Face à la hausse constante des prix du carburant, Mays Mouissi souhaite que le gouvernement rétablisse le mécanisme public de soutien aux prix de l’essence et du gasoil, lorsque le seuil de 800 francs CFA le litre est atteint à la pompe. «800 francs CFA/litre deviendrait ainsi le prix maximum de l’essence et du gasoil à la pompe au Gabon», a proposé l’analyste économique.

Mays Mouissi propose une réforme visant à supporter la hausse des prix du carburant à la pompe. © Gabonreview/Shutterstock

 

Mays Mouissi. © mays-mouissi.com

Comment contenir les prix du carburant à la pompe, marqué par des fluctuations fréquentes ? Analyste économique, Mays Mouissi a une petite idée. Dans sa note économique de juillet 2019, ce spécialiste en contrôle des risques et sécurité financière a évoqué la nécessité d’instaurer une «subvention des prix du carburant à la pompe à partir de 800 francs CFA/litre».

La structure des prix du carburant en vigueur n’étant pas disponible au grand public, Mays Mouissi a élaboré un tableau de progression des prix, construit statistiquement sur la base d’hypothèses particulièrement favorables (dont 1 USD = 749,80 francs CFA & coefficient de corrélation = 0,8). Selon ce tableau, il en résulte qu’un litre d’essence coûterait plus de 800 francs CFA avec un baril à 85 dollars. Tandis qu’un litre de gasoil serait évalué à 800 francs CFA avec un baril 90 dollars.

«Un litre d’essence/gasoil à plus de 800 francs CFA serait difficilement acceptable pour les populations en raison de l’inflation», a estimé Mays Mouissi, proposant ainsi une réforme. Il s’agirait de rétablir le mécanisme public de soutien aux prix de l’essence et du gasoil lorsque le seuil de 800 francs CFA le litre est atteint à la pompe. «800 francs CFA/litre deviendrait ainsi le prix maximum de l’essence et du gasoil à la pompe au Gabon», a proposé l’analyste économique.

Selon lui, cette réforme a l’avantage de «doter l’État d’un mécanisme d’intervention social ayant un impact fort sur la maitrise de l’inflation». De plus, cette réforme est peu chère, «car n’étant applicable qu’en des circonstances exceptionnelles», a estimé Mays Mouissi. Une piste que le gouvernement gagnerait peut-être à étudier, tant «la suppression de la subvention des prix grand public de l’essence et du gasoil, sans pour autant prévoir un plafond de prix à partir duquel elle pourrait être réactivée, fait peser sur le pays un risque social fort».

En réponse aux demandes répétées du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement gabonais a décidé, en janvier 2015, «l’élimination complète des subventions sur le gasoil et l’essence» afin de se dégager des marges budgétaires. Entre juillet 2015 et juin 2019, les prix de l’essence à la pompe se sont accrus de 30% passant de 535 à 695 francs CFA le litre ; tandis que ceux du gasoil ont connu une hausse de 43%, passant de 470 A à 670 francs le CFA le litre.

 
 

2 Commentaires

  1. ENDUNDU dit :

    Mais qu’attendent les voix autorisées de la République pour répondre ou contrecarrer les analyses de Mays Mouissi. Dans le dévéloppement d’un Etat, il est tjrs bon pour les gouvernants d’être à l’écoute de tout citoyen refléchi.

  2. bill ngana dit :

    Ces augmentations ont apporté quoi au budget de l’Etat depuis la date indiquée ici ? Et pourquoi celui-ci continue-t-il à emprunter autant pour réaliser des projets dont on ne voit pas se concrétiser sur le terrain (le cas des routes, par exemple) ? Quel est la véritable structure du prix du carburant à la pompe au Gabon, qui l’achète parfois chez des partenaires non producteurs ?

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