Dans la relation entre le peuple et les élites dirigeantes, la date du 15 janvier 2019 pourrait devenir un tournant.  Pour de nombreux observateurs, le pays est désormais dirigé par une main noire non encore identifiée.

© Communication présidentielle

 

Le doute s’ancre, les incertitudes demeurent (lire «Une couche de plus sur le flou artistique»). Une cérémonie cadenassée, menée au pas de charge selon un protocole inédit, a relancé le débat. Des images soigneusement sélectionnées ont fourni matière à polémique (lire «Une vidéo a posteriori»). Conçue pour lui permettre d’affirmer son autorité sur l’exécutif, la prestation de serment a plutôt renvoyé l’image d’un Ali Bongo à la merci de forces tapies dans l’ombre (lire «Black-out total»). C’est, en tout cas, la conviction d’une frange non négligeable de l’opinion. L’institution présidentielle ne sort nullement renforcée de cette séquence. Bien au contraire. Pour de nombreux observateurs, le pays est désormais dirigé par une main noire non encore identifiée. Dans la relation entre le peuple et les élites dirigeantes, la date du 15 janvier 2019 pourrait devenir un tournant.

Aucune garantie sur les facultés intellectuelles

Comme les images aux côtés de Mohammed VI, comme les vœux à la nation du 31 décembre dernier, le film de la prestation de serment est disséqué, retourné dans tous les sens. Si on peine encore à dégager une idée-force, toutes les analyses se rejoignent sur un point : Ali Bongo n’est plus en possession de toutes ses capacités physiques. Se déplaçant en fauteuil roulant, il paraît affaibli. Malgré les comparaisons hasardeuses avec Franklin D. Roosevelt ou Abdelaziz Bouteflika, une question revient sans cesse : avec quelle efficacité un homme taraudé par la maladie peut-il se consacrer à la communauté nationale ? Au siècle dernier, le père du New deal apporta une réponse. Mais, les institutions américaines sont parmi les plus solides jamais mises en place. Depuis 2013, le président algérien s’y essaie. Mais, nul ne saurait dire si son pays s’en trouve renforcé.

Certes, les techniques de rééducation permettent d’espérer une amélioration des capacités physiques d’Ali Bongo. Mais l’aptitude à gérer ne se limite pas à ce seul aspect. Elle dépend également des facultés mentales et intellectuelles. Or, sur ces points, la cérémonie de mardi dernier n’a apporté aucune garantie. Si le président de la République a ouvert puis clos la séance, il n’a pas assuré la direction des opérations. Contrairement au cérémonial de mai 2018 (lire «Les 41 prêtent serment»), cette tâche a été confiée à la présidente de la Cour constitutionnelle. Plus éloquent, il n’y a pas eu de photo de famille. Comme s’il fallait absolument écourter les choses, seul le Premier ministre a prononcé l’intégralité du serment, le reste du gouvernement se contentant de déclamer : «Je le jure». Tout ceci a apporté de l’eau au moulin des sceptiques, ravivant la controverse.

Invitation à la réflexion

Se croyant retors, les dirigeants d’institutions ont multiplié les initiatives aventureuses. Faisant une lecture extensible des textes, ils ont cru pouvoir minimiser la caractéristique principale de notre système institutionnel : la suprématie du président de la République sur le pouvoir exécutif. Peu importent leurs explications, la nomination d’un nouveau gouvernement n’était nullement une urgence. On pouvait très bien attendre mars prochain et l’ouverture de la première session du Parlement. Après tout, l’article 28a de la Constitution dispose : « (…) Quarante-cinq jours (…) après sa nomination (…), le Premier ministre présente devant l’Assemblée nationale son programme de politique générale (…) suivi d’un vote de confiance». Officiellement nommé le 11 janvier courant, Julien Nkoghé Békalé ne sera-t-il pas contrarié par ce délai ? La Cour constitutionnelle aurait pu relever ce risque.  Elle aurait ainsi offert à Ali Bongo un temps de récupération supplémentaire, au lieu de le laisser apparaître sous un jour peu à son avantage.

