Sur 27 dossiers reçus par le Comité ad hoc chargé d’examiner les candidatures à la présidence du Conseil gabonais des élections (CGE), 10 ont été retenues et remises ce 24 avril 2018 à la Commission chargée d’élire le président de cette structure. Ce qu’on sait succinctement d’eux.

Scène de la remise des listes, le 24 avril 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Inexorablement, l’on s’achemine définitivement vers la mise en place du CGE. Après l’installation du Comité ad hod chargé d’examiner les dossiers de candidatures et de la Commission devant élire le président de cette structure, les choses se précisent.

Les membres du comité ad hoc. © Gabonreview

Après près d’une semaine de travaux, le Comité ad hoc a reçu et examiné 27 dossiers. Les postulants ont été auditionnés et à travers les critères de sélection retenus, dix d’entre eux ont été retenus, leurs dossiers étant désormais dans le pipeline pour le sprint final.

Rendant la copie du Comité ad hoc, son président, Michel Menga, a laissé entendre que «l’audition des 27 candidats a révélé que les Gabonaises et les Gabonais avaient soif de paix». Il est en effet ressorti, assurent-il, «que tous les candidats estiment que le CGE est un outil d’apaisement. Un outil qui doit contribuer à rassembler les Gabonais, à réconcilier les Gabonais, à faire en sorte que l’élection au Gabon, quelle qu’elle soit, se déroule sans problème. C’est donc un instrument d’une importance capitale pour notre pays».

Expliquant le processus de sélection, le secrétaire général du comité, Marie-Rosine Itsana, a déclaré que les candidats ont été auditionnés pendant dix minutes chacun sur les aspects concernant la présentation personnelle, l’idée qu’ils se font du CGE, le profil type du président du CGE, la signification de l’impartialité et de la neutralité une fois élu à la tête du CGE, la manière de résister aux pressions politiques et financières qui pourront être exercés sur le futur président, tout au long de son mandat. Une noté était affectée à chacun de ces critères.

Des dossiers ont été rejetés sur la base des critères d’âge (deux candidats ayant moins de 45 ans) et d’appartenance à des partis politiques (neuf candidatures concernées). Sept postulants ont été recalés après examen des dossiers parce que n’ayant pas acquis la moyenne requise ; soit 85 points sur les 100 arrêtés par consensus par les commissaires.

Au terme du processus, la liste des candidats retenus, dressée par ordre alphabétique, se présente tel que suit :

  • Pierre Simeon Athomo Ndong, connu pour avoir été chef de l’unité d’appui électoral au sein du secrétariat général de la CEEAC ayant accompagné le processus électoral en République du Congo Brazzaville ;
  • Moïse Bibalou Koumba, actuellement assistant à la Cour constitutionnelle et connu pour être sous le mentorat de Marie-Madeleine Mborantsouo. Il a déjà assuré la supervision des locales et sénatoriales en 2003, sans preuve de neutralité. ;
  • Alain-Christian Iyangui, ancien 2ème vice-président de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement Illicite, ancien représentant au Brésil et à Cuba de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap) pour la révision de la liste électorale en vue de la présidentielle de 2016 ;
  • Wenceslas Mamboundou, leader de l’ONG circonstancielle pour la présidentielle anticipée de 2009, l’Observatoire indépendant de la démocratie, ancien conseiller stratégique d’Étienne Ngoubou au ministère du Pétrole, politologue (diplômé de Sociologie politique) proche du pouvoir notamment de Paul Biyoghé Mba, très remarqué à la télévision.
  • Jean Minko, magistrat, conseiller à la Primature, représentant du gouvernement au Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ;
  • Jean-Pierre Mintsa, inconnu au bataillon. À moins de ne pas être l’homonyme du chef Unité, chargé des Relations extérieures de l’Asecna au Gabon ;
  • Jean-Bernard Moussavou Moussavou, auteur d’articles et ouvrages sur la diplomatie gabonaise, ancien commissaire-membre de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI),
  • Auguste Moussirou Mouyama, écrivain, aucun penchant politique connu auparavant même si ses frères, Sébastien Mamboundou Mouyama, ancien opposant aux côtés de Pierre Mamboundou devenu ensuite ministre d’Omar Bongo, et Alfred Mabika-Mouyama, ancien Président-directeur général de la Poste SA désormais en délicatesse avec le pouvoir, se sont illustrés dans l’arène politique nationale. Professeur de lettres à l’Université Omar Bongo, ancien directeur de l’École normale supérieure de Libreville, il était 4 ans durant à Madagascar où il représentait le Gabon à l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) ;
  • Jean-Marie Ntoutoume Mengouélé, juriste, ancien premier adjoint de la directrice du Conseil gabonais des chargeurs (CGC) ;
  • Arlette Ntsame Zeng, seule femme de la liste, magistrate, directrice de la Direction générale des affaires pénales au Conseil supérieur de la magistrature.

