Un déficit de transparence dans la gestion de ce samedi 23 mars aurait pour conséquence de relancer le débat sur l’évaluation des capacités physiques et cognitives d’Ali Bongo.

Ali Bongo à l’Aéroport de Libreville, en février 2010. Ce samedi 23 mars de l’an 2019, du protocole de circonstance à la couverture médiatique en passant la disposition de la foule, tout sera disséqué. Tout sera analysé à la loupe voire au microscope. © Ogooueinfos

 

Ce sera peut-être l’heure de vérité. Ce samedi 23 mars, le président de la République est attendu à Libreville (lire «Ali Bongo rentre»). Après cinq mois passés hors du pays pour des raisons de santé, son retour aura indubitablement deux conséquences au choix : soit il clôt définitivement le débat sur la vacance du pouvoir, soit il relance celui sur la qualification de son empêchement. N’en déplaise aux zélateurs, tel est l’état de l’opinion. Si les adversaires d’Ali Bongo se posent bien des questions, les détenteurs de l’autorité publique doivent s’interroger. Comme lors de la prestation de serment du gouvernement (lire «Ali Bongo quitte Rabat» ), comme lors de son précédent séjour (lire «Omerta sur le retour d’Ali Bongo»), ce voyage fera l’objet d’une attention particulière. Du protocole de circonstance à la couverture médiatique en passant la disposition de la foule, tout sera disséqué. Tout sera analysé à la loupe voire au microscope.

Lignes de fracture

L’état de santé d’Ali Bongo a fait couler encre et salive (lire «La sortie injurieuse de Dodo Bounguendza»). Depuis le 24 octobre dernier, tant de choses ont été dites. La communication officielle et le tango des institutions ont nourrit toutes les hypothèses, suscité bien de sarcasmes, entretenu tant d’incertitudes : «fatigue passagère», «fatigue sévère» puis «accident vasculaire cérébral justifiant une prise en charge médico-chirurgicale en secteur hautement spécialisé» et enfin, «coma artificiel». Ballottée, prise en tenaille entre des versions pas toujours concordantes, l’opinion en a tiré une conclusion : soit Ali Bongo est mort, soit il est atteint du syndrome d’éveil non-répondant. S’étant ancrée au fil du temps, cette conviction est, de toute évidence, la conséquence des atermoiements, demi-vérités et mensonges des institutions.

En tout état de cause, les quatre dernières semaines ont été marquées par le débat sur la vacance du pouvoir. Pressée par l’opinion, l’opposition n’a eu de cesse de plaider pour la mise en œuvre de l’article 13 de la Constitution, au nom du patriotisme (lire «L’appel au sursaut patriotique de Zacharie Myboto»). Se voulant optimiste, le gouvernement s’est refusé à aborder cette question. Surfant sur les collusions institutionnelles, il s’est même laissé aller à des menaces publiques (lire «Nkoghé Békalé rassure les commerçantes»). Face à un tel comportement, eu égard à cette volonté de musèlement, les forces sociales ont choisi d’accentuer la pression (lire «Le PG 41 pour une vacance du pouvoir»). Au sein du pouvoir, nombreux n’ont pas encore intégré les lignes de fracture ainsi apparues. A leurs yeux, le retour d’Ali Bongo met définitivement un terme au flottement institutionnel. Mieux, ils y voient le début d’une ère nouvelle, une opportunité pour remettre l’appareil d’Etat en ordre de marche.

Servitudes de la présidence de la République

Réaliste au premier degré, cette lecture ne tient nullement compte de la taille du fossé entre les différentes positions. Un déficit de transparence dans la gestion de cet événement se solderait par la résurgence d’une demande quelque peu laissée en friche : l’évaluation des capacités physiques et cognitives d’Ali Bongo. La demande de constatation de la vacance de la présidence de la République ferait alors place à une autre, portant sur la qualification de l’empêchement, temporaire ou définitif. Déjà, de nombreux internautes l’affirment : ce retour doit être marqué par des honneurs militaires, un bain de foule et même une conférence de presse. Autrement, le soupçon persistera. La polémique aussi. Après tout, les hypothèses les plus invraisemblables ont bien eu cours, la plus farfelue mais aussi la plus courue évoquait l’existence d’un sosie. Rien de moins.

Loin de l’enthousiasme partisan et du sectarisme propre aux coteries, il faut prendre la mesure des choses. Ni le maintien de l’autorité de l’Etat, ni le commandement en chef des armées, ni la conduite de la diplomatie ne sont des missions à temps partiel. Dans ces domaines-là, il faut être disponible tout le temps. À tout moment, il faut être en pleine possession de l’ensemble de ses facultés. Ce sont là quelques-unes des servitudes de la présidence de la République. Or, Ali Bongo est président de la République. Lui réserver un accueil de chef de parti reviendrait à compromettre le vivre ensemble tout en abaissant sa fonction. Ne pas tenir compte de son statut serait mettre en péril la stabilité de l’Etat et la sécurité du pays. Vivement l’éthique républicaine…

 
 

7 Commentaires

  1. Julien dit :

    POURQUOI la France joue ce jeu dangereux avec ce régime corrompu ? BOA est MORT.

  2. Junior barro dit :

    Ali est bel et bien en vie n’en déplaise a ceux-là qui l’avaient donné pour mort.

  3. Le 23/03/2019, c’est bien aujourd’hui. Tout le monde a l’aéroport attendre YA ALI, pas le Sosie, ENGONGOL TOUT LE MONDE A L’AEROPORT YOBE

  4. Roger dit :

    Jusqu’à quand ce cinéma ? Ali Bongo est bien mort. Arrêtez ce théâtre SVP.

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