Égrenant les anomalies relevées samedi dernier, de nombreux observateurs se prononcent pour une évaluation des capacités physiques et cognitives d’Ali Bongo. C’est un retour à l’essentiel, au cœur du sujet.

Il ne faut ni se satisfaire de la situation actuelle ni prendre ses désirs pour des réalités. Ali Bongo n’est pas un citoyen lambda. Président de la République, il incarne l’autorité de l’État. © facebook/PresidenceGabon

 

Le débat politique en phase de recentrage ? Tout porte à le croire. Égrenant les anomalies relevées samedi dernier, de nombreuses observateurs en appellent à la constatation de la vacance du pouvoir. Péremptoires, ils l’affirment : Ali Bongo n’est plus capacité d’assumer les charges de sa fonction. Autrement dit, ils se prononcent pour la déclaration de l’«empêchement définitif» prévu à l’article 13 de la Constitution. Conformément aux dispositions de l’article 92 de la loi organique sur la Cour constitutionnelle, ils militent pour la désignation d’un collège de médecins censé évaluer les capacités physiques et cognitives du locataire de la présidence de la République.

Étendue des missions du président de la République

De prime abord, les gens reviennent à l’essentiel, au cœur du sujet. Les sympathisants du pouvoir en place se réfugient derrière le secret médical. Ils parlent de séquelles prévisibles mais surmontables. Sans pouvoir en déterminer la durée, ils plaident la convalescence, invitant leurs contradicteurs à la compassion. Si leurs arguments peuvent se soutenir, ils oublient un élément déterminant pour fixer le cadre du débat : Ali Bongo n’est pas un citoyen lambda. Président de la République, il incarne l’autorité de l’État. Clef de voûte de l’édifice institutionnel, il veille au fonctionnement normal des pouvoirs publics et à la continuité de l’État. Chef suprême des armées, il est le garant de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. Assumant un rôle prépondérant en matière de diplomatie, il négocie et veille au respect des traités internationaux ratifiés par le Gabon. S’il accrédite les ambassadeurs gabonais à l’étranger, les représentants des puissances étrangères sont accrédités auprès de lui. C’est dire l’étendue de ses missions.

Dans le débat né des ennuis de santé d’Ali Bongo, il faut penser à l’État, à la République et à la nation. Il faut se départir des artifices de l’imposture et autres postures partisanes. Personne ne gagne à sombrer dans la polémique politicienne. Nul n’a intérêt à entretenir des légendes urbaines. Vanter une «exceptionnelle capacité de récupération» n’est d’aucune utilité. Se convaincre de l’existence d’un sosie non plus. On peut certes plaider pour le respect de la dignité humaine ou miser sur une éventuelle rémission. On peut aussi interroger certains détails. Mais il ne faut ni se satisfaire de la situation actuelle ni prendre ses désirs pour des réalités. Poursuivre dans la première voie revient à cultiver la défiance vis-à-vis des institutions. S’entêter dans la seconde équivaut à entretenir la césure du pays en blocs opposés.

Empêchement ? De quelle nature ?

Malgré les affirmations d’une partie de l’opinion, il n’a jamais été question de savoir si Ali Bongo est de ce monde ou plus. Très tôt, les forces sociales ont demandé aux institutions de prendre leurs responsabilités. Se voulant légalistes, elles ont appelé à une stricte application de la loi. Exprimant leurs réserves sur l’authenticité de certains actes administratifs, elles ont exigé la constatation de la vacance du pouvoir. Toutes ces requêtes visaient trois objectifs : reprise en main du dossier par le gouvernement en lieu et place du cabinet présidentiel ; clarification du rôle de certaines puissances étrangères, notamment le Maroc et ; mise en œuvre d’une expertise médicale. Au-delà des considérations partisanes, ces exigences ont été légitimées par le film du retour du président de la République.

