Touchant près de 17 millions de personnes à travers le monde, le nombre de cas d’accident vasculaire cérébrale (AVC) pourrait exploser d’ici 2030, si les comportements sains ne sont pas adoptés. Ischémiques ou hémorragiques, les AVC constituent la première cause de décès en Afrique noire.

La présidente de SOS AVC (micro) et les blouses blanches, le 29 mars. © Gabonreview

 

Andréa Annick Nsounda lors de sa présentation. © Gabonreview

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC). On en parle de plus en plus à travers le monde. Selon une étude de neurologues américains, les noirs et les Hispaniques font plus d’AVC que les blancs. Si les raisons de cet état de fait ne sont pas encore élucidées, il reste qu’en Afrique subsaharienne, «les AVC sont une réalité» prégnante. Ils constituent d’ailleurs la première cause de mortalité. Au Gabon, aucune étude n’a été menée pour déterminer le taux de prévalence, mais les neurologues du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), sur la base d’une étude menée dans leur service, indiquent que les AVC constituent la première cause d’hospitalisation en neurologie. Pour édifier la presse et l’opinion sur cette question, l’association SOS AVC a donné le 29 mars la parole aux blouses blanches ainsi qu’à certaines victimes des AVC.

«Si vous avez fait un AVC, il y a un risque de refaire un autre», a déclaré Andréa Annick Nsounda, neurologue au CHUL. Définissant l’AVC comme une «pathologie grave du cerveau», elle a indiqué que sa prise en charge doit être rapide au regard du risque de mortalité encouru par la victime. La victime doit être conduite à l’hôpital moins de deux heures après l’apparition des signes. Si la victime arrive après 6h de temps, la cellule cérébrale est détruite. Ainsi, lorsqu’une personne présente de façon brutale des troubles de certaines fonctions cérébrales comme le langage, la vue, paralysie du bras, du visage, faiblesse d’un côté du corps, migraine intense, «jusqu’à preuve du contraire c’est probablement un AVC». C’est-à-dire qu’il y a une interruption de la circulation sanguine dans son cerveau.

Agée de 24 ans, elle a été victime d’un AVC il y a 5 mois. © Gabonreview

AVC ischémique : le plus redouté

Andréa Annick Nsounda précise qu’il existe deux types d’AVC. L’AVC ischémique (80% des cas), lorsque le vaisseau sanguin est bloqué par un caillot de sang et l’AVC hémorragique (20% des cas) lorsque le vaisseau sanguin éclate. Dans le cas des AVC ischémiques, on peut parler d’AVC transitoire, c’est-à-dire qu’on bout d’une heure, les fonctions cérébrales peuvent reprendre normalement ou encore d’AVC ischémique constitué au cours duquel, les signes durent plus d’une heure, plus de 24 heures. «C’est celui qui effraie tout le monde», a indiqué la neurologue.

Selon le professeur Edgard Brice Ngoungou, neuro-épidémiologiste, les AVC sont dus à plusieurs facteurs comme l’hypertension artérielle (40% des cas), diabète, tabagisme, alcool, café, drogues, excès de cholestérol, obésité, sédentarité. Ce qui oblige à adopter des comportements sains comme la pratique d’activité physique, alimentation équilibrée, etc. Ceci, d’autant plus que le taux de mortalité après l’AVC est élevé. Soit, 20% de cas un mois après l’AVC et 40% un an après. «La mortalité précoce est plus élevée quand c’est un AVC hémorragique», a renchéri  Andréa Annick Nsounda, en soulignant que «la récupération est encore meilleure quand c’est une hémorragie par rapport à l’ischémie». Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’incidence de l’AVC passera de 16 millions en 2015 à 23 millions en 2030. D’où l’intérêt d’intensifier la prévention, en mettant l’accent sur les facteurs de risques vasculaires. Ce à quoi s’attèle, entre autres, SOS AVC.

20% meurent un mois après l’AVC et 40% 1 an après.

Pour sa présidente Aimée Délia Bilouni Ndjally, «l’AVC n’est pas une fatalité». Victime d’un AVC hémorragique en 2011, Aimée Délia Bilouni Ndjally a réussi à s’en remettre, mais elle en garde quelques souvenirs. «Parfois, j’ai des problèmes d’élocution», dit-elle. «Le nombre des AVC croît de manière inquiétante dans notre pays et le fléau s’installe confortablement dans la population jeune», a-t-elle déclaré. Assurant que les conséquences restent dramatiques elle note qu’«elles peuvent de manière irréversible secouer non seulement la vie des victimes, mais aussi celle de leur entourage». «Cette éventualité apparaît inimaginable tant qu’on n’a pas subi la pathologie d’autant qu’elle survient de manière brutale et imprévisible. D’où l’importance d’encourager la prévention, d’adopter des aptitudes pratiques», a-t-elle signifié.

 
 

1 Commentaire

  1. natty dread dit :

    un peu léger comme intervention pour une affection aussi grave…

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW