Malgré les incantations du gouvernement, en dépit des tentatives de mystification menées par la Cour constitutionnelle, le lieutenant Kelly B. Ondo Obiang a dit ne plus croire au fonctionnement régulier des institutions. Ses doutes découlent du contexte politico-institutionnel actuel.

Comme de nombreux compatriotes, les putschistes du 7 janvier ont certainement rêvé d’une clarification rapide sur l’état de santé d’Ali Bongo. Seulement, les zigzags des institutions ont fini par leur faire craindre le pire. © Gabonreview/Capture d’écran YouTube

 

Notre pays se donne en spectacle. À la face du monde, il se présente comme une curiosité. Après une élection présidentielle d’anthologie (lire «Les doutes de la MOE-UE sur le résultat»), des événements tout aussi excentriques se sont multipliés : modifications unilatérales de la Constitution, renvoi du gouvernement puis dissolution de l’Assemblée nationale par une autorité non habilitée, érection du Sénat en parlement monocaméral (lire «Vide institutionnel») et, last but not least, gestion hasardeuse de la situation née des ennuis de santé du président de la République (Lire «Des institutions hors-jeu»). Implicitement, les auteurs de la tentative de putsch du 7 janvier courant l’ont dit : leur initiative traduit à la fois une certaine désespérance et un refus de s’accommoder du flottement institutionnel. En exprimant leurs «doutes» sur les réelles capacités physiques, mentales et intellectuelles d’Ali Bongo, en mettant à l’index les manigances politiciennes d’arrière-cour, en évoquant les émeutes de septembre 2016, ils ont porté un discours politique.

Un jeu politico-institutionnel cadenassé par des liaisons incestueuses

Malgré les incantations du gouvernement, en dépit des tentatives de mystification menées par la Cour constitutionnelle, le lieutenant Kelly B. Ondo Obiang a dit ne plus croire au fonctionnement régulier des institutions. D’essence politique, son message se fonde sur une conception classique de la république. En république, les détenteurs de l’autorité publique agissent dans la transparence et la responsabilité. Censés défendre la chose publique, ils exercent leur autorité par la loi. Réputés attachés au bien commun, ils respectent la liberté d’autrui. Présumés favorables à l’intérêt général, ils agissent avec équité. Pour ne pas susciter la défiance populaire, ils se gardent d’œuvrer à la protection d’intérêts privés ou partisans. Or, les putschistes ont justement prétendu avoir agi dans le but de parvenir à la «restauration». (Lire «Déclaration militaire sur Radio Gabon»).

Passée la condamnation du mode opératoire, leur propos mérite une analyse circonstanciée. A en croire leurs dires, leur objectif était clair : mettre un terme au «blocage du fonctionnement régulier des pouvoirs publics» et, «sauver la démocratie en péril «. Maintes fois exprimées (lire «Barro-Chambrier souhaite la libération du pays»), ces préoccupations découlent du contexte politico-institutionnel (lire «Ike Ngouoni et Noureddine Bongo veulent-ils damer le pion à Frédéric Bongo ?»). Ayant choisi de sortir de leur réserve, le lieutenant Kelly B. Ondo Obiang et ses acolytes s’en sont saisis. Surfant sur leur statut, ils ont cru devoir aller au-delà de la simple protestation verbale. Ont-ils été confortés dans leur analyse par la surdité des institutions aux exigences des forces sociales opposées au Parti démocratique gabonais (PDG) ? En tout cas, ils ont dit vouloir faire échec aux «manœuvres en cours». Naïvement, ils ont estimé devoir déverrouiller un jeu politico-institutionnel cadenassé par des liaisons incestueuses. Quelque part, leur acte est l’expression d’un déficit de confiance dans les institutions.

