Du 20 novembre au 20 décembre 2014, des associations de la société civile organisent une série de manifestations à travers le pays. Elles entendent faire la lumière sur les circonstances de la mort de ce jeune compatriote, survenue le 20 décembre 2014, durant la répression d’un meeting du Front de l’opposition pour l’alternance.

Bruno Mboulou Beka, étudiant mort durant les émeutes politiques du 20 décembre 2014, autour de Rio (Libreville). © Montage Gabonreview

Bruno Mboulou Beka, étudiant mort durant les émeutes politiques du 20 décembre 2014, autour de Rio (Libreville). © Montage Gabonreview


 
Des associations de la société civile, le mouvement citoyen «Ça suffit comme ça» et le «Collectif du 20 décembre 2014» ont décidé d’organiser la «Campagne justice pour Mboulou Béka». Leur objectif est de faire pression, à travers des actions diverses, sur les pouvoirs publics afin que les choses s’accélèrent pour l’inhumation de ce défunt qui n’a pas encore de «dernière demeure».
Toujours à la morgue, en attendant une sépulture qui lui permettra de faire le dernier voyage et de reposer, à jamais, en paix, le corps de Bruno Mboulou Beka est, pour le moment, loin de connaître le repos. Depuis sa mort par balle le 20 décembre 2014, durant les émeutes consécutives à un meeting de l’opposition qui avait été autorisé puis interdit par le ministre de l’Intérieur, des choses et d’autres se sont dites sur les conditions de son décès. Au final, sa famille, qui réclame la vérité sur les conditions de son décès, n’a pas encore fait son deuil. «Le corps de ce compatriote, assassiné le 20 décembre 2014, n’a jamais été restitué à sa famille, et il se trouve toujours dans une maison de pompes funèbres», dénoncent les organisateurs.
Pour la famille Bruno Mboulou Beka, les pouvoirs publics doivent livrer le verdict des enquêtes menées afin que justice soit faite et les coupables punis. «On attend qu’on nous dise qui a donné les ordres, qui a tiré. Bref, on veut connaître toute la chaîne qui a abouti à l’assassinat de Mboulou Beka», avait déclaré l’avocat de la famille, Paulette Oyane Ondo, le 23 janvier dernier, ajoutant : «On a porté plainte sur la base des instruments internationaux des droits de l’homme qui disposent qu’en cas d’assassinat, les ayants droit ont droit à la vérité». Depuis lors, le gouvernement s’est muré dans un mutisme curieux, ouvrant la voie à la supputation, la rumeur et l’affabulation.
La plainte de la famille de Bruno Mboulou Beka visait le président de la République, les ministres de la Défense et de l’Intérieur, les commandants en chef de la gendarmerie et de la police ainsi que le procureur de la République. Prenant appui sur les nombreux traités et accords internationaux relatifs aux droits de l’homme et à la liberté d’expression ratifiés par le Gabon, Paulette Oyane Ondo avait expliqué que le mécanisme qui a abouti à la mort de Bruno Mboulou Béka relevait de la dissuasion. «L’exécution sommaire de Mboulou participe de la mécanique de dissuasion du despotisme qui gouverne le Gabon. Il est utile pour tout despotisme de répandre la peur dans les cœurs des peuples, pour mieux les soumettre. Sans cette peur, le totalitarisme disparaît. Il fallait donc tuer Mboulou Beka pour faire reculer la masse de compatriotes muselés et désireux depuis longtemps d’exprimer publiquement leur indignation contre l’imposture, le parjure, le faux et l’usage de faux et le mensonge qui sont la marque de fabrique du pouvoir politique gabonais», assénait-elle alors, concluant : «Mboulou Beka est donc mort pour l’exemple».
Près d’une année plus tard, la société civile repart à l’assaut pour essayer de faire bouger les choses. Vivement que les autorités s’activent un peu pour ôter le doute qui plane sur la justice, accusée de fonctionner «à plusieurs vitesses».
 

 
GR
 

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