Attribué à un membre de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), un petit film pornographique, ayant eu l’effet d’une bombe, ne résiste ni à la comparaison ni à l’analyse, malgré que les Gabonais y croient fermement. La structure associative a démenti non sans rappeler les textes de loi en vigueur.  

Capture d’écran de la vidéo ayant fait le buzz sur les réseaux sociaux et attribuée à l’introuvable Paulin Mezang.© Gabonreview

 

Avec un effet viral supersonique, une vidéo pornographique s’est répandue de manière phénoménale sur la province gabonaise de la toile mondiale, à partir du 13 janvier dernier. Plutôt gay, elle met en scène une fellation d’homme à homme. Partagée durant la première journée entre amateurs de porno, ces images ont eu un plus large impact lorsque, le lendemain, elles ont été attribuées à un certain Paulin Mezang, la haine et le besoin de nuire étant passés par là.

Introuvable ni sur Facebook ni à travers les moteurs de recherche, le soi-disant Paulin Mezang s’est vu accoler le statut de membre de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev) et de fonctionnaire au ministère de l’Economie. Sans jamais le montrer de près, des photographies ont même été publiées visant à prouver son appartenance à la structure associative cornaquée par Brice Laccruce-Alihanga.

Outrée par ces agissements, malsains au demeurant, la plateforme Ajev a formellement démenti l’infox, par la voix de son porte-parole. S’il a martelé que «le mis en cause n’est nullement connu des structures de notre plateforme», Hercule Nze Souala estime cette que vidéo n’est qu’une «calomnie visant à ternir l’image des membres de la plateforme Ajev engagés pleinement dans le processus de transformation du Gabon. Parce que notre plateforme est respectueuse des valeurs traditionnelles et républicaines».

A l’analyse la vidéo ne rime, effectivement, en rien avec ce que tente de véhiculer la furtive légende urbaine. Les images gabonaises montrant le présumé Paulin Mezang ne correspondent pas à l’acteur pornographique : le teint des deux personnages n’est pas le même. Il en est de même pour l’épaisseur des cheveux, leur couleur, la configuration de la barbe et le physique. Visiblement et selon des conclusions concordantes de nombreux habitués de sites pornographiques, les images en question ont été réalisées aux Etats-Unis. Il est, en tout cas, étonnant que les Gabonais se laissent aussi facilement berner ou manipuler, sans analyse ni esprit critique.

Au-delà de son caractère obscène, la vidéo soulève la problématique de la dangerosité des fake news au Gabon. Elle démontre surtout comment et jusqu’où certains peuvent aller pour ternir l’image des personnalités ou des organisations qu’ils détestent. Personne n’est à l’abri de ces manipulations et tel que le rappelle Hercule Nze Souala dans son communiqué, «au regard de la loi, les injures, la diffamation ou la calomnie sont répréhensifs et exposent leurs auteurs à la rigueur de la justice

 
 

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