L’application de la réforme des nouvelles conditions d’attribution des bourses a été reportée à l’année prochaine par le gouvernement, pour «préserver la sérénité du climat social». Ce qui n’enchante pas Marcel Libama, estimant que le fond du problème n’est toujours pas réglé.

Le syndicaliste Marcel Libama. © Gabonreview

 

«Le gouvernement n’a vraiment rien compris». C’est ainsi que Marcel Libama a apprécié, le 17 avril dans un post sur Facebook, la décision du gouvernement de différer la mise en pratique de la réforme sur les conditions d’attribution des bourses aux nouveaux bacheliers. «Je suis vraiment déçu par la déclaration du gouvernement lu par le ministre de l’Éducation nationale au sujet de la mesure inique sur les bourses», a déclaré le conseiller stratégique de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed).

Suite à la pression populaire autour de cette réforme, en effet, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé, le 16 avril, que la mesure querellée «ne sera pas appliquée cette année». Pour Marcel Libama, la déclaration de Michel Menga n’attaque pas le fond du problème, mais protège plutôt le fond de sa politique : «sacrifier la jeunesse».

«Les élèves ne sont pas contre la réforme des bourses. Ils disent tout simplement : la réforme oui, mais le fondement de l’excellence recherché par le gouvernement c’est les conditions d’enseignement et d’apprentissage», a soutenu le syndicaliste. Or, «dans la déclaration du gouvernement, aucune annonce sur les conditions de l’excellence [n’a été faite]. On aurait souhaité entendre le gouvernement s’engager par exemple sur la construction de nouveaux établissements et la formation des enseignants», a regretté Marcel Libama.

Celui-ci a également regretté que le ministre de l’Éducation n’ait glissé aucun mot sur les bourses des élèves qui ne sont pas payées depuis plusieurs années. Si «beaucoup d’élèves de collèges ont manifesté, c’est pour la bourse de 24 000 francs CFA», a-t-il souligné. Par ailleurs, Marcel Libama a jugé «insultant» pour l’enseignant, l’aspect de la communication de Michel Menga sur les vacations.

«Que viennent faire les vacations des examens et concours dans cette déclaration sur les bourses des élèves des collègues et lycées ? Pour le ministre parler du payement des vacations va mettre les enseignants en joie, comme si les vacations étaient un don du gouvernement. Pour le ministre, les enseignants aiment l’argent quand on va parler des vacations ils vont courir jeudi (le 18 avril, ndlr) vers les salles de classe», a déploré Marcel Libama.

Alors que la reprise des cours, suspendus le 14 avril, a été annoncée pour ce 18 avril, Marcel Libama a estimé que «les conditions ne sont pas réunies pour une rentrée sereine le jeudi». Une véritable prophétie, car les cours n’ont pas effectivement repris à travers le pays avec plusieurs professeurs absents de leurs postes, d’une part, et de nombreux élèves restés à la maison, d’autre part.

 
 

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