Engagé dans la relance de l’économie, le Gabon pourrait, d’après le Fonds monétaire international (FMI), atteindre une croissance de 3%. Si le gouvernement se satisfait de l’exécution du Plan de relance de l’économie (PRE), dont le terme est fixé pour cette année 2019, Raymond Ndong Sima estime qu’il fallait d’abord rétablir les équilibres.

Pour Raymond Ndong Sima, le gouvernement aurait dû rétablir les équilibres avant de parler de relance. © D.R

 

Pour permettre à l’économie gabonaise de se soustraire des effets de la crise et de redémarrer, le pays a mis en place le Plan de relance de l’économie. Couvrant la période 2017-2019, il devrait aider à redynamiser la création d’emplois et de richesses, accélérer la diversification économique et asseoir les finances publiques sur une trajectoire soutenable. Pour son exécution, le gouvernement bénéficie de l’appui de certains bailleurs de fonds dont le principal reste le FMI, avec une enveloppe globale de 642 millions de dollars. Soit environ 321 milliards de francs CFA.

Si l’institution de Bretton Woods note des améliorations dans l’exécution de ce plan, quand bien même des efforts restent à faire, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima estime qu’«une relance n’est envisageable que dans une économie qui a retrouvé ses équilibres fondamentaux». Dans une interview accordée à Gabon Matin, cet économiste de formation dénonce une «confusion sémantique en parlant de relance». «Ne pas parler franchement de cette nécessité de rétablir les équilibres en priorité, c’est faire la politique de l’autruche», a-t-il déclaré.

Raymond Ndong Sima assure que les réformes annoncées ne produisent pas des effets visibles, tant les équilibres n’ont pas été rétablis. S’interrogeant sur le type de relance mise en branle par le gouvernement, il note que si le PRE portait sur l’Offre, une amélioration du climat des affaires pour inciter les investisseurs à plus d’engagements aurait été ressentie. Or, affirme-t-il, «les investisseurs sont chassés sans ménagement par une pression chaque jour plus insoutenable». S’il fallait les attirer, le gouvernement n’allait pas malmener «les hypothèses de retour sur investissement». Ce qui n’augurerait rien de bon.

Appréciant le PRE sous le prisme de la demande et des dépenses publiques, son regard est tout aussi sceptique. «Avec quelles ressources l’État qui n’arrive même plus à exécuter son budget de fonctionnement, va-t-il soutenir ces dépenses ? De nouveaux emprunts ? À quels taux ? À quels coûts ?» s’est-il interrogé. Vraisemblement, le PRE qui s’achève à la fin de l’année en cours n’a pas refleuri le pré des affaires.

 
 

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