L’Organisation nationale du secteur pétrolier accuse l’Union pétrolière gabonaise d’œuvrer pour «l’esclavagisation» du travailleur gabonais et de travailler à sa mise à mort.

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La sortie de l’Union pétrolière gabonaise (Upega) après la grève générale au sein du secteur, le 11 décembre dernier, a provoqué la colère du plus grand syndicat du secteur pétrolier qui vient de lui adresser une mise au point aux allures de volée de bois vert. En effet, dans un point adressé aux employeurs du secteur pétrolier le 12 décembre dernier, l’Upega juge illégale la grève du 11 décembre et se félicité de ce que nombre d’entre eux ont pu rapidement la neutraliser. L’illégalité du mouvement trouve, selon elle, sa justification dans le fait que le préavis de grève a été adressé au gouvernement et non aux employeurs du secteur pétrolier. Le patronat explique aussi l’immobilisme du gouvernement par ce fait et annonce des poursuites judiciaires contre l’Onep pour grève illégale.

Cette lecture de la situation a, comme il fallait s’y attendre, suscité une levée de bouclier de la part du syndicat du secteur pétrolier qui dénonce une «contrevérité» et une «affabulation». Il fait remarquer que «l’Upega exerce une influence sur le chef du gouvernement» qui depuis le dépôt du préavis de grève, le 6 décembre dernier, n’a pas daigné ouvrir les discussions. Il rappelle par ailleurs que, de tous temps, les préavis de grève générale ont été déposés auprès du gouvernement qui n’a rien trouvé à redire à propos. «L’Upega et le gouvernement auraient ils pendant 16 ans négocié en toute illégalité avec l’Onep ?» s’interroge le bureau national du syndicat. Non sans indiquer que les négociations ont souvent abouti à la signature d’un procès-verbal entre le gouvernement, l’Upega et l’Onep et donné lieu à des décrets, arrêtés ou circulaires qui ont amélioré de façon substantielle les conditions de vie et de travail des employés du secteur pétrolier.

Enfin, l’Onep se dit choquée de voir l’organisation patronale faire l’apologie de l’entrave à la grève, toute chose pourtant condamnée par le Code du Travail. «Empêcher la cessation concertée du travail et l’arrêt sécurisé des installations par les travailleurs eux-mêmes, c’est porter atteinte à l’essence même de la grève telle que définie par l’article 341 du code du Travail», explique le bureau national dans une mise au point datée du 26 décembre, avant de relever des «mensonges» dans le bilan de l’Upega qui minimise les effets de la grève générale du 11 décembre 2018. «Toutes ces allégations de l’Upega ne sont donc que pure désinformation. C’est la preuve que le patronat du secteur pétrolier et activités connexes réuni au sein de cette organisation professionnelle est résolument mû par une entreprise acharnée de nuisance et d’esclavagisation du travailleurs gabonais», écrit le bureau national qui accuse  l’Upega de se donner pour «mission principale la destruction de l’Onep».

 
 

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