Faire la lumière sur l’état de santé d’Ali Bongo

Depuis 2009 et davantage depuis le déclenchement des ennuis de santé d’Ali Bongo, nos institutions ont achevé de convaincre de leur incapacité à fonctionner avec efficacité, dans la transparence et la responsabilité. Malgré une diversité politique de façade, la logique patrimoniale l’emporte encore. Ni la libre confrontation dans le débat public ni la notion de bien commun n’ont été intégrées dans le logiciel des gouvernants. Bien au contraire. Entre les oukases répétées de la Haute autorité de l’audiovisuel (Hac) (lire «Dialogue de sourds»), les imprécisions du gouvernement (lire «Pas de vacance du pouvoir») et, les bricolages de la Cour constitutionnelle (lire «Mborantsuo aux commandes»), les institutions s’éloignent toujours un peu plus du reste de la communauté nationale. Plus grave, le rôle de la famille nucléaire d’Ali Bongo en rajoute à cette impression de «confiscation du pouvoir» par des personnes sans mandat politique ou responsabilités publiques (lire «Le gouvernement emboîte le pas à Sylvia Bongo»). Tout ceci rompt avec la conception classique de l’Etat et de la république.

Comme bien des Gabonais, les putschistes du 7 janvier ont dû observer la situation présente avec étonnement. Comme de nombreux compatriotes, ils ont certainement rêvé d’une clarification rapide. Seulement, les zigzags des institutions ont fini par leur faire craindre le pire. Du coup, ils ont décidé de «prendre (leurs) responsabilités», se lançant dans une équipée anticonstitutionnelle. Néanmoins, au-delà de leur sort personnel, ils ont mis les détenteurs de l’autorité publique face à un défi : faire la lumière sur l’état de santé d’Ali Bongo et ses répercussions sur le fonctionnement de l’Etat.

 
 

7 Commentaires

  1. Mimbo dit :

    Le pdg et les siens souffrent d’une maladie qui est la méconnaissance de l’expérience sensible(ils n’ont jamais touché le feu,tel un enfant au stade buccal ).Cette expérience vivement qu’ils l’expérimentent,le plus tôt sera le mieux.

    • Ikobey dit :

      Et toi, tu ne serais pas resté au stade anal ? 🙂

      • Abieri dit :

        Ah! Ah! bien joué Ikobey !
        Plu sérieusement, le déficit de confiance ne serait pas grave, il s’agit là d’un déficit de loyauté. Ce lieutenant a-t-il oublié son serment ?
        L’honneur d’un officier n’existe pas pour lui.
        C’est une haute trahison! seule une cours martiale doit le juger.

        • Komilfo dit :

          Oui ikobey connait vraiment tout Komilfo

          • Komilfo dit :

            admirablement dit Ce n’est pas ce jeune et vaillant Lt (ni même ses valeureux collègues)le problème , il n’est qu’un parmi de milliers voir des centaines de milliers qui se révoltent dans un pays qui ne fonctionne tout simplement plus
            Finalement l’ikobey et ses conscrits n’ont donc rien compris. Komilfo

        • Fayo dit :

          raisonnement d’un altogovéen accroché aux Bongo. Son serment c’est avant envers le Gabon et son peuple. Ce que tu appelles haute trahison, c’est ce qui a fait de Sankara l’icone de la jeunesse Africaine, de Jerry Rawlings le fondateur d’un Ghana démocratique, prospère avec un peuple libre et épanouie. Ce qui prouve que la haute trahison est le remède contre les régimes pourris comme celui des Bongo. Fidélité et loyauté à la nation impose de balayer les institutions illégitimes