Ce 23 mars, le pouvoir croyait abattre la carte de la transparence. Il serait plus conséquent en jouant maintenant celle de la responsabilité : il doit dire s’il y a empêchement et de quelle nature. On imagine déjà la polémique des prochains jours. Certains feront mine de confondre présence sur le territoire national et exercice régulier des fonctions. Avec une mauvaise foi consommée, d’autres assimileront le fait d’être en vie à l’aptitude physique et intellectuelle. D’arguties juridiques en raisonnements spécieux, on devrait  en entendre. Pourtant, il faudra bien clarifier cette situation. Ayant toujours proclamé leur attachement au droit et à la justice, les institutions sont à l’épreuve des faits…

 
 

19 Commentaires

  1. Ali Bongo est-il aussi indispensable que ça pour la gestion du Gabon ? n’y a t-il un autre Gabonais capable de prendre en main les destinés du Pays ? Qu’on le veuille ou non, au vue des images , Ali est diminué ; sa capacité de gérer le pays est plus que douteuse.
    Le Gabon n’étant ni la propriété ni la chasse gardée d’une personne, nous ne devons pas passer outre l’intérêt supérieure de la nation.

  2. Paul Bismuth dit :

    L’auteur de cet article a vu juste. Que la responsabilité prime sur les postures politiciennes. Mais bon… c’est un voeu pieux.

  3. Jack dit :

    Bonjour les patriotes, ce article est tres bien ecrit et je pense que les hommes politiques et nos amis de la Tour vont bien le lire pour se faire une conscience et honorifier notre beau pays qui risque de sombrer, car depuis les etrangers se moquent bien de nous, surtout les gilets Jaunes de Macron, car eux ils ne seront pas ou nous sommes en ce mo^ment..bref.
    Ce pays a des Lois et une constitution, il suffit le respect de l’etat de droit sinon cela ne vaudrait plus la peine d’avoir des lois .. et les militaires habituellement n’aiment pas le non repect de la loi et devront probablement faire ce qui ne doit pas être fait.. mais je crois au bon sens des uns et des autres … ne nous laissons pas disperser par les etrangers.. quand on voit que c’est eux qui sont venu en masse a l’aeroport le samedi..c’est terrible et navrant ” GABON D’ABORD ” avant tout.

  4. Planton dit :

    Je suis français et épouse une négresse (Ivoirienne). J’ai travaillé aux renseignements en France (moi aussi). Je sais comment cela fonctionne. LES FRANÇAIS NE VONT JAMAIS ACCEPTER UN NOIR QUI VA CONTRE LEUR POLITIQUE (comme Jean Ping). ILS AIMENT PLUS LES CHIENS OBÉISSANTS QUE LES HOMMES NOIRS DÉSOBÉISSANTS. C’EST UN BLANC QUI ÉPOUSE UNE NÉGRESSE QUI VOUS LE DIT…

  5. Lioret dit :

    C’est un SOSIE ce Bongo. je vous le dis avec CERTITUDE. la France et le Maroc sont complices de ce jeu. Je suis français de SOUCHE et je sais que ce que j’écris est VRAI.

  6. PASTIS dit :

    Ali Bongo est mort depuis octobre 2018. On vous trompe.

    Il est bien mort. Je suis français et je sais comment cela fonctionne.

    J’ai HONTE de mentir… Notre si chère France vous trompe depuis.

    C’est elle qui a toujours remplie les URNES pour que Bongo sorte comme élu…

    Pour une fois, vous avez JEAN PING comme vrai élu… protégez cette élection de 2016 pour sortir de cette crise SVP…

  7. Patrick dit :

    Nous sommes plusieurs français à dénoncer le jeu politique qui se joue actuellement en France pour l’avenir du Gabon. Vous voulez vous libérer de nous (français) ? Reconsidérez la présidentielle de 2016 SVP… Et votre pays sera vraiment LIBRE.

  8. Okoss dit :

    1grand respect s impose. Respect de la personne d’abord,puis respect des lois de la république, de la constitution.
    On n’a pas le droit d ‘exposer la dignité d un être humain de la sorte tout juste pour de l argent et des honneurs.

  9. Asphalt dit :

    Bonjour chers frères.Au moment où le Gabon connais l’une des plus grave crise de son histoire, je pense que le temps n’est plus à la protection des intérêts de certains individu au détriment de la Nation tout entière.Il est temps de se mettre réellement au travail, d’impulser une nouvelle dynamique plus forte et plus pragmatique pour sortir notre pays de l’état dans lequel il est. Si et seulement si l’incapacité physique et cognitive de notre chef à tous est prouvée,alors il est temps de passer à autre chose.Mr le Président est un humain comme vous et comme moi,ce n’est pas un robot encore moins une divinité qui elle au moins est capable d’echapper à la dure réalité de la naissance , la vie et ensuite la mort. Il a fait ce qu’il a pû,le Gabon lui sera toujours reconnaissant mais ne peux s’accommoder d’un chef dimminuer à l’heure où notre pays est à la croisée des chemins.Le Gabon est notre bien à tous et même après nous le Gabon sera toujours là.Merci

    • Fille dit :

      Paroles sages, merci. Effectivement ces images donnent à pleurer. Cet homme que l’on a connu si bouillant, n’en peut tout simplement plus. Mais au nom de quoi faire ça à un être humain ? comment et pourquoi peut-on en arriver à ces extrêmités. Gabonais de tout bord, reprenez-vous. Je ne suis indiciblement pas pdg, mais je suis Gabon, essentiellement. Reprenons-nous.

  10. GABON D’ABORD!!! Si on aime notre cher pays, si on aime aussi ALI BONGO,pour sa survie, qu’il laisse le POUVOIR aux gabonais, il n’en peut plus, au vue des images de samedi, je n’ai pas retenu mes larmes. Ce n’est pas Y’ALI que j’ai vu il y’a cinq mois que j’ai vu samedi. Il n’en peut plus, pardon arrêtez de forcer.

  11. Merci pour ce brillant article. Que les âmes patriotiques (de tous les bords) comprennent: le Gabon est éternel, et Dieu nous la donné en gestion temporaire. Que chacun joue son rôle et parte en toute tranquillité. Mais attention, les signes doivent être écoutés et suivis de tous…Sinon!!!

  12. NDONGMINKO dit :

    Moi je ferai la même demande aux gabonais qui ne veulent pas reconnaître ce que c’est que l’ETAT, la REPUBLIQUE et la NATION. Ne regardons pas qui doit gagner ou pas, mais plutôt que va devenir le Gabon dans les jours mois, ou années prochaines?

  13. Materazzi dit :

    Ali est mort n’importe quoi ! Quel pays de merde

  14. Le Nantais dit :

    Est-ce qu’il est conscient qu’il est au Gabon ?
    Il ne pouvait pas être en convalescence chez lui ?
    un Bouteflika de plus pauvre Afrique et son peuple..

  15. le nkemberlien dit :

    Merci à toutes et à tous pour votre réaction sur cet article, je tien à rendre un hommage particulier à son auteur. Je profite aussi de l’opportunité de lancer encore un millième Appel à tous les Gabonais et Gabonaise de tous bord politique,syndicats religieux, et autres sociétés secrètes de notre pays et d’ailleurs. A toutes les forces vives de la Nation que l’heure n’est plus au débat sur la vacance de pouvoir après les images que le monde entier a vu ce samedi 23 Mars 2019. Nous devons maintenant nous poser des bonnes questions sur la suite du management du pays après ses images. L’état de santé du Président de la République chef de l’Etat, président de tous les Gabonais ne doit pas être un sujet tabou, les voiles doivent être levées à ce sujet. Et comme je sais que nous Gabonais nous avons notre manière de solutionner nos problèmes, alors j’y invite les détenteurs des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et le peuple qui est souverain, ensemble de réfléchir sur un dialogue national car il est plus que urgent que les gabonais décident de leur Avenir.

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