danger, selon les ONG. Le Gabon aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Guinée-Bissau soutient un quota de 57 500 à 60 000 tonnes, tandis que les États d’Amérique latine du Costa Rica, d’El Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Panama et du Mexique demandent instamment que rien ne change.

Un quota jugé un peu trop élevé pour les scientifiques soucieux de l’effondrement d’ici quelques années du Thunnus obesus, si les prises ne sont pas réduites. Pour les Pew Charitable Trusts, «un quota de 60 000 tonnes serait trop élevé», a déclaré l’expert en matière de pêche Grantly Galland, suggérant plutôt 50 000 tonnes. En effet, affirme-t-il, un quota de 60 000 tonnes rendrait la période de reconstitution des stocks «trop longue», relaie MercoPress.com.

De même, certains experts ont calculé que ramener la capture totale à 50 000 tonnes par an donnerait au thon obèse une chance de se rétablir de 70% d’ici 2028. Pour sa part, le Fonds mondial pour la nature recommande la création de zones interdites pendant certaines périodes afin de réduire le nombre de thons juvéniles capturés.

Le thon obèse, apprécié en sashimi et en conserve, représente un enjeu de plusieurs millions d’euros pour l’industrie. Mais au niveau de pêche actuelle, la probabilité que le stock se reconstitue d’ici à 2033 est de 1%, car les intérêts économiques l’emportent sur la préservation de l’espèce. En plus du thon obèse, la Cicta se penchera sur l’albacore dont le stock, aussi surexploité, fera l’objet d’une évaluation.

La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique comprend 53 membres provenant de toutes les Amériques (du Nord, du Sud et centrale), de l’Europe et de l’Afrique ainsi que des pays pratiquant la pêche hauturière de l’Asie et du Pacifique Sud.

 
 

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