A tort ou à raison, Ali Bongo est maintenant décrit comme une victime des arrangements politiciens. Il est désormais perçu comme l’otage de compatriotes avides de pouvoir, d’honneur et d’argent. Pour l’avenir, il faut tirer les leçons de cette situation. Et pour cause : dans les textes comme dans la pratique politique, le président de la République dispose de pouvoirs et privilèges énormes. Clef de voûte des institutions, il est le pivot de la vie publique. Rien ou presque ne peut se faire sans son aval. De ce point de vue, la cérémonie de mardi dernier est une invitation à la réflexion, sans tabou ni arrière-pensée. Elle doit inciter les institutions à taire définitivement le débat sur les réelles capacités d’Ali Bongo.  Pour ce faire, une seule solution : l’expertise médicale. Autrement, tout pourrait arriver, y compris le pire : l’irruption d’un autre Kelly Ondo Obiang («Déclaration militaire sur Radio Gabon»).

 
 

16 Commentaires

  1. Médium dit :

    VOICI LE MESSAGE D’ALI BONGO DEPUIS L’AU DELÀ :”Dites à ma famille de me laisser en paix. Je suis mort depuis le mois d’octobre. Ce que vous faites au peuple gabonais n’est pas bien. je demande pardon au peuple gabonais pour tout ce que j’ai fais de mal. Je demande pardon à Jean Ping de lui avoir volé sa victoire en 2016. Et Mba Obame en 2009. On sait déjà vu avec Mba Obame dans cet AU DELÀ… Je lui ai aussi demandé pardon. Il faut maintenant que ma famille libère le Gabon des Bongo, de la France et du Maroc. Mon père d’adoption, Omar Bongo, n’a toujours pas la paix dans l’Au delà pour tout le mal qu’il a fait aussi. Nous vous prions VRAIMENT de libérer le Gabon. Ainsi, nous aussi (Omar Bongo et moi) nous aurons la paix pour toujours…” (Message de l’au delà réceptionné par le médium Loïc.

    NB : J’ai ce don depuis mon enfance. Mais je n’en fais pas un commerce. Ali Bongo est bien mort, et il me demande de vous dire de le soulager de la souffrance qu’il traverse dans l’au delà, ceci en libérant le Gabon des Bongo, de la France et du Maroc…

    VOUS N’ETES PAS OBLIGES DE ME CROIRE. POURTANT C’EST VRAI.

  2. P BONGO dit :

    Je suis de la famille Bongo. Je fais ce POST pour dire à 3M et les autres de ma famille de cesser de mentir aux gabonais. Il faut cesser cela au plus vite. Ali Bongo est bien mort. Cessez de ridiculiser les gabonais. Je ne supporte plus ce mensonge.

    • Nkembo dit :

      P. Bongo, membre de quelle famille? Bongo? Israël était fils d’Abraham mais pas enfant légitime. Et c’est ce genre d’enfants, plein de haine qui se retourne contre la maison.

      • Fayo dit :

        Nkembo Ismaël et non Israël qui lui est Jacob, fils d’Isaac, et donc petit fils d’Abraham. Si au lieu de t’instruire toi-même tu rapportes le savoir des réunions des parents d’élèves, continue à te gaver de musungu en nous épargnant de ta pseudo-connaissance. Voilà quand un système de gouvernance est basée sur la corruption, il met la racaille au devant de la scène qui prennent le pays et ses dirigeants en otages en faisant disparaître les patriotes. Va lire maintenant la Bible pour mieux connaître l’histoire peut être que ça changera ton coeur corrompu.

      • Mboung dit :

        @Nkembo l’infatigable guerrière de la bongomaboulie Pas du tout,rassurez-vous pour la haine votre macchabée chéri tiendra encore bien la rampe toutes catégories et mm post-mortem.Qu’est-ce qu’il ne faut pas aller chercher pour défendre le saigneur ?? Mm 1 autre religion en renfort?? C est vrai que la bongomaboulie n’a aucune limite….

      • Il n’est pas mort, OK mais vous reconnaissez au moins qu’il a perdu pas mal de facultés lui permettant de gérer le pays… Tout ce qui se passe dans notre cher pays aujourd’hui, il n’en sais rien du tout. Vous ne lui rendez pas un bon service, vous ne l’aimez pas du tout, malgré le fait que vous soyez de la même famille. C’est méchant de votre part, tout le monde a connu Ali quand il se portait bien. Tout ça parce que vous voulez continuer a piller le pays, mais ça va vous rattraper, Dieu vous voit…

      • Okoss dit :

        Nkembo
        Si la maison est dans le faux il y a toutes les raisons de la désavouer.
        Et puis qui t à dit que le Gabon était une propriété des Bongo.
        Maintenant c est fini ,fini fini

