Contenant 29 cranes et 180 objets en fer et en cuivre, Iroungou, la grotte sépulcrale a été découverte dans la province de la Ngounié.

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ses collaborateurs et Cantin Meunier suivant la présentation de Richard Oslisly le 18 décembre au nouveau musée nationale de Libreville. © Gabonreview

 

Richard Oslisly, répondant aux questions de la presse le 18 décembre au nouveau musée national de Libreville. © Gabonreview

Les équipes du Dr Richard Oslisly, le géo-archéologue de la cellule scientifique de l’Agence nationale de la préservation de la nature (ANPN), ont découvert grâce à une double mission archéologique et spéléologique effectuée du 18 au 28 septembre dernier, des ossements et objets dans une grotte sépulcrale située dans la province de la Ngounié, dans les concessions agroindustrielles d’Olam, près de la ville de Mouila. Cette grotte a été baptisée «Iroungou».

«La chance phénoménale, c’est l’entrée de la grotte d’Iroungou. Cette entrée là, je l’avais trouvé en 1992 mais on n’était pas équipé pour descendre. Cette fois-ci, on était équipé. C’est 27 mètres de profondeur», s’est émerveillé Richard Oslisly présentant au ministre de la Culture devant la presse, les résultats de la mission. Selon lui, une série de perles avec des coris, des restes humains et de mâchoires ont été découverts.

A 23 mètres sous terre, un amoncellement de squelettes. Photographiés, les ossements ont permis aux chercheurs de recenser 29 cranes et des objets ensevelis par des ossements et des roches. «On a comptabilisé plus de 180 objets de très bonne qualité», a-t-il déclaré citant en autres des haches, couteaux, épées, cloche en fer dit «Kindou», et autres objets spéciaux non identifiés à l’instar de celui en fer ressemblant à un sceptre de 70 cm. Des objets en fer et en cuivre qui n’ont pas été touchés. «Les squelettes et les objets sont en place. C’est pourquoi ce site exceptionnel devra être entièrement scannérisé et étudié par une équipe d’archéologues chevronnés», a souligné Richard Oslily.

Préconisant une exposition, il a estimé que cette découverte pourrait apporter une plus-value au nouveau musée national. Le site, a-t-il fait savoir, date de la dernière moitié du siècle dernier. «On le situe entre 1600 et 1850», a-r-il dit. Cette recherche devrait permettre de comprendre les us et coutumes des populations anciennes, d’apprécier les différents échanges commerciaux et régionaux par une étude des différents objets, et de savoir par des études génétiques sur les dents des crânes, quels pourraient être les descendants actuels. Rien n’est donc encore dit sur l’origine de ces ossements, mais étant dans la région de la Ngounié, Richard Oslily suppose qu’il pourrait s’agir des Punu, Nzébi, Apindji. Du moins les ethnies connues de la région, «mais ça reste difficile à déterminer», a-t-il soutenu.

La recherche a été soutenue par le groupe Olam qui en plus de mettre à disposition le site, a cofinancé la mission avec l’ANPN. «Cette recherche est formidable et on va évidemment suivre et l’appuyer. La grotte est déjà dans une zone préservée parce que dans le développement d’Olam il y a une grande partie des concessions mises en conservation. Donc cette grotte est dans son environnement naturel entièrement protégé et on continuera à s’engager pour qu’elle soit préserver», a déclaré le représentant d’Olam, Cantin Meunier.

Le ministre de la Culture Alain-Claude Bilie-By-Nze a remercié l’ANPN et Olam pour cette découverte qui pourrait mettre le Gabon sous les feux des projecteurs en signifiant que le gouvernement s’y associera pour aller plus loin. «A partir du moment où ces objets peuvent remonter bien au-delà de la période coloniale et la traite, ça pourrait montrer les échanges commerciaux qu’entretenaient déjà les populations, remonter sur les voies commerciales et l’état d’autres données utiles pour notre pays», a déclaré le membre du gouvernement.

«C’est très intéressant. Nous allons accompagner le projet. Le musée national sera heureux d’accueillir une exposition de tout ce qui aurait été découvert avec bien entendu le soutien et le concours de tous les partenaires. La suite va être prise par le ministère de la Culture, et pour certains aspects par le ministère de la Recherche scientifique. A partir d’aujourd’hui on va devoir mettre tous les mécanismes pour aller plus loin dans ce qui est fait», a-t-il poursuivi.

L’année prochaine Richard Oslisly a prévu de travailler dans la Nyanga. «Il y a beaucoup de cavités dans le parc national de Boukalaba Doudou et également en remontant la Nyanga en allant vers la frontière congolaise. Mais pour le moment on va poursuivre notre travail d’archéologie sur la grotte d’Iroungou», a-t-il déclaré.

Auteur : Alix-Ida Mussavu

 
 

4 Commentaires

  1. Wano dit :

    Voici un sujet pour les historiens et archéologues gabonais.
    C’est dommage que les sujets politiques occupement l’essentiel de l’intélligence des gabonais.

  2. Shox dit :

    Lorsqu’il y a un sujet aussi interressant,les gabonais s’éteignent..lorsqu’il s’agirat de oarler de leur feuilleton politique,les commentaires et les intelligences sont stimulées comme des petits vampires assoifés…notre histoire…précoloniale en plus…non,ça c’est pas assez interressant…on attend de commenter la prochaine foutaise politique…pathétique..nos cerveaux ont été complètement violés par la futilité

  3. evann's dit :

    ce genre de découverte laisse les de marbre….c’est dommage

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