En conflit depuis des mois avec son successeur qui l’accuse de torpiller ses efforts, l’ex-directeur général craint que la Société de formulation de lubrifiants (Pizolub SA) ne soit contrainte de rembourser d’ici à quelques années une dette de plus de 8 milliards de francs en raison des erreurs commises par Guy Christian Mavioga.

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Joël Pono Opape, DG sortant de Pizolub SA. © D.R.

L’ayant présenté à l’opinion, en octobre dernier, comme un «incompétent notoire», Joël Pono Opape n’en a visiblement pas fini avec Guy Christian Mavioga. Prétextant répondre aux sollicitations des journalistes et des enquêteurs sur la situation actuelle de Pizolub SA, l’ex-patron de la Société de formulation de lubrifiants a une nouvelle fois taclé son successeur sur sa page Facebook. Cette fois, il dit craindre pour l’avenir de la structure publique ayant récemment informé avoir obtenu un prêt de 3,5 milliards de francs CFA d’une banque de la place.

Seulement, ce prêt, Joël Pono Opape ne juge pas de son opportunité. Il craint qu’il n’alourdisse la dette de la société. «À mon arrivée, la dette était estimée à 6 milliards 600 millions. Le 1er novembre 2018, le diagnostic stratégique et financier du cabinet IBMC financé par le ministère de tutelle a ramené la dette globale à 3 milliards de francs CFA. Nous avons ensuite procédé au rapprochement de chiffres avec nos créanciers et avons procédé aux remboursements de certains comme la Douane, Total outremer, etc.», informe l’ex-DG.

«Si pendant dix mois de dur labeur nous n’avons pas répondu aux appels des banques c’est, parce que nous ne voulons pas faire comme lui qui, en contractant ce prêt, devra rembourser 5 milliards 700 millions de FCFA en tenant compte des coûts de service de la dette et des coûts d’importation», explique-t-il, craignant que l’arrêt depuis 8 mois de la production n’ait pour conséquence d’amener la dette à «plus de 8 milliards de frs CFA», notamment en raison, prétend-il, des «investissements non productifs» et des «dépenses non opportunes» engagés par Guy Christian Mavioga.

Comme pour enfoncer le clou et tenter de justifier l’«incompétence» de son successeur Joël Pono Opape informe que «le commissaire aux comptes PWC […] est scandalisé par la non mise à disposition des liasses fiscales et de la tenue de l’Assemblée générale» depuis l’arrivée de Guy Christian Mavioga à la tête de Pizolub. Mieux, l’ex-DG qui semble avoir des comptes à régler, assure qu’«en 2019, ce sera un miracle si l’équipe actuelle atteint [une production de] 600 tonnes. Sauf s’ils diluent fortement les lubrifiants».

«Le pasteur Guy Christian Mavioga doit simplement revêtir la veste de l’humilité et le chapeau de la modestie. Quand on a la prétention de diriger une société publique ou parapublique, il est impératif d’avoir une expertise et s’entourer d’expertise», lance M. Pono Opape accusé par la direction générale de Pizolub SA de torpiller les efforts de son successeur. Le conflit entre les deux hommes s’était retrouvé, en septembre dernier devant le conseil du Roi Orungu à Port-Gentil.

 
 

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