Choqué par l’état physique du président de la République lors de la prestation de serment du gouvernement le 15 janvier à Libreville, Ben Moubamba, ancien vice-Premier ministre, a condamné dans un post sur Facebook le même jour, le bruit organisé autour du corps d’Ali Bongo pour conserver le pouvoir. Des acteurs de la sphère politique ou associative sont dans la même veine.

Dans la même veine que Marcel Djabioh, Clay Martial Obame ou Marc Ona Essangui, l’ancien vice-Premier ministre, Bruno Ben Moubamba (en photo), s’offusque de la cérémonie du 15 janvier au palais présidentiel de Libreville. © Gabonreview

 

Deux jours après avoir qualifié la nomination de Julien Nkoghe Bekale à la primature d’illégale parce que n’émanant nullement d’Ali Bongo, Bruno Ben Moubamba est revenu à la charge par le biais d’un nouveau post sur Facebook.

Cette fois, le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) fustige la prestation serment du gouvernement devant Ali Bongo. «Le corps du Roi Ali et le pouvoir imaginaire / Le 15 janvier 2019 est la plus grande supercherie politique de la République PDGiste», écrit-il pour poursuivre : «le catholicisme a inventé la théorie des (2 corps du roi). Jésus ayant un corps physique issu de la Vierge Marie, il a aussi un corps mystique qui est l’église. Voilà pourquoi le corps du monarque c’est la France».

Au Gabon, la réalité est toute autre, pense l’ancien vice-Premier ministre. «Le Gabon est un pays animiste qui croit que le monde est animé par une âme universelle. Et que peu importe les individus, nos âmes appartiennent à l’âme du monde et retournent là-bas non loin d’ici d’ailleurs quelque part».

Partant de ce principe, Bruno Ben Moubamba estime que «le corps d’un tel ne peut devenir le corps de la communauté ou de l’Etat. Voilà pourquoi tout le bruit organisé autour du corps d’Ali Bongo pour conserver le pourvoir et son goût sucré est choquant. Je condamne.»

Comme Ben Moubamba, plusieurs Gabonais ont réagi à la suite de la prestation de serment du gouvernement. Marcel Djabioh, cadre de l’Union nationale, assimile cette prestation de serment «à une simple cérémonie de réception des consignes d’observation du silence absolu de la part des partisans», avant de relever que «le secret de ne se garde pas à deux que  malheureusement».

Marc Ona Essangui, membre de la société civile, s’interroge quant à lui, sur les capacités d’Ali Bongo de diriger le pays, au regard de son état physique. Pour sa part, Clay Martial Obame, porte-parole de la Coalition pour la nouvelle république (CNR), doute qu’Ali Bongo soit rentré au Gabon. «Toutes nos informations nous amènent à dire qu’Ali Bongo n’est pas à Libreville : il n’y a pas eu le dispositif de sécurité traditionnel où les hélicoptères survolent le trajet, où les militaires de la garde prétorienne sont postés à tous les coins de rue. Nous avons vérifié au niveau de son personnel domestique, personne ne l’a vu », a-t-il déclaré sur Rfi.

 
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW