Au-delà du groupe de dix Gabonais ayant lancé le 28 février un «Appel à agir» pour l’application de l’article 13 de la Constitution, plusieurs autres Gabonais appellent également à la déclaration de la vacance du pouvoir, incitant leurs compatriotes à  poser des actes républicains. Considérant ces actes comme un appel à l’insurrection, le gouvernement a décidé de brandir le bâton.

Au prétexte d’agir «pour que force reste à la loi», le gouvernement menace de répression ceux qui veulent savoir si Ali Bongo est réellement en capacité de gouverner le pays. © Gabonreview/Shutterstock

 

Les dernières apparitions d’Ali Bongo au Gabon n’ont pas suffi à rassurer une partie de l’opposition gabonaise et de la société civile qui, malgré les assurances du gouvernement, estiment que le président n’est plus capable de diriger le Gabon. Dénonçant une «imposture» au sommet de l’Etat, ils appellent les institutions gabonaises à appliquer l’article 13 de la Constitution en déclarant la vacance du pouvoir.

Nanette Longa-Makinda, la porte-parole du gouvernement, le 8 mars 2019. © DIG

Dans cette optique, nombre d’entre eux, à l’instar «du groupe des dix» qui ont formellement appelé à agir, entendent «libérer le Gabon» en posant des «actes républicains». Pour faire bouger les lignes, ils ont décidé d’aller à la rencontre des responsables des institutions, des représentations diplomatiques, des responsables des formations politiques, de l’opposition comme de la majorité, y compris le Parti démocratique gabonais (PDG).

Toutefois, certaines voix au sein de la majorité estiment que c’est «une démarche insurrectionnelle» qui vise  «à déstabiliser les institutions» qui, disent-elles, «fonctionnent bien», sans pour autant démontrer que Ali Bongo est toujours apte à diriger le pays. D’ailleurs, le PDG a refusé de recevoir leur correspondance.

Face à ce qu’il perçoit comme une menace, le gouvernement a décidé de faire entendre sa voix ce 8 mars. A travers son porte-parole, il estime que ceux qui appellent à la déclaration de la vacance du pouvoir s’illustrent par des actes et des propos désobligeants à l’égard des personnalités politiques, «tout en appelant à la désobéissance et à la rébellion contre les institutions régulièrement établies».

Selon Nanette Longa-Makinda, le porte-parole, bien que le gouvernement  garantisse à chaque Gabonais l’exercice des libertés fondamentales reconnues par la Constitution, il tient cependant à rappeler que «ces acquis de la démocratie sont encadrés par des règles constitutionnelles, législatives et règlementaires, notamment celles contenues dans la Loi sur les réunions et les manifestations publiques». Elle a rappelé que les lieux de culte, les marchés et les hôpitaux sont des lieux dédiés à des activités précises, qui vont de la pratique de la religion, l’exercice d’une activité économique à la prise en charge des malades. «De ce fait, ces lieux ne sauraient se transformer en tribunes pour les acteurs politiques».

Aussi, a-t-elle averti, le gouvernement met «fermement en garde les auteurs de ces actes, qui sont de nature à troubler l’ordre public et la paix sociale et à les informer de ce que toutes nouvelles dérives de cette nature exposeront leurs auteurs aux poursuites judiciaires prévues en la matière pour que force reste à la loi». Une mise en garde qui s’exprime comme une fin de non-recevoir à la requête du groupe des dix. Toutefois, celui-ci s’est donné jusqu’au 31 mars pour obtenir l’application de l’article 13 de la Constitution.

 
 

2 Commentaires

  1. francette moulanga dit :

    kiakiakiakiakiakiakiakiakiakia mes cotes oooh nyambi. bon sinon voila ce que dit le kpakpato en ville.

    ”Gabon: la succession d’Ali Bongo
    Alors que le dictateur gabonais est retourné, la semaine dernière, au Maroc pour y poursuivre sa convalescence, des tractations sont menées secrètement en vue de tourner sa page. Le non recouvrement de toutes ses facultés, quatre mois après l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime en Arabie Saoudite, serait la raison avancée.
    Jonas MOULENDA
    “Le président est amoché. Il ne voit que d’un seul œil et avec beaucoup de peine. On est obligés de lui souffler les noms des personnes qu’il reçoit de temps à autre.” Cette confidence d’un securocrate du chef de l’État gabonais à un diplomate français en dit long sur les dégâts causés sur Ali Bongo par l’accident vasculaire cérébral (avc) dont il a été victime le 24 octobre 2018 à Riyad, en Arabie Saoudite.
    Malgré les progrès constatés dans le recouvrement de ses automatismes, le dictateur gabonais ne jouit pas encore de la plénitude de ses facultés auditives et visuelles. Selon un membre de sa sécurité, Ali Bongo pourrait en être privé pendant plusieurs mois, voire à vie. ” Ses médecins disent qu’il peut être rétabli dans six mois, mais ils émettent des réserves “, rapporte la source.
    Ali Bongo retrouvera-t-il toutes ses facultés ? Rien n’est moins sûr. Dans les cercles du pouvoir, on indiqu’il est en observation jusqu’au mois de juillet prochain. ” Nous attendons cette échéance pour nous prononcer sur l’indisponibilité temporaire ou définitive du président de la République. S’il ne retrouve pas toutes ses facultés, on avisera “, confie un apparatchik du régime, n’excluant pas la vacance du pouvoir.
    Marie-Madeleine Mborantsuo serait très agacée l’idée de la vacance du pouvoir
    De fait, le régime d’Ali Bongo voit chaque jour l’étau se resserrer autour de son cou et ne trouve d’autre moyen que des méthodes dilatoires. Et pourtant, Il faut réellement être frappé d’une rare cécité politique pour croire un seul instant à la possibilité d’une conservation du pouvoir après l’organisation d’une élection présidentielle anticipée et transparente.
    Il se susurre que la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, est très agacée par la question de la succession d’Ali Bongo. Des notables du Haut-Ogooué, épris de paix et de justice sociale, lui auraient conseillé d’ouvrir une période de transition après le mois de juillet, si Ali Bongo n’a pas recouvré toutes ses facultés. L’idée poursuit son bonhomme de chemin dans les cercles du pouvoir.
    Elle aiguise les appétits de tous les cercles de courtisans qui dansent la gigue depuis la maladie du despote gabonais. La première dame, Sylvia Bongo, se montrerait favorable à succession dynastique au sommet de l’État. Elle souhaiterait que son fils, Noufredine Bongo, soit catapulté à la tête du pays. “Niet !”, répondent d’aucuns, relevant que le Gabon n’est pas une monarchie.
    De fait, le régime Bongo ne conçoit le Gabon qu’à sa botte. Sans un peuple qui lui soit totalement inféodé, il se voit menacé d’étranglement et à terme, de mort certaine. En cela, il n’a absolument pas tort ! Mais ce qu’il veut aujourd’hui et avant toute chose, c’est d’empêcher un soulèvement populaire.
    Le clan Bongo veut rester aux manettes de l’État à tout prix
    D’où les tentatives d’assassinat, les arrestations à répétition, soit pour intimider, ou bien pour faire comprendre à ceux qui s’obstinent à contester sa forfaiture et son imposture qu’il peut aller loin dans la sauvagerie et l’ignominie pour rester en place ad vitam aeternam. Du coup, le pays est au bord d’une implosion qui risque d’embraser toute la région.
    Le pouvoir est de plus en plus affaibli. Tout d’abord sur le plan militaire : il est très difficile de savoir dans quelle mesure l’armée lui est fidèle et loyale. Ces derniers mois, on a pu constater que certains éléments de l’armée ne le soutenaient pas. Le régime Bongo a neutralisé plusieurs militaires de haut rang, dont il était convaincu qu’ils pourraient se retourner contre lui. Une stratégie qui lui a offert un certain répit pendant un temps. Le pouvoir a ensuite perdu le soutien du peuple.
    Si l’opposition et la société civile parviennent à s’entendre avec une partie de l’armée, ils pourraient former un front uni contre la confiscation du pouvoir par le clan Bongo qui semble immunisé contre la critique internationale. Il maintient ses objectifs politiques coûte que coûte et n’envisage aucune manière de procéder autrement. Il veut rester au pouvoir à tout prix.”

  2. AKOMA MBA dit :

    Sincèrement y a- t-il au monde un peuple plus naïf que les pauvres bougres gabonais?

    Croire que le mort-vivant est bien vivant requiert de la psychanalyse pour tout un peuple.
    Pauvre Gabon, comme si le Gabon était une Monarchie. Jusqu’à quand allons-nous supporter le clan Bongo?

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