      • Si Ali est encore bien vivant et capable de s’exprimer, qu’il demande pardon au peuple gabonais et s’il ne l’est plus, que sa famille le fasse. Les gabonais comprendront, arrêtez de mentir alors que visiblement, Ali ne peut plus diriger même sa propre famille parce qu’il est bien malade…

    • A l’image de Jacques Villeret , dans le film de Louis de Funès « la soupe au chou », c’est à bord d’une soucoupe volante qu’Ali Bongo a regagné le monde des ténèbres ,Mardi 15 Janvier, tard dans la nuit.
      Comme à son arrivée, seule Mbourantso était habiletée à pousser la chaise roulante jusqu’à l’embarquement ; le premier ministre et son équipe , mis à l’écart par le protocole, n’ont pu assister au décollage de la soucoupe

  3. AIRBORNE dit :

    Vraiment que Sylvia ramène le corps d”Ali et on l’enterre auprès de OBO et on passe à autre chose. Opiangha qui joue au sosie d’Ali gagne combien pour berner les gabonais?

  4. Ridicule ! Des vieux papas et des vieilles mamans s’adonner à ce pitre spectacle… C’est triste ! Vous humiliez le Gabon !

    • Je-passe dit :

      Au fait je ne comprends pas pourquoi certains jouent sur les mots comme “doute” et même sur les maux.Ce boa est grabataire et à terre qu’on trimbale de pays en pays comme un trophée pour l’exhiber et s’il était exhibé normalement,ça passait encore.J’ai visionné la dernière pitrerie du jour concernant la prestation ou allégeance de ces moins que rien entrain de jurer devant un momie.C’était tout simplement grotesque.Sur 20mn,le cadavre ou le sosie de ce boa est apparu à l’écran furtivement flou et séquentiellement qu’en 1 mn à peine.Ce fut un cirque très pathétique mais comme la honte qui est un sentiment humain n’habite plus les Gabonais,rien ne m’étonne car dans aucun pays même dans les pays de dictature comme la Corée du Nord,il n’est plus possible de voir une telle forfaiture.En tout cas je ne fais que passer puisque je ne suis pas Gabonais et heureusement

  5. Michel BOUKA RABENKOGO dit :

    ” LA DYNAMIQUE BWETE ”
    « ” LA RESTITUTION EST AMORCÉE ” »
    BWETE recommande de ne plus se laisser distraire par des gamins incultes égarés complètement perdus. Ses médiocres gamins sont déboussolés car leur plan a été mis à nu par l’insurrection militaire non organisée et non contrôlée du Lieutenant ONDO OBIANG et son groupe. Pris de cour, les minables gamins n’ont pas eu le temps et les moyens de tournée un nouvel épisode lugubre film d’Ali Bongo. Contrains et paniqués ils sont obligés d’agir comme tel. ALI BONGO EST MORT. C’EST FINI. FIN. TERMINER. BWETE. /
    *IBOGA EST DÉSORMAIS AUX COMMANDES*
    En réaction à : https://www.facebook.com/valdy.moro/posts/2574126379294410
    # LA RESTITUTION #
    “GABON D’ABORD”

  6. FRANÇOISE dit :

    Aux hommes politiques français, ne nous imposez plus jamais vos marionnettes à la tête de notre pays le Gabon SVP. Respectez, SVP, notre indépendance, les indépendances des états africains.Ces indépendances de façades ont trop durées. Que cela cesse maintenant SVP. Au roitelet du Maroc, qu’il sache que le Gabon n’est pas son pays. A TOTAL, restituez au peuple gabonais les 18% des recettes pétrolières que vous continuez à donner aux Bongo SVP. C’est l’argent du peuple et non des Bongo. Si les hommes politiques ont PEUR des secrets d’Etat détenus par la famille Bongo, nous on s’en fout éperdument. Ce sont vos problèmes avec la famille Bongo qu’on ne souhaite plus JAMAIS aux commandes du Bateau GABON. PLUS JAMAIS LA FAMILLE BONGO !

  7. Tout le monde sait que m. Ali Bongo est bien malade, pourquoi le cacher a son peuple? On n’achète pas la maladie…

  8. Laurent dit :

    Hollywood devrait venir chercher des acteurs au Gabon. Ils sont très doués dans le cinéma, la mascarade, le théâtre. Lol !

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