  2. Michel BOUKA RABENKOGO dit :

    ” BWETE TE SOUHAITE PARTICULIÈREMENT ” : AMBIA.
    2019 ; L’Heure d’un nouveau Léon MBA (GABON D’ABORD) à La Tête d’IBOGA (Gabon) a sonné :
    « DÉCRET DE MUANGA N’KOMBÉ (DIEU LE PÈRE CRÉATEUR). »
    ” LA DYNAMIQUE BWETE ”
    * ” TROIS CENT TRENTE TROISIÈME JOUR DE L’ÈRE CALENDAIRE LÉON MBA MINKO : GABON D’ABORD ” *
    « ” LA RESTITUTION EST AMORCÉE ” »
    En français facile :
    ” JEAN PING EST LE DEUXIÈME GUIDE PRÉSIDENT D’IBOGA (GABON) “.
    « IBOGA (GABON) A TOTALEMENT RECOUVRÉ SON HONNEUR ET SA DIGNITÉ »
    Pourquoi les médiocres qui s’accrochent mordicus à un pouvoir qui est au-dessus de leurs minables coefficients intellectuels, ses gamins incapables de distinguer une insurrection d’un d’état ? QUI A ÉTÉ PRIS SÉQUESTRÉ OU PRIS EN OTAGE ?
    Peuple d’IBOGA (Gabonais), arrêtons de nous laisser distraire par une bande d’incultes incompétents soutenus par des forces du mal qui tirent profit de la situation actuelle dans notre pays. BWETE déclare sans aprioris, que la France mafieuse et la moribonde franc-maçonnerie sont responsables de tout ce que nous vivons depuis 1953, quand la France a été chassée d’Algérie par les algériens.
    BWETE fait remarquer que le mécanisme du choix, d’un dirigeant africain est occidental. Je n’ai pas observé pour ce qui me concerne depuis 2016, une contre réaction des USA, de l’Union européenne ou de la France à la médiocre imposture insultante d’Ali Bongo, qui avait violé et déshonoré les termes fondateurs de la démocratie et de l’état de droit propriété de l’occident.
    « UN ANIMAL EST ANIMAL. UN HUMAIN EST UN HUMAIN. »
    Jean PING est le guide Président élu 2016. Il n’a pas besoin de faire tuer les enfants gabonais pour récupérer quoi que ce soit. L’UE a participé pour le compte de l’occident comme observateur à l’élection présidentielle de 2016.
    « ELLE SAIT QUE JEAN PING EST LE PRÉSIDENT. »
    Il lui revient de faire respecter les termes qui fondent sa société. La stratégie et la géostratégie ne s’expriment pas en ses termes braconniers. Un peuple intelligent qui bénéficie de la grâce de ” L’Intelligence Divine Exceptionnelle IBOGA “, Le Bois Sacrée, ne connait ni la passion, ni l’émotion pour résoudre ses contradictions. Jean PING est le Guide Président Élu. Son pouvoir, il l’exerce depuis 2016 pacifiquement et sans violence aucune. Tant-pis pour celui qui ne l’a pas encore compris.
    BWETE rappel qu’une insurrection est un soulèvement armé ou une révolte contre le pouvoir en place. Les personnes agissant au nom d’une insurrection sont des insurgés.
    La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce en son article 2 le droit de résistance à l’oppression parmi les quatre « DROITS NATURELS ET IMPRESCRIPTIBLES DE L’HOMME ».
    La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 énonce en son article 35 :
    « QUAND LE GOUVERNEMENT VIOLE LES DROITS DU PEUPLE, L’INSURRECTION EST, POUR LE PEUPLE ET POUR CHAQUE PORTION DU PEUPLE, LE PLUS SACRE DES DROITS ET LE PLUS INDISPENSABLE DES DEVOIRS ».
    Aucune loi ne précise le jugement et la juridiction chargée du jugement d’une insurrection à IBOGA (Gabon). L’insurrection militaire du Lieutenant ONDO OBIANG et son groupe a ” LA BÉNÉDICTION TOTALE ” de BWETE, des MIKOUKOU, de N’GONDET et de MUANGA N’KOMBÉ (DIEU). BWETE MEMBRE DE LA COMMISSION DES INSTITUTIONS A CONFÉRENCE NATIONALE DE 1990. BWETE. /
    En réaction à : https://www.gabonreview.com/blog/putsch-manque-lexpression-dun-deficit-de-confiance/#commentspost
    *IBOGA EST DÉSORMAIS AUX COMMANDES*
    # LA RESTITUTION #
    “GABON D’ABORD”

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