L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a rappelé, le 20 novembre, qu’elle seule est habilitée à inspecter les denrées alimentaires, produits et sous-produits d’origine animale. Un rappel adressé à la mairie de Libreville qui, ces dernières semaines, a lancé des inspections auprès d’établissements du secteur alimentaire.

L’Agasa sur le terrain, dont seuls les agents sont est habilités à inspecter les denrées alimentaires, produits et sous-produits d’origine animale. © Agasa

 

Très actif ces dernières semaines avec des inspections menées auprès d’établissements du secteur alimentaires, l’Hôtel de Ville mangerait-il dans les plats de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) ? L’administration dirigée par Alia Mahéva Bongo pense que oui, au point de le signifier au maire de Libreville.

«Au regard de la loi, l’Agasa est la seule entité publique autorisée à effectuer tous types de contrôles ou d’inspections à caractère préventif ou répressif sur les aliments importés, exportés et mis sur le marché», a déclaré la directrice générale de l’Agasa, le 20 novembre. La Mairie de Libreville a entamé depuis plusieurs semaines des contrôles dans les structures hôtelières, les restaurants, les épiceries et grandes surfaces de Libreville. Une opération qui vise à vérifier que ces structures respectent les normes d’hygiène et de salubrité et qu’elles protègent, par ricochet, la santé du consommateur.

En plus de rappeler que cette opération dépasse largement le champ de compétences de la mairie de Libreville, Alia Mahéva Bongo a souligné que l’inspection sanitaire des denrées alimentaires, produits et sous-produits d’origine animale, ne peut être effectuée que par des «vétérinaires-inspecteurs assermentés». Une compétence dont ne dispose pas l’administration de Léandre Nzue, contrairement à l’Agasa.

«L’Agasa a en son sein des officiers de police judiciaire à compétence spéciale habilités dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Elle est la seule entité publique par son décret de création à répondre des questions sanitaires liées aux denrées alimentaires», a insisté Alia Mahéva Bongo.

Cette dernière a saisi cette occasion pour glisser un mot sur l’«affaire» SANgel. Le 14 novembre, l’enseigne spécialisée dans la vente de produits alimentaires en gros et détail a refusé l’accès de ses entrepôts de Soduco, dans le 5e arrondissement de Libreville, aux agents de l’Inspection générale municipale. «Le directeur général de SANgel cache des stocks de produits alimentaires avariés qu’il essaye d’écouler discrètement chez certains détaillants de la capitale», avait commenté la municipalité.

Dans ce cas d’espèce, l’Agasa a reconnu que le «risque zéro» n’existe pas en matière de sécurité alimentaire. «Nous avions procédé à un contrôle rigoureux de cet établissement au cours duquel des non-conformités ont certes été constatées, sans pour autant être dommageables pour la santé du consommateur», a assuré Alia Mahéva Bongo, se montrant disposée à «accompagner les mairies dans les opérations d’inspection visant les opérateurs du secteur alimentaire». Léandre Nzué appréciera.

 
 

2 Commentaires

  1. Business Nkembo Consulting ( BNC) dit :

    Trois événements ont attiré l’attention des consommateurs ces derniers temps:

    – les contrôles effectués par la Mairie de Libreville dans les restaurants de la capitale et auprès des importateurs de denrées alimentaires;

    – la réaction de l’AGASA qui a contesté à la Municipalité de Libreville ses attributions en matière de contrôle de la qualité des denrées alimentaires;

    – la conférence de presse du responsable de l’importateur SAN GEL au cours de laquelle l’intéressé a défendu les intérêts de sa société tout en reconnaissant les lacunes de son établissement dans le domaine de la qualité des denrées alimentaires proposés aux consommateurs.

    Cette dispute stérile et inopérante entre l’AGASA et la Mairie de Libreville suivie de la conférence de presse du responsable de SAN GEL sont de nature à inquiéter les consommateurs au regard des informations alarmantes communiquées au public.

    Les consommateurs sont en effet en droit de se demander si leur santé et leurs sécurité ne sont pas menacées par la consommation des denrées alimentaires qui sont commercialisées aussi bien dans les restaurants que dans les magasins d’alimentation.

    La cacophonie observée est révélatrice de l’inefficacité du dispositif de contrôle de la qualité des denrées et produits alimentaires au Gabon.

    A propos de ce dispositif , il convient de rappeler qu ‘un des textes fondateurs en la matière est l’ordonnance 50/78 du 21 Août 1978 portant contrôle de la qualité des produits et denrées alimentaires et répression des fraudes.

    Ce texte prévoit en son article 31 les agents habilités,qualifiés et assermentés suivants:

    “- des services extérieurs de la Direction Générale des Prix et des Enquêtes Economiques (actuelle Direction Générale de la Concurrence et de la Consommation);
    – des services extérieurs de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects;
    – des services des poids et mesures;
    – des services de santé et d’assainissement;
    – de l’agriculture et de l’élevage.”

    A ces organismes se sont ajoutés les services des Municipalités et tout dernièrement l’AGASA qui est une émanation du Ministère de l’Agriculture dont elle a repris les attributions de son Inspection Générale.

    La dispute entre la Mairie et l’AGASA n’est qu’ne manifestation des conflits d’intérêts qui gangrènent l’action des administrations de contrôle citées plus haut.

    Les partenaires au développement, notamment la FAO, ont reproché à l’administration gabonaise cette multiplicité d’organismes de contrôle de la qualité qui favorisait la parafiscalité avec des contrôles intempestifs, désordonnés et inefficaces, chacune des administrations opérant au gré de ses intérêts.

    Les conclusions des travaux entre l’administration et les partenaires au développement avait abouti à la proposition de mise en place d’un seul organisme de contrôle regroupant toutes les administrations compétents en matière de contrôle de la qualité.

    Cette proposition avait pour objectif de coordonner les missions de contrôle pour plus d’éfficacité et une diminution de la parafiscalité qui pèse énormément sur l’activité des entreprises ; ces dernières répercutant les”charges parafiscales” souvent en hausse au niveau des prix de vente au consommateur final.

    La cacophonie observées suscite plusieurs interrogations:

    – les agents de contrôle sont -ils habilités comme l’exige la loi?
    – les agents de contrôle ont-ils été formés au contrôle de la qualité des produits et denrées alimentaires?
    – les agents de contrôle ont-ils prêté serment devant le tribunal pour exercer LEGALEMENT les contrôles sur le terrain?
    – les administrations concernées disposent-elles de moyens humains ,matériels, financiers et de laboratoire pour effectuer des contrôles efficaces.

    Dans la plupart des cas , la réponse à ces questions est négative.

    Quelque soit l’administration ,la grande majorité des agents envoyés sur le terrain ne sont ni formés , ni assermentés.

    L’inéfficacité du contrôle de la qualité des produits et services au Gabon découle de toutes ces lacunes qui mettront du temps à être comblées.

    Le consommateur gabonais risque d’attendre longtemps pour que les produits et denrées alimentaires qui lui sont proposés sur le marché soient sains , loyaux et marchands.

    Merci pour votre tribune.

    MINKO MINDONG
    Consultant senior
    Cabinet BNC , société d’expertise en matière de prix , de concurrence et de consommation
    BP 2318 Libreville TEL 077466813
    e-mail : minkomindong@yahoo.fr

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