Après le regroupement de «citoyens libres, conscients et responsables» et Bruno Georges Ngoussi , les «appels à agir» fusent, Féfé Onanga et un triumvirat de cadres ayant aussi fait part de leur intention de prendre la parole. Pour Jean Ping et les autres leaders de l’opposition, c’est une évidente piqûre de rappel.

Les sorties de ces derniers jours reflètent le souci de mettre les élites face à leurs responsabilités, elles participent aussi d’un désir de transparence.© Gabonreview/Shutterstock

 

Peut-on y voir un signe des temps ? Après le regroupement de «citoyens libres, conscients et responsables» (lire «La jeune garde exige l’application de l’article 13 de la Constitution») puis Bruno Georges Ngoussi,  les «appels à agir» fusent, Féfé Onanga et un triumvirat de cadres ayant fait part de leur intention de prendre la parole. Les cadres de l’opposition ont-ils encore foi en la capacité de leurs dirigeants à faire face à la situation actuelle ? Nourrissent-ils des appréhensions sur leur détermination à aider le pays à sortir de l’impasse politique née des ennuis de santé d’Ali Bongo ? Espèrent-ils impulser une dynamique nouvelle à même de déverrouiller le jeu ?

Du scepticisme au sein de la troupe

De toute évidence, les leaders de l’opposition viennent de se voir administrer une piqûre de rappel. Certains cadres peuvent se poser en loyalistes. D’autres peuvent jouer aux donneurs de leçons. Mais, près de trois ans après la dernière présidentielle, ces déclarations traduisent une perplexité certaine. Expression d’un refus du surplace, elles soulignent une certaine désespérance. Un peu plus de quatre mois après le déclenchement des ennuis de santé d’Ali Bongo, on rappellera la nécessité d’agir en rangs en serrés. On conseillera aux uns de tenir compte de l’expérience des aînés. On vantera la légitimité de Jean Ping. On enjoindra les autres de se ranger derrière lui. On pourra même les accuser de se lancer dans une aventure suicidaire. Ce sera toujours peine perdue : en conscience, ils disent vouloir mettre fin aux atermoiements et à l’inertie.

Au sein de l’opposition, la question du leadership se trouve implicitement posée. Jean Ping, Zacharie Myboto, Guy Nzouba-Ndama, Casimir Oyé Mba et Alexandre Barro-Chambrier ne peuvent laisser les choses aller à vau-l’eau. Leur gouvernance ayant généré du scepticisme, ils doivent en tirer les enseignements. Pour eux-mêmes, le péché d’orgueil serait désastreux. Pour la suite des événements, les choix autoritaristes seraient contreproductifs. Certes, ils peuvent encore se prévaloir d’initiatives plus ou moins récentes (lire «Jean Ping, le jour de gloire ?» , «Issozé interpelé par l’opposition» ou «Appel au sursaut patriotique»). Certes, ils peuvent en appeler à la solidarité partisane. Mais cela ne les exonèrera nullement. En se refusant à toute introspection, ils n’aideraient en rien à clarifier la situation. En s’y soumettant, ils se donneraient une chance d’y contribuer.

Forces centrifuges

Les sorties de ces derniers jours ne procèdent ni de l’attaque ad hominem ni du conflit de génération. Elles ne relèvent pas non plus de la négation d’une quelconque forme de légitimité – démocratique, populaire ou historique. Elles tiennent simplement de la volonté de créer du mouvement. Si elles reflètent le souci de mettre les élites face à leurs responsabilités, elles participent aussi d’un désir de transparence. En d’autres termes, elles visent trois choses : éveil de la conscience citoyenne, manifestation de la vérité sur la santé d’Ali Bongo et protection des intérêts nationaux. Un consensus sur les voies et moyens d’atteindre ce triple objectif serait de nature à ressouder les rangs. Il pourrait tout autant redonner du sens au leadership au sein de l’opposition.

Pour les initiateurs des appels de ces derniers jours, le plus dur reste à venir : leur donner une suite concrète. S’ils espèrent recourir au peuple, ils doivent préalablement prendre langue avec les institutions et resserrer leurs rangs. Or, quand bien même elle paraît travaillée par des forces centrifuges, l’opposition demeure organisée : au-delà des hiérarchies des partis politiques, Jean Ping apparaît encore comme le leader de ce camp. En son nom, certains laudateurs n’ont d’ailleurs pas attendu pour jouer les obusiers de service. Accusant leurs coreligionnaires de «naïveté», ils n’ont pas hésité à les qualifier d’«enfants». Avec emphase, ils leur ont même fait grief d’avoir «collaboré avec le régime». Au lieu de s’en satisfaire, Jean Ping et les autres leaders de l’opposition devraient songer à adapter leur pratique politique. Ils devraient s’efforcer de la mettre au diapason de l’époque et de ses défis. Pour leur part, les auteurs des appels gagneraient à faire le dos rond.

 
 

13 Commentaires

  1. Florent Anton dit :

    Bonjour à tous les gabonais ! Je me présente: Anton Florent, j’ai travaillé pendant 10 ans à la cellule africaine de l’Elysée. Et je peux vous dire que cette cellule n’existe pas pour le bien des gabonais. Bien au contraire.

    Sachez une chose : vous perdez du temps à voter les élections présidentielles, parce que la France sait déjà qui va gagner. C’est bien sur SON CANDIDAT. Et son candidat, après Léon Mba, à toujours été la famille Bongo. Raison pour laquelle, si vous allez encore à une élection présidentielle, la France vous imposera de nouveau sa personne.

    Pour CASSER avec ce système, faites tout pour que Jean Ping prennent le pouvoir qui lui a été usurpé par Ali Bongo ( en complicité avec la France). La France sait que c’est Jean Ping qui a gagné les élections présidentielles de 2016. Mais elle ne veut pas de lui. Raison pour laquelle faites tout pour que Jean Ping devienne le Président du Gabon ( poste qu’il mérite, puisque qu’il a bien gagné les élections présidentielles de 2016).

    N’allez surtout pas à aucune élection présidentielle. Vous allez vous faire avoir encore par la France. En plaçant Jean Ping à la tête du Gabon, vous CASSEZ avec le système de la cellule africaine qui vous a toujours imposé la famille Bongo. Et vous serez ENFIN libre. Croyez-moi.

  2. Léon Nkogue dit :

    Même après ALI BONGO, la France nous imposera toujours leur candidat ou valet. Pitié ! A Ntare Nzame !

  3. Paul Mba dit :

    D’après vous, pourquoi la France ne dit rien du théâtre qui se joue actuellement au Gabon ? Réponse : parce qu’elle e est responsable avec le Maroc. La France est très affectée par le décès de BOA. Elle cherche qui remplacer. Pour elle, surtout pas Jean Ping qu’elle déteste. Parce que Jean Ping ne sera JAMAIS leur marionnette.

  4. Cathy dit :

    Et si Florent Anton avait raison ? La France ne voulait pas aussi de Gbagbo quand il a gagné pour la première fois les élections présidentielles. Et la seconde fois, la France a tout fait pour qu’il saute du siège présidentiel parce qu’il devenait gênant. Allassane Ouattarra n’est qu’un VALET au service de la France. Et tout le monde le sait. Oui, je crois qu’il faut arrêter maintenant cette mascarade de la France en Afrique au plus vite.

  5. Julien dit :

    Personnellement, je pense que “de gaulle” (oui j’écris bien en minuscule) est en ENFER pour l’éternité. A cause du MAL qu’il a fait subir à l’Afrique entière.

    La France a bien monté son plan DIABOLIQUE avant de nous “donner” ces indépendances de façade. Elle continue à gérer ce qui est le plus IMPORTANT dans nos pays d’Afrique (nos économies, nos ressources naturelles). Et sur le plan politique, elle se FOUT éperdument de ce qui peut se passer. Sauf qu’elle s’arrange toujours pour que SON CANDIDAT D’ESCLAVE A LA SOLDE DE PARIS, OU VALET PARFAIT, OU ENCORE MARIONNETTE soit placé à la tête du pays. Et ce pseudo président sera, comme disait Laurent Gbagbo, un sous préfet à la solde de la France.

    La France avait tout fait pour que Allassane Ouattarra devienne président de la Côte d’Ivoire. Pourtant, il avait perdu les élections présidentielles. Elle est intervenue militairement pour chasser Gbagbo Laurent qui lui tenait tête.

    Au Gabon, c’est la même chose qui s’est passée en 2016. Le candidat de la France était ALI BONGO.Mais cette fois ci, la France ne pouvait pas tricher comme d’habitude parce que les élections présidentielles étaient supervisées par une délégation de l’union européenne. Et quand Ali Bongo a fraudé, elle n’a pas réagi aussitôt, car elle savait que l’union européenne savait que Jean Ping était le VRAI VAINQUEUR de ces élections présidentielles de 2016. Mais comme elle ne veut pas de Jean Ping, elle n’a donc rien fait pour le hisser à la tête du pays comme elle a eu à ke faire avec Allassane Ouattarra de Côté d’Ivoire.

    Pourtant c’est pas si difficile à comprendre ce qui se passe au Gabon en particulier et en Afrique noire en général : notre ennemi NUMÉRO 1 c’est bien la France. Ali Bongo et toute sa bande de RIGOLOS (y compris ke ridicule roitelet du Maroc) passent en 2ème position comme ennemis. CQFD…

  6. Didier dit :

    Quel est l’homme politique (de la majorité ou de l’opposition française) qui est monté au créneau pour dénoncer la modification de l’article 13 de notre constitution ? PERSONNE… Macaron n’a rien dit à ce sujet, i son premier ministre.

    Question: pensez vous que 3M ait décidé d’elle même de modifier cet article ? Moi je dis NON. Elle a modifiée l’article 13 avec l’accord de la France. Et j’irai même plus loin en affirmant avec certitude que les ordres lui sont venus du Quai d’Orsay (France) pour modifier cet article 13 de notre constitution. La France avait déjà fait la même chose avec le Tchad, rappellez vous.

    PLUS HYPOCRITE QUE LA FRANGE, IL Y EN A PAS. LA FRANCE N’A PAS D’AMIS RN AFRIQUE, MAIS DES INTÉRÊTS À PRÉSERVER. Mais ai juste, ce qu’elle appelle “intérêts”, est ce que ces intérêts sortent de sa France ou du SOL AFRICAIN ?

    Je termine en disant merci à ce français Anton Florent qui nous soutient en disant la vérité. C’est Jean Ping notre Président élu ou rien d’autres. Les valets (ou sous préfets) de la France, nous n’en voulons plus. Et puis, j’ajoute ceci pour conclure: une INDÉPENDANCE ne se donne pas. Elle s’arrache. Ke fait de “nous avoir donné l’indépendance”, à été un leurre. Nous ne sommes pas encore indépendant. Faisons TOUT pour l’obtenir maintenant avec Jean Ping que la France ne veut pas comme elle ne voulait pas aussi de Laurent Gbagbo.

    VIVE JEAN PING, PRÉSIDENT ELU DU GABON, VIVE LE GABON LIBRE DE L’HÉGÉMONIE FRANÇAISE.

  7. Yvette dit :

    Merci pour votre soutien, Mr Anton Florent. Question: finalement, les présidents dictateurs de nos pays d’Afrique, sont-ils dictateurs d’eux mêmes ou cette dictature leur est imposée par la France ? Je pose cette question parce que je sais que quand on est un pion, un valet, un sous préfet, une marionnette entre les mains de la France, on fait cd qui nous est commandé par la France, on obéit aux ordres du maître. Alors, qui est vraiment le bourreau ? Le président dictateur ou la France qui se cache derrière ce président pour lui faire porter le chapeau ? Comprenez-vous ce que je veux dire ? Au fond nos présidents africains soi disant dictateurs ne font que leur sale boulot qui leur est demandé par la maitresse France. Nos présidents qui sont des valets de la France reçoivent certainement des ordres pour mater nos peuples. La France devrait changer de nom. On devrait désormais appeler la France : HYPOCRILAND… Et les habitants de ce pays : les hypocrilandais et hypocrilandaises. Pitié ! A Ntare Nzame !!!

  8. Roger dit :

    Est ce que vous vous rappellez que Michele Alliot-Marie, ministre de la défensedu temps de Sarkozy voulait que les CRS français interviennent dans crise de la Tunisie pour défendre le dictateur Ben Ali ? Au fond qui crée ces dictateurs ? Pour moi, c’est la France.

    Pareille au Tchad : il se pourrait même qu’Idriss Déby ne soit pas si dictateur qu’on le croit, ainsi que la plupart de nos chefs d’États qui, en réalité, reçoivent des ordres de la France tout simplement (même quand il s’agit de maltraiter un peuple). La France, récemment, en intervenant au Tchad, n’est pas venue défendre Idriss Déby, mais ses soi disant intérêts. Le jour qu’Idriss Déby deviendra un sous préfet gênant pour cette même France, elle le fera partir du Tchad en complotant un coup d’État.

    Pour VRAIMENT libérer l’Afrique, il nous faut retirer “l’épine France”. Cette épine est responsable de tous nos MAUX.

  9. Vérité dit :

    Je vous CONFIRME avec CERTITUDE que l’article 13 de la constitution gabonaise à été modifié par Mme Marie Madeleine Mborantsuo à la demande de la France.

    Vous pouvez d’ailleurs constater que 3M n’est du tout pas inquiété, parce tout lui est dicté par le Quai d’Orsey et la cellule africaine de l’Elysée.

    Avez-vous vu un seul politique homme politique français réagir à ce changement de l’article 13 de votre constitution gabonaise ? Non ! Bien sur… La France manipule le Gabon et le reste de l’Afrique comme bon lui semble.

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