Appelée au gouvernement de la République le 12 janvier dernier au poste de ministre de la Pêche et de la Mer, la native du département de la Zadié avait déjà rencontré, à Libreville au début de ce mois, les ressortissants de sa localité. Cette fois, elle est allée s’entretenir avec eux dans le chef-lieu de la Zadié. Va-t-on vraiment bâtir le Gabon sur des idées nouvelles ou continuer avec des pratiques tendant, à petites touches, à mettre en péril le vivre-ensemble ? Avec elle, c’est «Mékambo d’abord»…

Prisca Amahéba Koho-Nlend, ministre de la Pêche et de la Mer. © metandou.com

 

Avait-on besoin de montrer ces images à la télévision ? Avait-elle besoin de médiatiser une rencontre qui sortait du cadre de ses missions gouvernementales ? Simples questions… En tout cas, Mékambo était en fête le week-end dernier. Venues notamment des seize quartiers de la ville, dont Paris-Bouillon, et des cantons Djouah, Loué, Mbengoué et Sassamongo, les populations étaient présentes sur la place principale du chef-lieu du département de la Zadié pour écouter la ministre de la Pêche et de la Mer. Le sujet de la causerie ne portait nullement sur les questions de pêche ou sur celles liées aux activités maritimes. Pas du tout. Il était uniquement axé sur  «le développement de Mékambo et de toute la Zadié et sur l’unité des filles et fils de la localité» ! Mékambo d’abord !

© metandou.com

Comme un député – qu’elle n’est pas – Prisca Amahéba Koho-Nlend est allée recueillir les doléances des populations, exprimées par un notable, Bruno Mekossangoye, et par d’autres dignitaires de la localité. Comme ils le feraient à l’endroit d’un de leurs élus nationaux, les intervenants ont mis à profit cet échange pour traduire les difficultés des populations face à la dureté des conditions de vie. Mékambo d’abord !

Prisca Koho est capable de sortir des sujets qui entament l’enthousiasme de ceux qui pensent à un meilleur vivre-ensemble

La ministre de la Pêche et de la Mer a ensuite pris la parole pour appeler à «l’unité des filles et des fils de Mékambo et de toute la Zadié, seul gage pour le développement de la localité». Très prolixe, elle a estimé que c’est la désunion et le manque de solidarité qui œuvrent à la déliquescence et à l’absence de progrès de cette localité.

«Mékambo d’abord» oui, mais est-elle légitime pour aller recueillir les doléances des populations de son «village natal» ? Une fois à Libreville, recevra-t-elle un budget pour aller régler les problèmes portés à sa connaissance le week-end dernier ? Est-elle une «boîte à idées citoyenne» dans laquelle on peut déposer des projets, des vœux, des sujets divers et variés ? Ou est-elle tout simplement en quête de visibilité ?

En tout cas, le ministre de la Pêche et de la Mer devrait plutôt mettre en avant son activité ministérielle, et, dans l’opinion, on sait qu’elle en est capable… On la sait surtout capable de sortir des sujets qui entament l’enthousiasme de ceux qui pensent à un meilleur vivre-ensemble, car le vivre-ensemble, il ne faudrait pas que ceux qui en parlent le plus soient ceux qui en font le moins !

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW