Cherchant visiblement chacun à tirer profit du recensement actuel des commerçants de Libreville, le ministère du Commerce et l’Hôtel de Ville sont en conflit de compétences. Au milieu de cet imbroglio, les opérateurs économiques s’inquiètent de devoir payer plus de taxes.

Léandre Nzué, le maire de Libreville, a récemment lancé une opération d’identification des commerçants à la place du ministère du Commerce. © D.R.

 

Qui est censé faire quoi ? À qui du gouvernement ou de l’Hôtel de Ville est dévolue la mission d’identifier les commerçants de la capitale ? Ces questions, les opérateurs économiques de Libreville aimeraient bien que les autorités y répondent. Seulement, il semble que ni le ministère du Commerce ni l’Hôtel de Ville ne peuvent les renseigner, alors qu’une opération de recensement est en cours depuis quelques jours. Menée par la mairie centrale dans les différents marchés de la capitale, cette opération donne lieu à la remise d’une carte dite professionnelle à chaque opérateur recensé. Et celle-ci n’est pas gratuite. Loin de là !

Or, au ministère du Commerce, l’on tend à présenter l’opération lancée par Léandre Nzué comme une initiative illégale. D’autant que celle-ci fait partie des activités qu’entend mener l’administration dirigée par Jean-Marie Ogandaga. «Nous avons inscrit dans le plan de travail ministériel cette matière», assure Barthélémy Ngoulakia, le secrétaire général dudit ministère, tout en informant que cette activité sera présentée au cours du prochain Conseil interministériel.

L’opération d’identification des opérateurs économiques de Libreville et du Gabon tout entier ferait d’ailleurs partie des mesures entrant dans le cadre du Plan de relance économique (PRE) porté essentiellement par le gouvernement. Informé sur la question, il semble que l’édile de Libreville ait décidé de ne pas y tenir compte. Pourtant, le secrétaire général du ministère du Commerce affirme que plus d’une correspondance a été adressée à Léandre Nzué, qui n’y a pas donné suite. Il s’agissait pour les autorités gouvernementales d’échanger sur les compétences des deux différentes administrations publiques.

Au milieu de cette confusion, les commerçants de Libreville craignent d’être doublement taxés par les autorités. Comme pour les rassurer, tout en les invitant à n’attendre que l’opération d’identification du ministère du Commerce, Barthélémy Ngoulakia a échangé, le 3 juillet, avec le syndicat des commerçants. La preuve, s’il en fallait, que le «dialogue public-public» souhaité par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a encore du mal à prendre forme.

 
 

2 Commentaires

  1. Le commerçant dit :

    Tout est organisé pour racketter les pauvres commerçants.La Mairie invente ses taxes (hygiène,propreté, publicité, etc). L’État invente les siennes.On ne s’est plus qui est qui? Et qui fait quoi?
    A ce rythme là vous allez tuer l’initiative privée. D’ailleurs, on ne sait pas ce que vous faites avec notre argent. Libreville est toujours salle. Les routes sont en piteux état; pas des toilettes publics à tel point que les gens sont obligés de faire dans la nature.
    C’est bien beau d’identifier tous les commerçants. Pourquoi vous ne mettez pas en place un système d’information performant qui permettrait d’édifier individuellement les opérateurs économiques par courrier (email, La Poste, coursier,etc) sur ce qu’il devrait payer chaque année. Cela éviterait le racket d de certains agents municipaux et permettrait une meilleure transparence et une efficacité dans le traitement des opérateurs économiques.
    Le Gabon émergent et la Mairie émergente ne doivent pas s’éloigner de l’e-administration. Il faut digitaliser vos processus administratifs.

  2. Ngouss Mabanga dit :

    un maire voyou!

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