Même s’il faut se garder d’une euphorie hâtive, il apparaît nécessaire de se féliciter de ce que le Premier ministre actuel ait «montré la voie» en ce qui concerne les nominations dans les cabinets ministériels en s’entourant de collaborateurs issus d’horizons et de communautés linguistiques divers et en s’appliquant le principe genre qui place neuf femmes à la tête des départements de la Primature. Voyage au sein du cabinet de Julien Nkoghé Békalé, soixante jours après sa nomination. 

Nommé le 11 janvier dernier, Julien Nkoghé Békalé vient de passer, cette semaine, le cap des 60 jours à l’immeuble du «2 décembre». © Facebook/Kevin Mebalet

 

60 jours déjà ! Nommé le 11 janvier dernier, Julien Nkoghé Békalé vient de passer, cette semaine, le cap des 60 jours à l’immeuble du «2 décembre». Après avoir placé la bonne gouvernance, le patriotisme, le courage et le vivre-ensemble, donc la lutte contre toutes formes de dérives, au cœur de son action, Julien Nkoghé Békalé vient de mettre en place son cabinet. Un cabinet technocratique et multiethnique qui semble avoir eu l’assentiment de l’opinion, à commencer par celui des fonctionnaires de la Primature. «Travailler avec tous les Gabonais d’où qu’ils viennent semble être son credo», observe un attaché de cabinet du département Communication. «N’est-il pas beau de voir par exemple un originaire de Popa (Ogooué-Lolo) et un ressortissant du pays Kota, occuper des fonctions éminentes de directeur de cabinet et de chef de cabinet aux côtés de ce Premier ministre issu de la province de l’Estuaire ? Tout comme il est beau de constater que, sur les 13 Conseillers chefs de département, neuf sont des femmes», souligne pour sa part un agent exercant à la Primature depuis les années 1990 sous Casimir Oyé Mba.

9 chefs de département sur 13 sont des femmes !

De fait, parmi les femmes chefs de département, se trouvent l’ancienne ministre Nadine Anguilé Obame à la tête du département à rallonges Education, Enseignement Supérieur, Recherche scientifique, Culture, Sport et Jeunesse ; Claudia-Pélagie Mayindza Koussou à la tête du département Travail, Relations avec les Partenaires sociaux et Dialogue social ; Marie-Edith Tassyla Yé Doumbénény, comme chef du département Diplomatie et Gabonais de l’Etranger ; Huguette Tsono, comme chef du département Economie, Finances et Budget ; Camélia Ntoutoume Leclercq, chef du département Communication qui se trouve être en outre Responsable de la Coordination de la Communication gouvernementale, ou encore Laetiana Bongo, à la tête du département Promotion des Investissements, Partenariats Public-Privés et Commerce.

Le chef du gouvernement a, par ailleurs, fait appel à d’anciens ministres tel que Joseph Moundziégou, désigné à la tête du département Juridique, Fonction Publique, Justice et Réforme de l’Etat, ainsi qu’à de hauts fonctionnaires expérimentés, à l’instar du Dr. Eric Bayé, ex-directeur général du CHU de Libreville, nommé chef du département Santé, Affaires sociales, Famille et Egalité des chances. On compte également Hyacinthe Bamba, ancien directeur général au ministère de l’Equipement et des Infrastructures, nommé chef du département Equipements, Infrastructures, Transport et Habitat ; Yvon Guy Donat Tchicot, ancien directeur de cabinet du ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques, nommé à la tête d’un autre département à rallonges Eau, Energie, Mines, Pétrole, Hydrocarbures. Il y a aussi des fonctionnaires issus des milieux de la société civile ou tout simplement non encartés politiquement, tels que Francisca Ursulla Moundounga confirmée au poste de directeur du Protocole et Jacques-Fourrier Mangoumba Maloulou qui arrive au poste de directeur de la Communication du Premier ministre.

La colonne vertébrale est là : Mbadinga Madiya, Lola Mvou, Rawambia, Ntoutoume Ongone !

De plus, avec Jonas Prosper Lola Mvou comme secrétaire général du gouvernement, Vincent Rawambia au poste de secrétaire général de la Primature, Hugues Mbadinga Madiya aux fonctions de directeur de cabinet, et Sylvère Ntoutoume Ongone, le directeur de cabinet adjoint, la colonne vertébrale de la Primature est là. Une colonne vertébrale aux origines si diverses. Pas de place donc au repli identitaire. «Ne comptent pour le Premier ministre non pas l’origine géographique ou la communauté linguistique, mais la compétence, l’efficacité et la connaissance des problématiques actuelles du pays», indique un Conseiller au département Politique.

Certains membres de son gouvernement devraient suivre cet exemple

 «En se choisissant des collaborateurs issus de divers horizons et en confirmant d’autres ayant servi sous certains de ses prédécesseurs, Julien Nkoghé Békalé entend faire vivre les fondamentaux du vivre-ensemble, charnière entre l’unité nationale et la cohésion sociale et maillon essentiel de l’action politique du chef de l’Etat», estime une fonctionnaire de la Primature exerçant au département Travail et Dialogue social. «Quand on regarde la composition de son cabinet, on se rend compte du parfait maillage que le Premier ministre a voulu faire entre les provinces, les communautés culturelles et la grande présence féminine. Genre, pluralité des profils et diversité des origines, cela n’a pas toujours été le cas ici au 2 décembre ; la raison a eu le dessus sur l’émotion», ajoute-t-elle. «Certains ministres devraient suivre cet exemple».

Maintenant, place doit être à l’action pour le cabinet et surtout pour le gouvernement ! Les Gabonais souhaitent en effet que les gouvernants aillent au-delà des discours. Ils veulent voir notamment arriver de l’eau dans leurs robinets à toute heure et en tout lieu, l’asphalte sur leurs routes, des salles de classe en grand nombre et des centres de soin de proximité… Exactement ce pour quoi le Premier ministre s’est engagé dans sa déclaration de Politique générale le 26 février dernier.

 
 

2 Commentaires

  1. IGO dit :

    Pluralité c’est quoi? Y a combien des…./Mais on remarque que les gens de l’OM sont tous opposants ou de simples pestiferés qui font peur.Revisez les listes kilometriques des promotions en conseil des ministres pour se rendre compte qu’il ya des Gabonais qu’on ne veut plus voir/La reconciliation ne se fera pas à ce prix.

  2. Alain AMBOUROUE dit :

    J’ai appris qu’effectivement le directeur de cabinet du Premier ministre est de Popa. C’est un proche de Pacôme Moubelet Boubéya. Il y a aussi parmi les conseillers Amélie Bounguendza, la sœur du SG du PDG. Vive le vivre-ensemble !

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