Le dossier a été transmis à Cyriaque Mvouradjiami, le président de la Commission spéciale devant choisir le prochain président de cette institution.

 
 

10 Commentaires

  1. 8Gabomama dit :

    Ce qu’on constate, ce que ces 10 là on chacun une histoire avec le pdg ou du moins le gouvernement pdg. Ils ne sont pas neutres. Des gens ayant déjà représenté le gouvernement au plus haut niveau sont au Gabon tous proches du pouvoir. Si on vérifie ceux qui ont réellement une véritable indépendance et aucune dette envers le pouvoir on été recalé.

  2. AIRBORNE dit :

    Bon, maintenant que les candidats sont lices, que le meilleur gagne en toute legalite, puisce bureau devra preter serment pour leur neutralite, impartialite, independance, sinon en cas d’irregularite, des sanctions en leur en contre doit etre prevu avec annulation, changement de bureau et reprise du vote.

  3. Piouf! dit :

    tous ayant déjà flirté avec le pouvoir; aucun n’est neutre

    • moukouambo dit :

      sachons qu’il n’ y a pas de génération spontanée.tous les postulants ont occupé des emplois dans ce pays ,surtout qu’il est dirigé depuis 50 ans par le pdg.Je ne vois pas de quelle manière avoir quelqu’un qui n’ait pas occupé une fonction.même les candidatures en 2009 et 2016 ce sont des anciens barrons du pdg ou ont flirté avec le pouvoir.Gageons seulement que celui qui sera choisi ,saura faire respecter le choix du peuple et non un béni oui oui comme la défunte Cenap ,l’actuelle CC etc…

  4. Lafayette dit :

    C’est mal parti. Ça sent déjà la pourriture1

  5. Lafayette dit :

    Wenceslas Mamboundou avait fourni un rapport vicié des tueries de 2009 à Port Gentil, après qu’ils ait été reçu en compagnie de ses amis par Paul Biyoghe Mba.

  6. ABO dit :

    Ho les Gabonais la critique toujours et encore la critique stérile incapable de prendre leur responsabilité ou sont les autres candidats à part ceux là qui ont essayés de poser leurs candidatures.

  7. espoir dit :

    Le probleme des elections au gabon reside dans le refus du pouvoir de permettre a notre pays de connaitre l’alternance et non dans le changeddment des presidents de cette institution. moi je ne reve pas.meme avec le nouveau arrivant la didacture demeurera.

  8. Léonce dit :

    Les gabonais et la critique stérile , gratuite et pompeuse.
    Alors faisons simple ; que le prochain président du Centre Gabonais des Elections soit un sujet chinois , il aura au moins le mérite de mettre tout le monde d’accord.
    Plus sérieusement , nous avons dix (10) compatriotes courageux et valeureux qui ont déposé leur dossier de candidature et déjà , ils ont mal à leur neutralité.
    Je vais en surprendre plus d’un , la neutralité est un mythe.
    Bon courage au nouveau Président du CGE.

  9. IKANDA dit :

    De mon point de vue, pas de magistrats à la tête du CGE.
    Par contre MOUSSIROU MOUYAMA peut bien faire l’affaire.

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